Petit rappel pour FPP !

Bon, suite à des demandes empressées, je confirme que la radio où j’interviens, c’est pas RTL et que je ne bosse pas à TF1.

Pour ceux-ce qui ont le melon, c’est pas du tout un bon rapport qualité prix. Le Nobel leur tend les mains !

C’est petit, humble, c’est audible dans la périphérie de Paris et même jusque dans la Brie.

Après, c’est internet qui prend le relais.

Ils répondent pas au téléphone, ils sont en train de bosser. Et en plus, ils ont mauvais caractère…

Comme une que je connais bien !

Un invité

Début d’un texte d’un invité qui passait par là…

« Un canasson

Au cœur de la nuit lourde, un orage gronde, le calme est revenu, les enfants ne pleurent plus. Les ombres rougeoyantes caressent les façades des maisons, j’en vois des luxueuses, au moins trois, autour de moi. J’en aperçois d’autres au loin, au fond de pâles ruelles, dont certaines menacent de s’écrouler. Des toits à demi enfoncés, par quelques mauvaises tempêtes, sans doute, doivent laisser passer la pluie. Ceux qui vivent là pourraient les réparer…

Qu’est-ce que je fais là ?

On me fait une mauvaise blague, tout va s’arranger. Je ne connais pas encore les mœurs par ici, mais après tout, ce ne sont que des humains. On verra demain…

En attendant, comment ont-ils pu tous m’abandonner de cette manière, après avoir festoyé une partie de la nuit à mes côtés ? Ils ont chanté, -enfin si on peut appeler ça chanter-, mangé, dansé, les filles ont ri, certaines presque nues, celles que des hommes ont serré parfois d’un peu plus près. J’ai aperçu des ombres furtives s’éloignant brusquement dans quelques recoins, fuyant les regards envieux. (…) »

Garou

Avis à la population

Si vous connaissez un/ auteur(e) susceptible de pouvoir se déplacer sur Paris pour enregistrer une émission radio avec moi fin mai, début juin ((30 min à l’antenne) et ne craignant pas de « causer dans le poste », faites-m’en part !

J’aurai bien évidemment besoin d’un exemplaire-presse pour préparer l’émission. Nouvelles bienvenues. Roman hors des sentiers battus, etc ….

Je serai ravie de découvrir un univers….

Me contacter par com ou sur camille.arman@gmail.com

Merci !

Replay

« REPLAY, STOP, EJECT !

J’aime cette rock-star, des pieds aux cheveux, mais elle bouffe toutes mes nuits. J’en peux plus de la voir déchiqueter ma vie. Je hante tous les bars où elle brûle sa vie. Je déchire les affiches lisses sur les portes des abattoirs où elle se produit. Je colle mes lèvres sur ses lèvres de papier quand je m’ennuie. Je voulais trop la sentir, je voulais trop la serrer. J’ai pas pu résister… »

Début de ma nouvelle « policière »…

Si vous aimez, allez lire la suite sur :

http://www.welovewords.com/contests/requiem-pour-un-tueur-quand-la-musique-mene-au-crime

Si vous aimez décidément toujours, votez, ça peut pas lui faire de mal !

Au niveau culturel, c’est idem !
On nous prémâche des trucs sans âme en série !
Moi je dis stop !

Pour les autres, bon appétit !

Si vous êtes (encore) là, c’est que vous avez des couilles, des ovaires et un cerveau, accessoirement un truc qui ressemble à une âme, alors regardez jusqu’au bout ! Nom de d’là ! Mais c’est que ça aurait le don de me mettre hors de moi (ce qui est rare !)

http://player.vimeo.com/video/57126054#at=0

Avis à la population !

Relais Mitch Hooper :

« OFFRE SPECIALE

Pour gagner une place à tarif réduit et une place gratuite pour ONLY CONNECT à 21h30 mercredi 10 avril, répondez à la question suivante: quelle équipe de football joue contre Barcelone mercredi soir?

