Valises

« Alors, la voyageuse, c’est pour quand ce grand départ ? »

Mes valises crissent et me trahissent dans l’armoire… c’est pourtant pas faute de les éviter du regard…
Je leur donne plus jamais à boire ni à manger, mais elles ont le cuir épais de guerrières en mal d’Odyssées.

L’amie au bout du fil ne sait pas qu’elle installe le désert au milieu de mes champs de supplices génétiquement modifiés…. »

Valises in welovewords

J’enregistre la suite de la nouvelle sur FPP le 6 Juin prochain.

Le même jour émission avec Aloïs et les Crobes de Mélanie ! ça va déménager !

Les Microbes de Dieu de Mélanie Talcott
Ed l’ombre du regard.

ANTI-CANNES

Anti Cannes anti paillettes anti starlettes, lèvres entrouvertes et poses lascives. Mais bon sang qu’on leur amène un lit à ces pauvrettes, elles sont prêtes à défaillir devant le moindre Nikon, Canon, Falcon, Clinton, du moment qu’on les harponne en mondovision!

Bon, loin de la Croisette, une pauvrette et un gros lourd.

Un gros lourd qu’on déteste parce qu’il a plus de fric que nous et qu’il se tire ailleurs comme on le ferait si on avait son carnet d’adresse et son parcours !

Une pauvrette ou une princesse, c’est tout comme. C’est une petite pomme. D’amour. Ce sont des yeux, des yeux pas bleus et la vie autour.

Quand un gros lourd rencontre une petite pomme d’amour, c’est tout velours… Camus et Gary veillent autour.

Avec, en arrière fond, une vieille gitane défoncée qui danse sur Mariano (tiens ça me rappelle quelqu’un…) et une réplique merveilleusement acide, réversibilité de ses rêves insensés : « Tu veux savoir qui c’est ton père ? Ton père c’est Luis Mariano ! »

Un film de Becker à visionner de toute urgence avant que nous n’ayons plus de conscience….Yeah !

Rétro

suite et sans doute fin…d’un texte à venir…

« Je suis assise au bar le Rétro. Rouge fluo. Je reviens du marché. Halles aérées. Montagnes de salades, d’avocats et d’urus. Senteurs de mangues sur les mains, effluves de monoï partout. Je ne sais pas ce qui m’a amenée là, à cette heure, je devrais déjà être sur la route de Taravao.

Ah si, maintenant que vous me le dîtes : la vision d’un homme entre deux-âges, sur la terrasse, rêvant devant un rhum-coco. Cela m’a semblé un heureux présage car je patauge dans une histoire qui traîne vraiment trop. J’avais besoin d’une halte simple, délicate. Sans vibrato. J’avais besoin de reprendre souffle et espoir, juste avant d’affronter le torero. »

NU

Journée du Nu légal (brrrr…..) ou du porno ? sur FB….

Préfère pas commenter.

Préfère laisser parler cette nudité que personne n’écoute, cette « chose » si accessible que personne n’y prête attention….Manque de coeur ?

Le coeur et l’attention , c’est pareil…

Bon, laissons parler ce sale mec, ce macho, ce dégueulasse qui insulte les gentils amis des tvs, ce mec infréquentable, ce réac , ce bouseux, ce malpoli, cet…

ange perdu…

espèce déjà disparue…

« Pour moi la grande intrigue c’est le plaisir des femmes. J’ai l’impression que la fonction à peu près utile de l’homme, ou d’un mec comme moi, c’est de donner du plaisir à une femme, tout en restant totalement étranger à ce plaisir là.
Il me semble retrouver tout le mystère du monde, tout le mystère de nos vies, de la création. Tu es au coeur d’une femme et tu es au coeur du monde. Tu frôles la mort et le chagrin, malgré tout, tu es dans la joie et le plaisir émerveillé et intrigué. Rien de culturel la-dedans. Ça reste strictement animal, mais tu atteints le plus grand moment de spiritualité. »

JLM via le blog de Didier Lebras.

rien de culturel là-dedans… Strictement animal, mais..plus haut degré de spiritualité…..yeah !

Et si je puis me permettre : au chiotte les techniques, les 45 degrés celsius, les discours, les docteurs es prothèses, les playmates, au chiotte ! Coeur coeur coeur !!! Merde !

RETRO, extrait (suite)

« Il laisse glisser ses doigts le long du verre étroit. Il est frais. Il le boit avant même d’y avoir posé les lèvres, c’est sa fièvre du samedi soir à lui. Celle qu’il avait démarrée, juste avant minuit. Il les regarde aller venir entre un cocktail des îles et un vieux soda. C’est presque comme à Paris, ce défilé d’hommes et de femmes en émoi. Les sourires et les rires en plus. Des couleurs et des sons vivent sur ces corps qui vibrent encore des palpitations d’autrefois. Et ce rien de nonchalance qui les porte loin des éphémères.

Combien te connaissent ici ? Ton public, tu le fuis pour venir se ressourcer à Papeete. Ton corps est lourd. Plus lourd que le banian du Bengale de la place centrale. Plus lourd qu’une cathédrale érigée en l’honneur de ta folie. La course à la reconnaissance se paie d’un énorme prix. Pêche au gros et plongée dans les coraux étaient dans tes projets. Plus de promos. Un soudain rejet de tout ce qui sonne faux, pas vrai ? »

Dans le Rétro

« Il avait dû s’assoir là, lui aussi. Sur cette chaise rouge, dans ce bar rouge, au stylisme rococo un peu daté. Le kitsch, il avait su l’adopter pour amuser son public. Loin des ouvrages mélancoliques qu’il préférait. Il n’était plus à ça près. L’air de la ville ouverte désembuait sa vie. Il avait dû laisser traîner un regard coulé derrière ses lunettes noires, sur les rivages de sa folie.

