Leçon de ski

Oser dévorer la pente
S’y jeter.
Faire frissonner la neige,
Virer souplement,
Contourner les obstacles,
Slalomer gentiment,
Demeurer dans la joie
Du mouvement.
Même sur un pied,
Conserver l’équilibre,
Rester droit mais
Ne pas craindre de déraper.

Et quand bien même..
Tomber,
Se relever.
Repartir de plus belle.

Au bout de la course,
Ressentir une ivresse douce..
Et recommencer.

Ah, les maîtres-nageurs, les moniteurs..

Ah les maîtres-nageurs, les moniteurs,
Toutes ces belles plastiques
Dont on rêve à seize ans
Ceux qui font battre un petit coeur
Adolescent.
Mais…
 » Désolé, chérie,
Y’a du monde sur ma liste.. »
Quelques années, quelques rides,
Quelques gamelles plus tard,
On n’en rêve plus.
C’est l’instant où ils vous calculent.
Mais…
 » Désolée, chéri,
Y’a du monde sur ma liste.. »

S’entendre

S’entendre,
Cent tendres au mileu de la cacophonie
Sang tendre qui coule dans le bruit
De nos désirs contradictoires
En miroir.
Nos vies, passées au hachoir
Des interdits
S’écoulent.
Osent parfois déborder du moule
Qu’ont leur a bâti..
Alors s’entendre soi,
Tout d’abord.
Entendre
La petite voix de l’Infini
Qui perce
Sous toutes les nuits
Tous les infâmes,
Tous les drames,
Toutes les ruptures,
Toutes les alarmes,
Qui tissent une vie.
Alors cent tendres se liguent
Pour faire vibrer l’existence.
Et elle danse, je te le promets..

Chut, papillon !!

Chut !!

Attention au papillon

Qui sort de sa chrysalide

De son cocon

Prêt à prendre son envol

Après mure réflexion..

Chut !!

Préservez la beauté, la fragilité d’un léger,d’un ineffable..

Vous vous rappelez :

« Si un battement d’aile de papillon.. »

(ou la théorie du travail de fourmi)

Et si vous ne vous rappelez pas…

Terminez la fable…

A votre façon , tout en en conservant.. le thon !

Excusez-moi, je m’égare (du Nord),

Mes chers enfants, reprenons : 

Mais qui entend le cri du papillon,

(le soir au fond des bois) ?

Kashmir

La mode est au cachemire cet hiver, baby,

C’est très chic tendance,

Comme tout ce que tu apprécies.

Quand j’entends ce mot,

Il s’orthographie désormais

Différemment pour moi,

Led Zep and so on,

Bowie , Lou Reed and compagnie..

Nos années d’adolescence nous reviennent en pleine gueule,

En plus intenses, chéri.

Kashmir ou la désespérance de ce cri qui ne trouve pas d’issue

entre

L’extrême jouissance et la souffrance de n’être que soi.

Volutes lancinantes, rythmique obsédante,

Eraillement de voix.

La partance pour des mondes parallèles,

Qu’on ne trouve qu’en se perdant de vue.

Ce titre me procure une douce douleur,

Comme la perte infinie d’un être

Qui semblait trop fait pour soi.

La mode est au cachemire cet hiver, baby.

Trahison

C’est fou comme,

Quand l’autre nous « trahit »,

On se retrouve enfant hurlant abandonné, 

Pleure des heures comme un bébé.

Plus d’horizon,

Néant.

Bascule du temps vers Le Grand N’importe Quoi :

Tu quoque ?

Toi aussi, mon frère, mon sang,

Ma soeur, ma chair,

Tu peux faire « Cela » ,

Alors quid des autres, les étrangers ?

La solution facile :

Se durcir, ne plus croire personne,

« Se protéger »…

Se faner.

PASSION

PASSION,

Fusion

A l’unisson

Illusion

Si un seul fond pour deux

Si un seul crame son âme pour deux

Si un seul se fout en l’air pour la survie de l’Unique

Oublieux.

Qui ne se réveille que quand il tremble un peu

De froid 

Alors que depuis belle lurette le feu a fait ses valises.

Alors l’Unique crie qu’il n’a aimé que toi

Sur tous les toits..

Neige

Coin du feu,

Flambée.

Pas d’école

De courrier.

Sente blanche

Abandonnée

Temps suspendu

En pointillé..

« Rien que nous deux »

Réminiscence

Contes de fées..

Tout bascule

Pour un flocon

D’ivresse ouatée.

Les « urgences »

Les RDV navrants

Ce sera pour demain,

Ou pour l’année prochaine !

Aujourd’hui, c’est l’heure des boules de neige

Du chocolat fumant

De la danse des mots

Et des regards..

