‘Palais de Glace’ au théâtre de l’Atalante

palais de glace

Pauline Barboux et Jeanne Ragu , danseuses sur quadrisses

 

PALAIS DE GLACE de Tarjei Vesaas

Au théâtre de l’Atalante jusqu’au lundi 7 avril 2014

Avec France Darry, Daniela Labbé Cabrera

palais de glace 2

 

Mise en scène de Stéphanie Loïc

Ne surtout pas se poser de questions. S’enfoncer sur son siège. Se laisser aller. Se laisser envouter par le rythme des corps, les gestes, les sons.

Lumière réfractée. Miroir d’une âme sœur. Dilution des personnalités. Casser la glace des cœurs. Plus de rationalité. Gémellité. Histoire d’amour, d’amitié. Quand les frontières entre les mots n’existent plus. Deux petites filles perdues se retrouvent loin du monde des grands. Qui gâche tout, qui parle tout le temps, qui interroge, roge…

L’écho des mots, l’éclat de l’autre. Comme une photo qui ne jaunit jamais. Sermon secret qui préserve la part de Mystère d’un Palais.

Ne jamais dire, ne pas trahir. Tout nous renvoie à nos premières neiges. Nos élans d’enfants non compromisés.

J’en suis ressortie tête en bas, bluffée par l’accord des corps de Jeanne et Pauline, la pureté qui se dégage de leur duo. Les heures d’entrainement à la corde, transparentes à nos yeux, révèlent tout leur art minutieux, si respectueux de l’autre. Attention leçon ! Leçon versée pour nous, doucement dans le noir : l’autre est un trésor.

Je n’oublie pas l’intensité de la voix de Daniela et la sobriété du jeu de France.

Courez-y ! Ce spectacle est d’une élégance rare, à préserver par temps gris.

 

Camille Arman

Eloge de la différence

Bonjour !

 

Et si on considérait autrement celui qui est différent?

Juste un pas de côté.

Aborder ce qui nous est étranger, retrouver le sourire et le propager…

 

 

 

Prenez soin…

 

Camille

Comment marquer contre son camp…

Pas de télé. Alors quand un peu de temps se libère, je regarde en différé « On n’est pas couché » ou approchant

C’était Angot, préjugé favorable, même si la dame apparaît fort peu affable, elle parle de la littérature émotion comme j’aime … »sans passer par le cerveau », mais bon sang, qu’est-ce que ça donne au final ? De grands mots lâchés par une magicienne en chef lors de son oral télévisuel qui meurent en futiles fumigènes sur le papier…

Bluffée par le ton d’autorité de miss Angot. Pour qui se prend cette écrivaine ?

Comment peut-on autant dégouter de la littérature (si c’est la sienne c’est pas un drame, le pire c’est quelle entraine tous les auteurs avec elle !) Comment peut-on être aussi hargneuse et si vaine, aussi creuse et si pleine de sa supériorité de  chose habitée par …Par quoi en vérité ?

Si encore elle nous sortait du Mallarmé mais si pour aligner mille phrases plates la demoiselle se prend pour Ponce Pilate, là vraiment on n’est pas couché. En affirmant sa sueur et son travail, en prenant à témoin Bonnaire de la dureté de son calvaire, on est estomaqué : quoi tout ça, toute cette émotivité déballée pour aboutir à ce vide sidéral ? Cette accumulation de clichés ?

Polony et Caron ont été bien bons, quoique muselés par Ruquier qui n’en voyait que par elle sous prétexte qu’elle introduit un chien apeuré  au milieu de St Germain des Prés !

Merde, il y a mieux à faire avec la Littérature ! Il y a des choses à respecter et des sièges éjectables qu’on ferait bien de réviser. Certains mécanismes salutaires semblent s’être grippés dans la zone éditoriale!