Si vous ne savez pas ou vous vous en foutez éperdument, vous avez gagné!

Il suffit de réserver à cie.corpsetame@gmail.com en précisant que vous avez droit à une invitation et une place à 13€ grâce à l’offre facebook… »

Allez, on se réveille !

Y’a des beaux gosses, de belles nanas, des textes à relire au minimum deux fois tellement c’est riche (J’ai pas dit chiant, j’ai dit riche comme les pâtes, comme…etc ! Souvent on associe les deux, à notre époque de zapping hurlant )….

Ah Médée, si tu savais….

MEDEE de Corneille, Cartoucherie de Vincennes.

Dés le début, on ne voit qu’elle et on ne verra qu’elle jusqu’à la fin. Médée, superbe Gaële Boghossian, déchirée, cruelle, souffrante, se cognant à ses propres murs. En vain.

Car quoi, les autres personnages ne sont que des figurants, des reflets de son destin. Des guides qui la trainent, la tirent ou la repoussent. Des obstacles et des assassins.

De quoi est-il question ? D’une femme qui aime, se voit repoussée et décide de se venger. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle femme : c’est une magicienne, une fée. Elle pourrait être une bonne fée, rendue telle par la grâce de l’amour mais cet amour lui est refusé.

L’homme, Jason, est plus intéressé par sa carrière, que par le cœur foisonnant de lave en fusion de cette forte femme. Ce choix stratégique l’amenant à délaisser sa compagne, Médée qui aura tout fait pour lui jusqu’à tuer ceux qui entravaient sa route, pour conclure un mariage avec la fille de Créon, Créuse, ce qui lui garantira le trône à la mort du patriarche.

Bien joué avec une autre… mal joué avec Médée !

Car cette dernière est une Femme accomplie, femme mère, femme pleine, à l’inverse de la nouvelle élue, plus rassurante et manipulable en femme enfant. Elle assume la puissance de sa féminité (c’est d’ailleurs peut-être cela qui le terrorise, Jason…) et ne s’avoue jamais vaincue même sous les rires et les quolibets …
Ah, ces quolibets et ces rires en voix off, qui fusent en échos grandissants et féroces de la part des bien-pensants : Egée, Pollux, Créon, Créuse et le traître Jason, accueillant ses dires de femme outragée (belle effet de mise en scène)…

Ces rires cruels et obscènes nous font définitivement basculer de son côté…

Quelle qu’en soit l’issue, et on la sait, on la devine terrible, elle reste toujours ferme et digne, dans sa ligne, loin de ceux qui tournoient et louvoient afin de toujours retomber sur leurs pieds, à l’image d’un Jason lâche et infidèle, toujours prêt à se parjurer et à tuer…Un politique-né !

Médée l’amoureuse jusqu’au bout, jusqu’à la déchirure n’est que le miroir inversé d’un monde parjure, sans foi ni loi, qui doit cesser de vivre. C’est la victime que l’on voudrait immoler quand elle clame bien haut les motivations de ses juges et tout ce qui les dérange. C’est sans compter les pouvoirs de la fée. Sa magie noire va opérer.

En fait, Médée, c’est une histoire très actuelle, sur fond de magouilles politiciennes, tacticiennes, c’est l’histoire d’une séparation qui a mal tourné. Au delà des siècles, elle nous parle de nos douleurs d’homme et de femme face à l’irréversible, à la perte de l’amour, à ce qui ne peut se cicatriser à l’amiable, comme on tente parfois de nous le faire croire de nos jours… Du prix payé par les enfants. Réel ou symbolique.

Côté mise en scène :

Le metteur en scène, Paulo Correia, a la trentaine. Il a été baigné dans une culture télé et cinéma (Seigneur des anneaux, Ghost of the throne) et cela se voit.

