OSER

Ne pas fuir, oser même quand tout déraisonne autour.
Continuer. tracer la route, le sillon depuis longtemps envisagé, contre vents et marées.Contre les doutes renvoyés par l’entourage, ne pas se fourvoyer. Donc écrire, vivre, aimer . tout est lié.
Et un jour enfin, publier. Par pour la gloriole : pour respirer. Trouver des voix communes, des échos à sensations, à émotions. Des amplificateurs afin de partager,de célébrer la vie au lieu de la mépriser…Et de passer à côté.

J’écris jour et nuit. Nécessité intérieure. Intensité dont je ne peux plus me passer et qui m’aide à affronter les absurdités extérieures déposées par de curieux cétacés sur mon coeur…
J’ai renoncer à comprendre. Je fore intérieur, à la recherche de la source enfouie de la vie.

Marius

Un chien est mort ce matin.
Banalité extrême face aux désastres humains quotidiens…

Ouai, n’empêche..Pour une caresse sur son poil long, un frôlement de nez, un regard tourné, un échange indicible, chaud et profond…

Pas de disputes pas de heurts, pas de coups bas, avec cet animal là . Tout en câlins et réassurances douillettes au coin du feu de bois.

Filles pétrifiées (plus de « Manioc »-mais où avaient-elles été chercher ce surnom exotique pour un méridional pure souche !).Bouches muettes.Yeux rougis d’interrogations célestes..

Hier encore, colliers de bras et de baisers autour de son cou blanc et noir.

« Hier encore » mots dérisoires de toutes funérailles…
« Hier encore »: à quoi bon ?
C’est aujourd’hui qui compte et ce que nous en faisons.

Leçon du jour pour petites filles en fleurs.
Bien plus importante que bien des déclinaisons.
Apprenez la leçon de la vie mes Princesses, et croquez-la donc !

Froidure

Froidure.

Blessure parcourant les membres encore endormis, surpris d’une telle traîtrise au bord du lit.
Soleil pur qui inverse la tendance à l’engourdissement.A un retour vers l’enfance sous la couette, quand malades, tout nous était permis.

L’automne a des sourires dans ses feuilles qui dansent.

L’automne peut sourire, aussi.
De multiples manières.

L’été n’a pas seul ce privilège.
Et pour lui, c’est si facile d’enflammer…

L’automne a une douceur, une inquiétude, qui demande précaution, attention.

L’automne plaît aux romantiques qui en ont vu passer, des étés..

Froidure.
Ne gelons ni nos coeurs ni nos corps.

1903…

« Ecrire pour une femme c’est se décolleter ; seulement il est peut-être moins indécent de montrer ses épaules que son coeur. »

Louise Ackermann. 1903.

1903, cette date me laisse songeuse : les choses ont-elles tant changé ?
Je passe sur le titre du livre qui fait froid dans le dos (ou pas ?) : « Pensées d’une solitaire »… Ben voyons !…
La solitude comme tout horizon… Pourquoi toujours le même air, la même chanson ?

Ecrire (enfin « Ecrire »…vous me comprenez ! Pas du ronron pour minets, minettes.. ) terrifie parce que c’est s’approcher du Mystère de la vie. (« vie » mériterait une majuscule aussi..). Et qui s’en approche ? Et qui fuit ?

Ce soir, je vais écouter quelques pages de Rilke dans un cercle de poètes survivants…

Combien de présents ? Combien de chaises vides ? Combien de cheveux blancs ?
Indices précieux de l’air du temps …
A suivre…

Giraudeau, sa Dame, la vie..

Je viens d’achever « Cher Amour » de Giraudeau Bernard, livre dans lequel il s’adresse à une femme qu’il ne connaît pas, à l’Amour en fait, avec un grand A.

Puisque l’amour n’a pas de prénom.
Puisque l’Amour EST et que nous le traversons, par chance, par hasard, de trop rares fois dans une vie.
Il arrive de le traverser seul et d’en être foudroyé.
Le mieux, c’est sûr, c’est d’être accompagné .

Cet homme, qui a serré dans ses bras de part le monde, tant de corps, de toutes couleurs, toutes senteurs, ne rêve plus que d’une présence ondoyante, qui le suivrait toujours, qu’il suivrait toujours.
Il lui écrit des mots insensés, des « mots bleus », comme dirait l’autre, des mots qu’on ne lit que dans les livres, des mots « pas pour la réalité ».
Des mots comme : »Je ne veux pas que nous vieillissions sans être l’un à l’autre »
« La foi ma chère, où que nous nous tournions, il s’agit de foi. La foi en l’amour et en l’autre. J’ai foi en vous. »
ou encore : « Je vous ai reconnue, vous la parfaite, je veux dire parfaite inconnue.(..) J’ai beaucoup écrit, je n’avais pas votre adresse. Vous êtes dans ma vie depuis si longtemps. Je vous ai si longuement cherchée. Où étiez-vous ? »

Ayant posé ses valises, corps pantelant, harassé, terrassé par le mal, seul, il appelle : »Où êtes-vous, mon amour, en ces instants difficiles », pendant que « l’armure de verre » du soldat blessé se brise et que « le lit de la vie le reçoit nu »..