Allez hop, parfois il faut savoir prendre un peu d’air et de recul. On n’est jamais assis que sur son cul, la dame semble l’avoir oublié. A  dénoncer  le totalitarisme du lecteur on en devient ridicule…. Aux champs, les Précieuses ! Cueillir des renoncules pourrait remettre à l’heure quelques pendules !

Sur ce, y’a toujours Tolstoï et Singer, plus quelques autres, pour meubler vos heures de vacuité…

Prenez soin de vous !

 

Camille

Chloroforme on the road

Le doute, la route,

L’élégance d’une ombre qui passe.

Contre tous les chemtrails du quotidien

Une ballade l’air de rien…

« De peur que le bonheur

ct’empoisonneur

comme du chloroforme, ne nous endorme

lorsque sur ta route

surgira le doute

ce sera moi…. »

Dissocier la pression

Avant, je croyais que c’était Axel qui chantait ça….

J’aurais préféré !

J’aimais bien parce que ça parlait d’un livre de Morand

Mais pas uniquement.

Ca parlait aussi d’une femme pressée parfois…

Et c’était super à fond la caisse dans les bouchons !

Dissocier l’oeuvre de l’homme est ici plus que nécessaire…

Prenez soin de

Je marche…

Bonjour,  bon dimanche à tous !

 

Que de jolis spectacles à découvrir en ce moment !

De l’humour, du sens, du partage….

Allez-y, c’est le prix d’un bon livre, donc  c’est pas cher ! ça draine en douceur de trucs oubliés…

 

CHRONIQUE « JE MARCHE DANS LA NUIT PAR UN CHEMIN MAUVAIS » d’Ahmed Madani.

Un adolescent agile, un grand-père claudicant. Un café goutte contre une canette de soda. La « brousse », Argentan, (lieu de naissance d’un philosophe hédoniste…)  contre la grande ville.

Tout semble les opposer. Tout les oppose. Gestes, vocabulaire, références, aliments. Tout va se difracter. Pas dans la douceur. Dans la violence. Des corps d’abord. Un corps qui déborde d’énergie, d’un trop plein de vie qui ne sait où se poser, quel objet étreindre ou fracasser, cigarette à peine allumée, jetée. Corps souple qui se faufile, suit l’impulsion qui le domine.

De l’autre côté, un corps usé. Trop de pertes, de regrets. Noyés sous un voile d’oubli naissant. Besoin de sérénité. Et cet ouragan de jeunesse en rupture de ban qui arrive, vient tout bouleverser. Déstabilise…

Occasion impromptue de revisiter une vie qui se défile, discrètement. Occasion de dénouer ce qui lie aux images d’un passé obsédant.

Une vie a besoin d’une autre vie pour se goûter pleinement. Un miroir non complaisant pour se voir autrement. Goûter à d’autres paysages, d’autres éclairages (à noter les jeux de lumières excellents !)… Les deux personnages se font ce cadeau, le temps d’une halte hors du temps.

Gus, l’ado, s’essaie à la douceur, à pas de loup. Il y découvre l’apaisement.

Débroussaillage des ronces qui verrouillent les cœurs. Possibilité de floraison.

Parce qu’il y a rencontre derrière les apparences, les déchirures de chacun, une alchimie se crée. Lentement. Par le partage muet d’un verre, d’un regard suspendu. Tout ce qui fracasse les éclats de colère permet à la parole d’éclore et de remplir son rôle premier : faire les êtres se relier.

Au terme de la pièce, tout est parfait. L’adolescent a grandi, le grand père a fait son tour de cadran.

On ne peut que féliciter les acteurs pour leur présence intense, la tendresse et l’humour dont ils habillent Pierre et Gus. Les prennent dans leurs bras et les font vivre.

Espoir et Réconciliation. Que du bon !

 

Camille Arman.

 

Petit rappel :

« Je marche dans la nuit par un chemin mauvais » . Ahmed Madani

Théâtre de la Tempête. La Cartoucherie

Du 14 mars au 13 Avril 2014

Mardi au samedi à 20h30, dimanche 16h30