Personnellement, hormis la lettre manuscrite de Corneille qui situe l’état d’esprit de l’auteur en début de spectacle, je suis peu sensible à la vidéo fantaisy intégrée qui m’a plus handicapée qu’aidée. L’air était parfois un peu saturé, mais le jeune public semble apprécier…

Hommage à la danse des robes :

J’aimerais adresser une mention spéciale à styliste barcelonaise, Bibian Blue, qui a conçu la robe de Médée. Elle est fantastique. C’est la robe de conte de fées d’une Reine Noire (la plus belle, la plus attirante). La méchante Reine ou sorcière de tous les contes.

Celle du spectacle est ample, bouffante, à l’image de l’orgueil blessé, double et réversible, à l’image de cette femme dont on sent, à de trop rares instants, la tendresse et l’amour affleurer… pour être aussitôt piétinés par le cruel et insensible Jason !

Cette même robe ira empoisonner Créuse, sa rivale, Médée revêtira alors la sienne à la dernière scène…
Belle métaphore d’une métamorphose, d’une nécessaire chrysalide, symbole matériel de la résolution de la tension qui draine toute la pièce et s’apaise enfin sur une quasi renaissance : dépouillée des oripeaux de sa haine, Médée retrouve une forme de virginité…

Mais les fées ne cessent-elles jamais de se renouveler ?

Camille Arman Avril 2013

L’Assemblée dépoussiérée…Chro-rêve…

L’ASSEMBLEE DES FEMMES, d’après Aristophane. La Cartoucherie, salle Copi.

On arrive dans une arène bondée. On marche un peu sur les graviers, on monte vite les gradins, on se dégote un coussin et le silence se fait.

Une Jeanne d’Arc s’avance encasquée : « Bin dis donc, Aristophane est bien dépoussiéré ! ». Ce n’est que le début de cascades de surprises et de rires enchevêtrés pour cette pièce où les femmes décident de prendre le pouvoir à l’aide de travestissements nôtoires.

La mise en scène est très libre, par choix délibéré de dépoussiérage les dernières traductions datant de 1966, Mylène Bonnet a choisi de recourir à une auteure engagée dans la cause des femmes, May Bouhada qui a totalement réactualisé la pièce jusque dans les accessoires (poussettes de bébés, bidets..) jusque dans l’allusion aux femen, à la monnaie unique, à un nain menant un pays vers l’abîme.

L’irruption d’un duo–duel entre une rappeuse pêchue très convaincante et une amoureuse populaire, fleur bleue sur le retour, les deux se disputant les faveurs d’un homme et s’affrontant à coup de chansons d’amour est du meilleur effet.

Car la pièce nous démontre que les femmes libérées sont capables d’autant de grossièreté, d’appétits et de jalousie que les hommes…

Les acteurs ont une vitalité farouche et communicative. Tous. Ils chantent, dansent escaladent des tribunes et se travestissent dans une joyeuse sarabande. Mention spéciale à Gisèle (Chantal Trichet), la fausse vieille et Simone/Machinchos (Patrick Paroux).

Plusieurs scènes frisent le scabreux tout en réussissant à ne pas être vulgaires. La scène du démoulage est surréaliste.

C’est la vie de l’humain toute crue qui est mise à nue. Avec ses peurs du manque, (qu’on lui prenne tous ses biens) cette avidité du recevoir comme un bébé, depuis les statues qui tendent les bras dans l’espoir d’une aumône… jusqu’à l’adulte enténébré par ses biens.

Une mise à nue qui s’exerce au propre comme au figuré.

Ce qui nous donne l’occasion d’une des seules scènes intimes, intimistes, particulièrement sobre et réussie (à noter la magie des éclairages) entre une femme et son mari. Elle commence comme une scène de ménage classique où se déchainent deux monologues, se poursuit par un dialogue passionné qui n’empêche pas la tendresse d’affleurer peu à peu pour se clore sur un superbe hommage de l’homme au féminin, devant lequel il reste définitivement coi.

Théâtre de la Tempête jusqu’au 21 Avril. Ma au Sa 20h30, Di 16h30
Chronique en live sur FPP le Ve 19 Avril à 15h

Camille Arman. Avril 2013