De la vie de lézards

Qui Noëllisent

A volonté,

Sans souci du

Calendrier.

Cicatrices

Toujours aimé les balafres

Les peaux pas lisses

Pas lissées

Qui racontent une histoire

Rien à voir

Avec les body-buidés

Glacés

Glas cessez !

La mort se profile, ricanante, derrière toutes les photos shopées

Froide et inaccessible Beauté..

Je préfère dessiner sur tes lignes fractales

Fracturées.

Laisse-moi te raconter ton histoire,

Beauté.

Mens

« Dis-moi que tu m’aimes vraiment,

Même si ce n’est pas vrai… mens,

Juste un soir

Juste un moment,

Ce ne sont que des mots… mens. » 

Sous le vent, souvent,

Tout le temps,

On attend

L’improbable aveu

De la bouche de celui qui vous déchire le coeur et les heures,

On attend sans attendre tout en attendant..

On se ment sur le détache-ment..

Et puis nan.

Décidé-mens

Il y a des pics de douleur

Des jours d’apaise-ment..

Le silence se faisant,

Les heures se déroulant,

Lente-ment

On finit par ne plus y croire..

On finit par faire la foire

On finit par devenir

Celle qui se ment.

L’ennemi dans la glace

« L’ennemi dans la glace,

Dont le regard me glace,

Sourit mais moi j’le connais bien

Il m’laissera pas en paix

Dehors je croise des étrangers

Des ombres qui marchent dans le noir,

Ce n’est pas d’eux que vient le danger

Mais je reconnais chaque soir

Mon pire ennemi dans ce miroir.. »

Oui, Alain, combien, dis,

Se fracassent le corps et le coeur dans la glace des reflets contraires ?

Combien fuient le Mystère ?

Combien de fuites et de noyades ?

Combien de dégâts collatéraux

Chez les alter ego

Qu’altèrent le go et ses stratégies ?

Combien de trajectoires en dents de scie

Qui refusent d’épouser les courbes de la vie ?

Ce matin, un lapin

Un matin, un lapin ouaté renifle la montagne..Un peu sèche pour le déjeuner.

L’assaisonner de bruine, de romarin, la huiler de fantaisie.

Un lapin farceur façon chasseur,

Surgi de quel chapeau, de quel prestidigitateur, dis ?

Allez dis, toi qui crois tout savoir !

Allez colle-toi z’y au hasard, aux péripéties h2O et tutti quanti !

Lapin cotonneux, ourson renifleur et curieux,

Etre improbablissime, impalpable, comme tu me ravis !

Aller loin..

Aller loin, pour voir quoi ? 

On a tout en virtuel , sur grand écran plasma, sans palu, sans fièvre jaune, sans anaconda, sans sortir de chez soi..

Ouai et la rencontre, mec, t’en fais quoi ?

Celle qui te pétrit le coeur, l’âme et le corps tout à la fois, celle qui fait que jamais plus tu ne seras le même qu' »avant », elle se fait pas le cul coincé sur ton sofa, faut mouiller un peu ta chemise, oser l’immersion sans mille tergiversations.

Oui, je sais, t’as plus l’habitude, t’es un peu rouillé, laisse-toi aller, ça reviendra..

Me dis pas que t’es si déshumanisé que ça !

Les 40 degrés à l’ombre, l’humidité étouffante, violente, de la plus grande forêt du monde, l’éblouissement inattendu d’un vol de morphos moirés, de raies manta,  te parlent de toi bien plus fort que tu ne l’imagines…

Te retrouver chez toi à l’autre bout du monde, te fondre dans des sourires comme jamais plus ici, t’évanouir devant la beauté d’un lagon, d’une courbe de hanche, d’un regard sans détour, d’une simplicité que tu n’espèrais plus jamais retrouver.

Retrouver oui, parce que « quelque part », tu la connais depuis toujours…Elle ne faisait que sommeiller en toi durant toutes ces années chloroformées.

Ramener un peu de la richesse outremer, ses rires, dans ta pauvreté métropolitaine encombrée d’inutilités, tristes à mourir d’ennui formaté.

Partir oui, mais revenir parce qu’ici est ta terre, »tes universités », mais parfois, mais souvent, le regretter.

 Regretter qu’elle soit devenue si grégaire, sous ses allures de liberté.

Turbulences annoncées

Source, cascade, origine, creux,chemin, fente, roc,dur, minéral, caressé par jaillissement d’étoiles, gouttes, poussières d’eau suspendues..

Flux, rythmes, transparences, turbulences, se résorbent en un repos..

Pour mieux reprendre, se reprendre et rejaillir..et recréer un monde insoupçonné..

Eternité à notre portée.

Ouvrir les yeux du coeur grands

Ecarquillés.

