SIX ANS DEJA…

Six ans déjà. Il y a des années qui passent mieux que d’autres, celle-ci ne passe pas. Pas besoin de jouer les bons Apôtres, il est des amours qu’on ne retrouve pas.

Pas un jour sans me baigner dans cet océan inaltérable. Pas un jour sans avoir un peu froid. Je dissèque, je comprends, au fil du temps, au fil des gens, qu’on ne retrouve jamais ça. Cette terre natale qui vous a jeté bas. On retrouve des rêves que l’on se fait pour subsister avant que de sauter dans l’Au-delà.

J’ai toujours aimé nager, ma Mère, nager pour me dissoudre, ne plus sentir le poids de cette carcasse que j’amène à l’abattoir chaque matin. Cet abattoir qu’ils nomment la Vie ici mais qui n’est que son simili. Il paraît qu’il faut se battre toujours, se sortir de l’amour pour revendiquer ses droits. Piétiner son voisin pour se sentir bien. Doubler à gauche pour se croire plus fin. Niquer les autres pour ne pas se faire… soi… Ah…

M’en fous de leur cirque. Je dors dans un lit que réchauffe à peine ma peine… Pourvu que tu n’aies eu pas trop fois la dernière fois, le dernier matin, pourvu que l’eau du bain… C’est drôle, depuis ton envol, les bébés à peine sortis de l’œuf me parlent de toi. Je n’étais pas du genre bavette baveuse, mais leur confiance, leur confiance… traverse les écrans de mes réticences de femme post-beauvoirienne.

Leur abandon sur épaule, sans questions, sans regard dans le miroir pour voir la scène en 3D. Leur manque de tisons pour vous fourailler le cœur, en remuer les douleurs et s’en faire un bouillon… Ton manque d’arrogance, de suffisance, ce non-besoin de jouer ce que tu n’étais pas, je les retrouve en ces tous frais humains. Leur regard plein qui s’ouvre et donne. Eclaire et ne prend pas.

Je te vois partout où règne l’innocence.
Je te vois dans les chats, les oiseaux, les traces de sang sur la neige, ma petite Blanche Neige à moi.

Je te vois.

images blanche neige

Ecoutez les espaces…..

« Il y a des morceaux de musique (…) qui sont magnifiques, qui ont en eux beaucoup d’espaces… Et habituellement, les gens n’écoutent que les sons. La prochaine fois que vous écoutez un morceau de piano de ce genre, soyez conscients des espaces, non pas seulement des sons, et comprenez que le pouvoir se trouve dans les espaces, parce que le pouvoir est la conscience(…). Quand le son meurt, ce qui reste est simplement la conscience. »

E. Tolle

Voilà, il faut en appeler au Maître…

Puisque ce que je tente de faire (installer des espaces de réflexion dans un chro-radio, dans mes vidéos, mon phrasé) est vu comme une « erreur »… Quand j’enseignais, comme Mme Moisie, je laissais souvent croître des espaces…

…Et les élèves comprenaient, se sentaient « rappelés ». Mais ils grandissent et leur temps doit être « occupé », « saturé » (!) tout le temps… Comme celui de leurs parents stressés, qui n’ont plus le temps de rien se dire, de lire, de… à compléter !

Donc plus d’espace, plus de maturation, de points de suspension. De la saturation à donf d’information….

Jusqu’à en vomir…

Mais les oies ne semblent pas encore assez gavées…

Qui, qui, qui, qui ?

Y m’aide pas Eckhart, y parle si lentement… Il est si plein.

Pour mes chros-radios, « on » me dit : « Sois fluide, l’auditeur s’ennuie si tu fais des pauses… »

Un : je m’ennuie jamais quand d’autres font des pauses, j’intègre le message (c’est sûr, encore faut-il qu’il y en ait un !).

Deuxio : Il m’arrive de parler vite et « on » me dit : « Arrête : pas tant de passion, tu parles trop vite, on te comprend pas ! »

Bon, en déduire : entre l’italienne hystérique et la tortue guyanaise (toutes deux très efficaces dans leurs milieux respectifs!), y’a un moyen terme?

En déduire : On ne me comprend jamais.
En déduire : CQFD !
En déduire : ça vaut mieux, peut-être !
En déduire : Qui comprend quoi à qui n’est pas lui? Qui, qui, qui, qui est cet illuminé qui SAIT?

Qu’il lève le doigt, assez rigolé à se planquer toute la vie !

Et si j’aime pas les moyens termes ? Et si j’aime pas les marais ?
Et si j’aime pas ce qui se fait pour que tout marche « comme il faut » ?
C’est quoi « comme il faut » ?
Ne me suis-je pas toujours fichue du « comme il faut », du « Ce qu’il faut faire pour arriver à, pour plaire à qui de droit? ».

Je veux plaire à « qui de travers ».
Je me fiche d’ »arriver à ». Je ne suis jamais partie.

Bande son idéale, ne pas regarder le clip, ECOUTER l’artiste !!!!

Tombe, tombe neige…

Tout blanc dehors. Sortir quand même. Voitures rangées sages sur la place, en attente de routes salées…

Neige. Marcheurs. Quatre kilomètres pour chercher le pain au village. Comme une sorte d’allégresse : C’est pas si compliqué !

Chemin des vergers. Le silence danse à pas feutrés. Traces de ski bien parallèles. Le Jura dans la Brie. Penser à ressortir les vieux Fisher du grenier.

Traversée du hameau d’en bas, calme plat. Un faisan décolle sous nos pas. Couple en raquettes. On se salue. Comme sur les sentiers de randonnée. La neige redessine les priorités.

Plateau. Cartouche bleue au bord du fossé.Traces à côté. Taches rouges mêlées aux pas lourds, testostéronés.

Voile de tristesse sur la beauté.

Ce titre pour accompagner… A écouter plus qu’à regarder, arrêter à 4’20…

Mandrin, Murat etc…

La version de Béart a bercé mon enfance, « goupiller la bourse d’un curé » devait me plaire !

http://www.ina.fr/divertissement/chansons/video/I10334731/guy-beart-la-complainte-de-mandrin.fr.html

Je découvre celle de Montand grâce à Murat, qui la place dans les dix premières chansons françaises….