Plus tard, il se fait aveugle pour tout réapprendre, le monde et l’origine du monde, à neuf, par la bouche de la Dame de ses pensées..Et un seul frôlement d’épaule ou de hanche le fait basculer…

Il écrit des mots que j’aurais pu écrire : »le corps, fatigué (par) cette recherche impossible, un jour est tombé pour que je m’approfondisse. J’avais une vocation, celle de m’élever au-dessus( d’) une vie d’horloge. Et maintenant que le corps s’affaissait, il fallait envisager la vie autrement (…)vivre, simplement vivre. »

Il faut être bouleversé, cul par dessus tête, hâché menu, trituré, pour apprendre enfin à vivre ..
Le temps est toujours trop vite venu des regrets.

L’editeur et le soda

Coup de fil à un éditeur du sud de la France, un petit, un « gentil ».
Qu’écrivez-vous ?
Oh, on va dire de la prose poétique, c’est ce qui semble le plus approchant. Je joue avec les rythmes, les sons qui percutent parfois le sens, ça vient comme ça , sans pose, ça doit être une pulsation qui vient de loin…
J’essaie parler d’amour, d’enfance, de ce qui me semble important, donc de la mort aussi , parfois..pour peut-être mieux retrouver le goût de vivre, tout simplement..
Ah, ma pauvre, mais vous savez , cela ne se vend pas !
Faites du glauque, de la starlette, du politique qui déballe..Le reste, ça n’intéresse pas, les libraires ne lisent même pas ! Et les professeurs, ceux qui sont chargés de transmettre, à part deux, trois classiques…ils font profil bas..
(Je lui tairai le fait que j’ai fait partie de cette « secte »-là !, une pratiquante hors des lignes, autre débat)
Moi, au contraire, je crois que les gens sont avides de qualité, de profondeur, en ont marre des fausses valeurs qu’on leur sert à tout va…La place libre pour Coca Cola et tout le reste, ça ne les nourrit pas !
Bon , envoyez, envoyez tout de même, mais…
Vous ne me garantissez rien , je sais , je connais le refrain. Mais qui ne tente rien…Et puis c’est un beau combat !
(Et j’aime assez les batailles, ma foi !)

Coup de fil à un éditeur du sud de la France, un petit, un « gentil ».

Qu’écrivez-vous ?

Oh, on va dire de la prose poétique, c’est ce qui semble le plus approchant. Je joue avec les rythmes, les sons qui percutent parfois le sens, ça vient comme ça, sans pose, sans pause, ça doit être une pulsation qui vient de loin…

J’essaie parler d’amour, d’enfance, de ce qui me semble important, donc de la mort aussi, parfois.. pour peut-être mieux retrouver le goût de vivre, tout simplement..

Ah, ma pauvre, mais vous savez, cela ne se vend pas !

Faites du glauque, de la starlette, du politique qui déballe.. Le reste, ça n’intéresse pas, les libraires ne lisent même pas ! Et les professeurs, ceux qui sont chargés de transmettre, à part deux, trois classiques… ils font profil bas..

(Je lui tairai le fait que j’ai fait partie de cette « secte »-là !, une pratiquante hors des lignes, autre débat)

Moi, au contraire, je crois que les gens sont avides de qualité, de profondeur, en ont marre des fausses valeurs qu’on leur sert à tout va…La place libre pour Coca Cola et tout le reste, ça ne les nourrit pas !

Bon , envoyez, envoyez tout de même, mais…

Vous ne me garantissez rien , je sais , je connais le refrain. Mais qui ne tente rien…Et puis c’est un beau combat !

(Et j’aime assez les batailles, ma foi !)

Chercheuse d’or

Balades, brocantes etc… Histoire de narguer la grisaille…

Et puis écrire, écrire, écrire, histoire de chercher la source sacrée, celle qui se dérobe toujours, celle du sens, du mystère, de l’informulé.
De la simplicité, de l’évidence… Car cette quête n’a rien d’alambiqué malgré les apparences…

J’y passe des heures et des heures, narguant le sommeil, chercheuse d’or irradiée…

Et puis j’aime, parfois, aussi…

Et puis j’aime, parfois, aussi…

Mais alors là, je vous dis pas le merdier !

Vous voulez savoir un secret ?
L’amour n’est pas aimé.
Si, si, si..

Bien moins que l’or en barre, moins que les Monoprix.

Ca prend du temps , ça use , ça demande de plonger sans savoir nager…
Alors bon, faut pas trop en demander ! Y’a d’autres choses à faire dans la vie !

Ah oui ?