Turbulences annoncées, attendues, espérées,

Ô décoller du siège de la pesanteur !

J’ai des tentations de

J’ai des tentations de chasseur d’ivoire, d’aller voir au loin pour ne plus y voir ici..

J’ai des tentations de valises, qui me démangent à intervalles réguliers

Quand j’ai le sentiment qu’ici les autres  dorment éveillés.

J’ai des envies de vols pour ailleurs..

De vol , déjà, pour voler…

Voler pour ne plus jamais atterrir, ou alors pas souvent , juste le plein de kérozène et a’tchao Bonsoir !

Ou alors pas partout..

Vers les pays du sourire vrai, lumineux.

Vers les pays simples et profonds.

Envie de voir de vrais fauves et pas d’imitations.

Mais c’est un temps-à-scier du bois, pas à être tentée par dé-s’illusions..

Camille, ne rêve pas…

Ou alors, pas trop fort..

Peux pas, peux pas..

Trop dur sans ça..

Palais Royal,Manureva etc..

« A ta place, j’abandonnerai la pose, le masque,

Une minute, tu sais le temps passe,

Dis-moi que tu m’aimes.

Sur la place, c’est pas tout à fait Montréal,

Mais y’a dla neige au Palais Royal

Dis-moi que si même, tu hésites encore,

Regarde le décor…..

Je sens , je sais que c’est le moment où jamais,

L’heure tant rêvée..

Avant toi, mon coeur battait au ralenti,

A faire semblant, à faire comme si ,

Pour y croire quand-même,

Le soir descend et nos regards s’ éclairent

L’hiver très tôt allume ses

 lumières

Et les jardins décor involontaire,

(Et nos sourires, échange involontaire),

D’un amour qui commence à

Se faire… »

Chapeau l’artiste !

Avec tes allures de dandy décalé, tu distilles des textes et des mélodies d’un raffinement extrême..

Et même ta gueule actuelle, ravinée par les ans est aimable, respectable au milieu de tous ces clodos (et clodettes !) rafistolés et bariolés , ne sachant plus que faire pour faire remarquer leur néant inné!

Toi que je n’aimais pas trop du temps du clône de Cloclo, Manureva  et Gainsbourg t’ont sauvé du naufrage du disco..sans jamais te faire sombrer dans la vulgarité, tout en restant populaire.

Comble de l’élégance, que tout ton être irradie.

Salut Alain, tes titres tournent en boucle et illuminent ces jours d’hiver de leur douce mélancolie ..

Camille

Camille,  pourquoi « Camille » ?

Pour « Elle », dont j’ai déjà parlé.

Pour son art, et plus encore, sa quête, son histoire.

Sa persévérance. Son intensité.

Pour Sakuntala, dont je ne me remets pas,

Tout comme les amants de Klimt,

Rêves d’Amour arrêté, valsant enlacés,

Sans avant , sans après,

Suspendus dans l’air..

De l’Eternité.

Tout comme ses amoureux réduits à la pierre par un maléfice jaloux, dans un vieux film en noir et blanc dont le titre très connu, m’échappe…

Pour «  »la petite châtelaine »

Pour sa fin aussi, qui me fait pleurer de rage..

Pour Rodin, sa passion écartelée,destructrice, moteur de sa quête aussi.

Pour Depardieu, Rodin dans le film, géant fracassé, excessif, dévorant, dévorateur, vécu mille vies, un deuil de fils, trois pontages, converti sans doute à l’invisible depuis..

Pour quelques vers de son frère..

Pour Adjani dans le rôle titre,

Sublime possédée,

Pour cette actrice sensuelle, éclairée de l’intérieur,

Lumineuse et belle à crever dans l’Eté meurtrier,

Toujours au bord des gouffres, de la naïveté, de la caricature..

De la pureté jaillissant en cascade de ses yeux clairs, troublés.. 

Camille, pour la fiancée de Guy l’Eclair le musculeux héros peroxydé du journal de Mickey…avec le capitaine Zarkov, racé, glacé.

Camille, parce que.. quille,Vanille… et chocolat !

(Salut Boby !)

Ah si…

Ah si j’étais Lady Gaga ou un chat qui écarte les pattes, je serai visionnée par des milliers de gens… Oui , et après ? 

Est-ce le but  de regarder le vide ?

Une ex pauvre fillle relookée à gros traits en femme fatale pour ados attardés ou un malheureux réflexe pavlovien samplé ?    

Que veux-tu Camille, qu’agites-tu comme Elle, la possédée de Beauté, de courbes, poursuivant « quelque chose » qui se défile toujours sous ses mains ?

Pétrir la glaise , l’argile des mots, s’en déchirer les ongles, échevelée, cherchant la nuit, le jour, le Secret.

