Eveil dans le blockhaus…

Les figures imposées, je m’y fais pas. Les salons bidons, les intervious de trois secondes, ça va plou. On m’avait dit dans une autre vie, tu es là pour éveiller les gens, voilà pourquoi aussi j’ai été enseignante. Quand j’ai vu que j’y déchiquetais ma vie, je me suis enfuie.

J’écris, mais pas pour ensuite faire le cafard de bazar, pas pour ramper comme une limace sur un sol pourri. Si l’heure est à la distraction avant la fin du monde, qu’y faire ?

Autant fermer sa gueule, voir Venise et mourir.

La tentation de Venise

A nouveau en moi cette envie puissante de dire merde à tout, cette voix naissante qui me dit de mettre les bouts, de ne plus céder aux sirènes délétères, de vivre en brûlant tout. De ne plus rire avec les poux.

http://www.wat.tv/video/julien-dore-figures-imposees-10siy_2frhb_.html

Figures imposées, je m’y fais pas.

Chrysalide, extrait.

« De cette période, ne lui reviennent que des bribes, morceaux de puzzle éparpillés, lâchés au fil des jours le long du long couloir morne, sur le carrelage atone de sa cellule de détention, briques nues. Petit poucet devenue. Plus du tout prêt pour la bataille, perdu.

De cette période ne lui reviennent que ces petits cailloux illusoires d’heures vécues par une autre qu’elle, son double anguleux, souffreteux. Ce funambule ayant perdu l’équilibre, toujours entre deux mondes, entre deux ombres. Marionnette sombre, celle qui sait faire la bête, afin de laisser l’ange dormir tranquille, au fond de sa tête.

De cette période, elle n’a rien gardé. Tout déchiré, tout brûlé. Cartes, photos, cahiers, dans un grand feu de joie, en plein bois. Quand elle avait cru, plus tard, que parce que l’on est amoureuse, le malheur ne palpite plus en soi.  »

Chrysalide, Camille Arman 2012

Un joli thème pour ce livre :

Poètes…

« Nous ne savons plus qui sont les poètes et (…) leur tâche nous est devenue étrangère. Pourtant, eux seuls sont à l’écoute sans aucun a priori. Eux seuls nous permettent de respirer dans un monde, chaque jour plus douloureusement restreint au calcul, dans lequel les êtres et les choses sont considérés comme réels en fonction de leur seule rentabilité. »

F. Midal

Renverser la tendance

Ce matin, j’ai lu sur FB une lettre ouverte au Directeur du Point envoyée par Jacques-Emmanuel Astor,un intermittent du spectacle (justement) en colère…qui dit en gros que si on n’aide pas la culture, elle ne va pas s’aider elle-même !ça partage, ça copine, ça opine : okayyy !!

Au moins, il est payé, même mal, mais payé…Le ciné va mal, sans Canal, sans les régions, les télés, ça se barre en c… chez Disney !

Que dire de la photo ?

On s’extasie sur Cartier-Bresson ou Doisneau à l’occasion, mais des daguerréotypes meurent de ne pas être protégés..Pierre Bergé parti, CNRS aussi…Plus de sous…Plus que deux personnes à la SFP (Société Française de Photographie) pour s’en occuper…

L’Etat ? Il est dans l’état dans lequel « ils » l’ont mis…avec nos deniers…et notre lâcheté.

Que dire du livre ?

Sans soutien, t’es marron !

Alors tu hurles, telle une louve solitaire, ou tu fais potiche dans des salons.

Oui, 600€ pour un IPHONE, c’est rien,pour certains, les mêmes qui parfois te diront que 20 € pour un bouquin (dont 5 te reviendront, si tu te débrouilles bien !) qui t’a sucé la moelle, pris dix ou vingt années à accoucher, c’est cher payé !

Lalanne dit : »Gratuit, oui, vive la gratuité, y’aura toujours des gens qui m’aiment qui me feront croûter ! »
Et il reprend sa tournée avec les yéyés…Qui doit être pas mal payée…Il a raison. Je me fais pas trop de souci pour lui, même si c’est moins facile, il est du bon côté.

Alors, oui aux Mécènes, aux « despotes éclairés  » et dieu sait si ce mot me fait trembler. Oui à ceux qui aiment décoller, sinon nous allons tous finir comme les petites barbies blondes, bien éthérées du cervelet…totalement prêtes pour la vacuité.(J’oublie pas leurs néants musclés mais ai oublié le matricule : Jim , Jack, Fred ? )

« Suicidez-vous, le peuple est mort » qu’y disait mon Murat préféré (il a mis du temps à s’en remettre …d’ailleurs s’en est-il…? )

On aime bien les poètes pauvres, fous et morts (les trois, c’est plus vendeur, yeah !). Quand ils sont morts, ils font plus…

Camille, qu’a oublié de prendre son cachet zen préféré.