ETAT DE GRACE

« Pas d’excitation, pas d’envie de bouger, de chanter, d’aller se jeter dans les bras des autres. Non, c’est juste la perception d’une harmonie entre le monde et nous.
Qui vient à la fois du dedans et du dehors, qui concerne le corps et l’esprit.
Comme dans ce passage étrange de Fernando Pessoa, dans son Livre de l’intranquillité : « Un calme profond, aussi doux qu’une chose inutile, descend jusqu’au tréfonds de mon être. »
Envie de s’arrêter et de savourer. Certitude calme et silencieuse. Abolition des frontières entre nous et le monde : plus de limites, que des liens. Liens de douceur. Plus envie de rien, plus peur de rien. Plus de besoin, tout est là, déjà là. C’est comme le passage d’une grâce. »

C’est l’irruption d’une mouche qui provoque tout ça chez Christophe André…
Moi, ce serait surtout l’état d’après l’Amour…
A chacun son truc..

Écrire (…), c’est comme de glisser des messages dans une série de bouteilles qu’on jette à la mer (…), sans avoir la moindre idée du lieu où les vagues les porteront ni même savoir s’il y aura quelqu’un pour regarder dedans.

David Lodge

Ce qui me gêne dans le zen…

Ce qui me gêne voire me hérisse dans la philo zen est expliqué dans cet article avec des mots plus intellos, mais c’est pareil..

La fin du combat « positif » (de la libido, donc), le renoncement, le rêgne du consensus mou, du rentable, de l’utile, du remplaçable, jusqu’aux individus…

Bah..

Extrait d’un article du Monde sur Chantal Delsol

La mort de l’Occident chrétien n’ouvrira pas sur un chaos généralisé, mais sur un retour des vieilles « sagesses ».

Cette redécouverte des préceptes du bien-vivre de l’Antiquité ou de la Chine constitue pour Chantal Delsol une terrible régression.

A la recherche d’une vérité absolue dans la foi chrétienne se substitueraient, au temps de l’individualisme et du matérialisme, les recettes des sages stoïciens, épicuriens, confucéens ou bouddhistes pour vivre sans troubles.

En philosophe de l’histoire, Chantal Delsol retrace cette évolution à trois phases : d’abord, l’avènement bienfaiteur de la chrétienté médiévale structurée par ses vérités dogmatiques, ensuite une sécularisation néfaste, enfin, la désillusion contemporaine, « post-moderne » et relativiste.

Selon l’auteure, « l’âge contemporain est le fruit d’un long processus d’instrumentalisation de la vérité au profit de l’utile » : l’évolution des doctrines morales et politiques en témoignerait, depuis Machiavel jusqu’au libéralisme politique de John Rawls.

Certes, les Lumières n’auraient pas d’emblée évacué l’idée de vérité, mais (…) elles auraient préparé le terrain à un « fanatisme » rationaliste – avec ses conséquences, de la Terreur au communisme – débouchant sur le renoncement à la raison.

(…)
Relèverait aussi de cette logique la « fin du temps fléché » : à l’idée de progrès, préparée par le christianisme, succéderait une sorte de présentisme qu’entretiendrait le catastrophisme écologique.

De même, en abandonnant avec Dieu tout « critère absolu ou supérieur du Bien et du Mal », les sociétés occidentales renonceraient à la confrontation des opinions pour une culture molle du « consensus ».

Serge Audier, maître de conférences à l’université Paris-IV -Sorbonne

Bref, le Paradis vu commme « Tf1, un tube de lait concentré Nestlé dans la bouche et un doigt dans le c..  » aurait dit un maître non zen de ma connaissance..

L’amour est dans le pré

« L’amour est dans le pré » s’est installé dans mon village
« L’amour est dans le pré », ça fait causer..

A-t’il choisi la plus gentille ou la plus jolie ?
Laquelle est partie, laquelle est restée ?
Chut ! Top secret !

Laquelle est la plus habile aux pâturages
Laquelle est la moins intéressée ?
Difficile de décider !

« L’amour est dans le pré » s’est installé dans mon village
Et ça fait jaser

Marie K.

J’ai enregistré une émission sur Radio Fréquence Paris Plurielle (diffusion en septembre) avec Marie..

Elle avait l’air préoccupée, avant
Et puis après, aussi.
Elle pense qu’elle a sa salade à vendre
Et puis qu’elle va partir..
Mais quand tu parles, elle te regarde avec ses yeux très tendres.
Miroir inversé de ses souvenirs..

Elle pourrait t’en vouloir parce qu’elle,
La mère,
Elle l’a perdue un peu trop tôt.
Beaucoup trop tôt.

Parce qu’elle aurait bien aimé être étouffée, elle,
Rien qu’un peu.

Elle est Suisse,
Forcément, ça me touche.
Elle joue du piano.
Elle écrit et elle chante.
Elle chante même très bien.

Elle écrit pour chanter, je crois bien.
Ca m’a l’air d’être une femme de paroles et de coeur
Et ça c’est mieux que bien..

Mr Hulot à M.

Auchan, quartier nord de M, Ville Royale, hier soir…
Achat de bananes domicaines
(les Martiniquaises sont absentes..)
On prend pas de sac en plastique « tout fin tout fin » :
C’est moche sur les parkings, les plages
Ca se reproduit à une vitesse folle
Ca étouffe les poissons, les dauphins
Ca se crève pour un rien
On les jette sitôt arrivé à la maison..

L’employé ne l’entend pas de cette oreille :
J’tiens à mon boulot, moi ! Vous savez, ils nous disent: « Donnez un sac , systématiquement,
Si vous le faites pas, vous êtes virés ! »
J’ai pas envie, les places sont chères, vous comprenez…

On « comprend ».
On prend le sac.
Coincés.
On paye.
Derrière nous, des surgelés en pyramide défilent en rangs serrés…
Vague sensation de s’être faits…
.. »Emballer »

Revenir aux fondamentaux

J’ai le quatorze juillet qui me travaille peut-être, mais il est bon parfois de se replonger dans ses classiques,
Quand les discours lénifiants nous promettent le bonheur pour tous à 20h30 sur M6,
Quand des salaires obèses ou « avantages » délirants offensent l’entendement,
Quand « on » pressure tout ce qui bouge, pour « son » plus grand profit…

Les exemples tombent en pluie lors des discusions d’été entre cadres, paysans, ouvriers, néo auto-entrepreneurs, retraités, artistes…

« La morale capitaliste, piteuse parodie de la morale chrétienne, frappe d’anathème la chair du travailleur ; elle prend pour idéal de réduire le producteur au plus petit minimum de besoins, de supprimer ses joies et ses passions et de le condamner au rôle de machine délivrant du travail sans trève ni merci. »

Paul Lafargue (Le droit à la paresse)

Moi, y’a pas
Entre deux zazen et un temestat
J’ai le poing qui reste pas en bas..

Trop de Trust et de Lavilliers
Trop de Gicquel qui ont pleuré
Sur mon enfance.
Pas dû écouter assez de Mozart
Et de musique de chambre..

Traversée par trop d’histoires rouges
Pour que rien ne bouge
Jamais.