Elle parler d’Elle , d’Adjani, de Séraphine, de posssédées gentilles, parties au bout de ce que beaucoup fuient..

Creuser la glaise de nos passions sans s’y ensevelir..

Frôler l’abîme, cueillir des perles imprévues et fuir l’attrait du vide.

Fuir, partir..

Mais partager.

Envie de partager des trésors, est-ce une tare ?

Partager ce que je crois savoir, pour les avoir éprouvés et soufferts,  quelques désirs, peurs,questions,émotions, aspirations, qui sont universels..sans faire fuir ceux qui se noient dans le conforme…..

Pour oublier qu’ils sont issus du même vide..

Incomblé.

Incomblés par tous les Pères Noëls de pacotille, que leur tend la société de consommation pour les faire patienter…

Avant que de mourir..

S’engager

S’engager. pour beaucoup cela sonne comme « sang gagé », comme une dévoration, une captation de soi plus qu’un accroissement, voire un épanouissement de l’être « total »..

Je renifle toujours beaucoup de frilosité là-dedans, un certain malaise dissimulé sous des allures de Liberté, une volonté de ne pas « souffrir »qui équivaut à ne pas vivre au maximum de ses possibles sa (courte)vie.

On barbotte , on surnage, sans plonger jamais. On batifole dans l’eau tiède qui a des odeurs d’égouts saumâtres les jours de dégoût grisâtres..

Ne connaître ni joies, ni peines profondes, but ultime de la fourmi, est-ce le but d’une vie humaine ?

Toujours envie d’interroger ces gens « tranquilles »au seuil de la mort.. et de leur demander : si c’était à recommencer ?

Romantiques

Aux pragmatiques, je préfère,

Sans espoir de retour jamais,

Les romantiques, qui dilapident leur coeur à tous vents.

Qui hurlent face à l’Océan immense leur douleur de vivre,

Echo inversé d’un désir de vivre ardent et dévorant.

Ces inadaptés du CAC 40 rugissant,

Qui vibrent sans adjuvants,

Animés pour toujours d’un vibrato interne

Issu du Big Bang originel…

Ou plus avant encore..

Par delà la poudre des apparences

Où se noient les superficiels,

Chers amis,

Cheveux au vent,

Libres et déliés, 

Dansons, sur la cendre des préjugés mortels,

Sans nuances ni diapasons..

Oh sans nuances , surtout !

Loin des eaux  troubles et glacées de la demi mesure

Où batifolent les tièdes rancis avant l’heure,

Dansons

Sur le mol tapis de fleurs

Fanées

Des incompétents du sentiment,

Valsons sous la lune

Tels des enfants ivres

Du seul désir de vivre

Pleinement.

Pragmatique

« Pragmatique », pourquoi cet adjectif résonne à mes oreilles comme un gros mot ?

Pragmatique.

Pathétique porc-épic

Et alors ? 

On se croit plus fort dans le factuel, le matériel, le circonscrit, le limité.

On croit avoir tout compris de la vie.

On croit n’avoir rien à payer en souffrance.

On croit pouvoir s’en sortir sans frais au final..

On ironise sur les sentimentaux, ceux « qui se prennent la tête » (?) pour un soupir, un sanglot.. Les idiots, les fous !

Ouai, au final, que vaut-il mieux, vivre en s’épargnant ou en claquant tout ?

Les pragmatiques, poissons froids aux ventres mous de mers baltiques, pas sûre d’aimer vos tics ,vos masques de platiques à deux sous…

AVIDITE

Avidité,

Accumuler les présents, les corps, les voitures de sport, quitte à en crever.

Etre à vide, c’est assez prisé.

S’en lasser un temps, se poser, avoir une vague idée d’autre chose.. puis recommencer.

Les bonnes vieillles habitudes y’a que ça de vrai !

Mais être incomblé parce que tendu vers un « Ailleurs » imperceptible,

Aimer totalement, farouchement,

Par-delà le plaisir des corps, ensemble chercher le secret des âmes,

Dâme, comme c’est suranné !

Trop de « souffrance » flairée !

Mot d’ordre du temps présent : ne pas souffrir ! Se préserver .

Principe de précaution à tous les coins de rue.

Quelle pitié ! quelle tiédeur ! quel ennui !

Se croire en vie quand on l’est à demi…

Alors pour ceux qu’une avidité autre étreint,

Errer de corps en corps, à cause de cette violence qui réclâme son dû et qu’aucun spasme n’éteint.

En quête de ce mystère que peu contiennent…que peu comprennent :

Une certaine idée de L’Absolu.

Juste une volute arachnéenne,

Si peu de poses..

La vie à nu.