Le port non loin déchargeait ses touristes et ses containers bariolés par paquets de dix. L’Amérique n’était plus si loin. Il l’avait maintenant à portée de mains. C’était « Le chemin de Papa » à l’envers. Le pas de côté qu’il n’avait su faire au temps des Champs Elysées. »

Camille, nouvelle…
A suivre….

« Barbe à papa » suite…

La suite de mes aventures de cheval !

« Oui, enfin ça, c’est dans mes rêves, quand je décolle un peu en fin de journée, parce que pour tout vous dire, je suis plutôt du style service minimum. Surtout si on me contredit.
Oh, ça chauffe fort dans ma cervelle, mais pourquoi je tourne en rond, avec des confrères en carton, maquillés comme des playmates ? Je me souviens pas bien, ah oui… Attendez un peu que je vous raconte, c’est bientôt la pause de minuit.

Je suis né dans un trou sordide. Un trou de suie et de sang, mais m’en suis relevé à la force des poignets. Patiemment, j’ai eu mon brevet de pur-sang. Il faut que je vous dise une chose qui me défrise un peu, mais soyons honnête, c’est le moment aujourd’hui : j’ai un frère très sympathique qui a réussi dans les cercles hippiques. Après une enfance tumultueuse, il m’a fait rentrer dans un club côté. Ca m’a plu un temps. Mais je sentais bien que j’étais pas là où je devais être… En même temps, quoi faire ? « Pense à ton avenir, pense à ton avenir » me répétait ma mère, suivi régulièrement par : « Regarde ton frère, regarde ton frère ! ». Je n’ai su que lui répondre « J’sais pas quoi faire, j’sais pas quoi faire », juste avant qu’elle parte pour la boucherie. Ca m’a laissé un gout amer au fond de la gorge, pour le restant de ma vie.…

Mon frère, c’est un habile politique, oui, il sait faire. Il ne fréquente que « les gens biens ». Il est toujours coiffé et sapé comme un pingouin. Pas comme moi qui aime la boue, les forêts ou galoper à perte de vue et fuis les baratins. Plus contraires que nous deux, je vois pas bien !

Il fait du sport tous les samedis matins. Il va courir avec des copains « pour entretenir sa forme », comme il dit. Et le dimanche, c’est « polo », avec une bande d’humains. Il a voulu m’entrainer avec lui. Je prenais du bide d’après lui. J’ai eu le malheur de lui dire : Si j’ai bien compris, ton hobby, c’est un truc d’équipe et moi, les sports d’équipe, c’est non merci ! Il me répond que je suis un abruti, que je n’ai rien compris à la vie. Je lui lance : je veux surtout pas la comprendre, ta vie ! Il est devenu furibond. J’ai tourné les talons. »

(…)

Camille Arman.

La suite ici bientôt ou direct sur : http://www.welovewords.com/documents/barbe-a-papa

Mireille et les auteurs…

« L’Amant de Mireille Sorgue est de la lumière mise sur papier.

Long poème fragmenté, mêlant prose et poésie. Amour de l’homme, mais plus encore amour de la vie, amour d’être au monde et de s’y laisser dissoudre, transports en soi et hors de soi mêlés :

« Il lui semblait qu’elle rejoignait son coeur même, son coeur qui n’était pas en elle, mais autour d’elle, son coeur qui l’enveloppait par tous les gestes qu’elle faisait. »

via le Blog Mireille Sorgue autres regards de Brigitte Buis-Jadeau.

Lisez-la.

Lire les auteurs disparus, c’est leur faire signe d’où nous sommes….

Mais n’attendez pas que les auteurs meurent pour les aimer.

Ils ont besoin de sentir votre amour pour créer…

Ce ne sont pas des saints, ils ne s’autorégénèrent pas tout le temps.

A un moment ils se taisent, à bout de fatigue et de silence…

Etat des lieux

J’ai trouvée mon invitée sur FPP, une sacrée bonne femme pas formatée !

Bon, c’est pas le tout mais ces êtres-là sont imprévisibles, souvent.

Donc, je suis à la fois heureuse et fébrile parce que la vie à l’état brut ne se laisse pas si facilement contraindre dans des cadres, si laxes soient-ils…

En même temps, c’est chouette et je n’aime que ça !

Bon, si vous y avez compris quelque chose à cet état d’esprit kaléidoscopique, tant mieux pour vous !!

Parce que moi…

PS : Profitez du soleil, parce que celui-là aussi n’en fait qu’à sa tête !

Essai….

« Je suis la face noire de l’autre, l’ample, le souple, l’élégant en costard qui trotte à Longchamp parmi les belles dames en robes étroites et chapeaux blancs. Je n’ai pas de mors entre les dents.
Je veux vivre libre mais ce n’est pas évident. Je veux courir dans les forêts, reluquer dans les fourrés si les chevreuils sont bien habillés, rasés de près, prêts à froufrouter avec leurs jolis postérieurs en forme de cœurs…
Je veux savoir si les sangliers interlopes sont toujours misanthropes et bousculer leur souille vraiment trop crasse –ah, vraiment, je suis pas bégueule, mais comment peuvent-ils vivre là-dedans ?- juste pour le fun, juste pour un instant.
Je veux saluer les lièvres en smoking et les petits lapins, surpris en bas résille, au bord du chemin de retour de boites ou de broutilles futiles avec des copains.
 »

Voici un essai de nouvelle….que ceux qui aiment lèvent le doigt !

Merci et bon mercredi !

Camille