« L’homme aux loups » ou nos peurs sous cape

L’HOMME AUX LOUPS

D’après le conte d’Anne Jonas

 

l'homme aux loup affiche

 

Devant la porte colorée, des enfants arrivent, accompagnés de leurs parents, grands-parents.

Comme un sentiment de retour en terrain connu et derrière la tête, devant leur impatience secrète, cette sérénade interrompue « Vont-ils aimer, vont-ils aimer ? »

 

Pour nous faire patienter, un thé, un café puis on s’installe sur des bancs, parents, enfants, grands-parents, coussins multicolores pour nos fessiers… Quelle chance, quelle redécouverte que de voir leurs yeux s’allumer sitôt le pied posé dans la salle. La magie s’installe… pour ne plus s’arrêter !

l'homme aux loup trone

Un trône, un violoncelle, un écran et nous voilà partis ! A partir de maintenant, plus que des enfants…

 

Un doux roi, une douce reine, l’amour, la vie partagée, ô gué ô gué… et puis, l’apparition. La mort menace… Alors le bien, le mal, soudain tout se confond. Tempête dans le tréfonds des cœurs, déchirure de l’âme d’un seul qui se répercute sur tout un royaume, tout va de guingois. La peur a imposé sa loi. Un roi fou de douleur, les loups sont ses serviteurs. Seule une vieille femme veille à préserver la foi.

l'homme aux loup violoncelle

Spectacle de pure prouesse et ravissement. Sur un texte de satin, la cape du Roi Irawen s’étend, yeux de loups égarés, métaphore de tous les aveuglements. Un regard juste inversé sur l’autre et hop, le déferlement !

 

Ce qui est superbe avec ce spectacle c’est qu’il peut être reçu par le cœur et l’intellect. Par l’enfant en nous et le « grand », qui veut quelque chose de solide à se mettre sous la dent ! (c’est que les loups, c’est un peu nous aussi, parfois, nan ? )

 

Les enfants, nombreux ce jour, sont rentrés à fond dans l’imaginaire du conte, très fort parfois… Lors de la magnifique scène de Boromée, ma préférée si simple et si chargée à la fois, une métaphore visuelle de toute beauté, j’ai surpris un enfant à mimer l’ombre enchanteresse, quasi déesse…

 

Saluons la belle présence en scène de Xavier Clion, aussi crédible en doux Roi qu’en persécuteur, la performance de Béatrice Vincent, comédienne aux multiples visages et multiples voix, et meneuse d’ombres, un théâtre entier à elle seule ! Sans oublier. Elisabeth Ulric au violoncelle qui ponctue élégamment du son et de la voix ce conte ciselé fort à propos pour nos temps d’effroi….

 

Moralité : ils ont aimé, ils ont aimé !

 

Ils ont été conviés à voir l’envers du décor, à voir que le méchant n’est pas tout à fait méchant et même pas du tout, qu’il a expliqué tout son personnage à l’enfant troublé…

Merci pour cet accueil, ces sourires, cette disponibilité d’après le spectacle aussi !

 

Alors sortons de nos terriers, courrons au Centre Mandapa (Rue Wurtz, dans le 13ème à Paris) affronter nos peurs, toujours quelque poussière d’or en restera !

 

 

Camille Arman

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Fuyez Grey!

Fuyez les fadottes nuances de Grey

Mollassonnes à souhait

Faites-moi plaisir,

Détachez ces menottes idiotes et autres jouets tristounets

 

Et allez voir Whiplash avec Sugar Baby  enfin libéré(e),

Hautes vibrations assurées!

 

Trois oscars!! Oh que c’est mérité! Presque pas assez!

 

A thriller my dear, a thriller un vrai ! Jouissif en diable!

 

JK Simmons fabuleux,  je lui aurais volontiers donné une statue pour le premier rôle de Dominator Premier et une autre à Miles Teller pour le second. Il est d’un chou! Pas mou du genou et passionné…

Que demander de mieux ?

Vindiou!

 

Portez vous au top du top !

 

Camille

 

(cf aussi ma chronique du 31 décembre 2014 avec Ariane Labed, l’Alice de Fidelio,l’oubliée des Césars….)

 

Plein de joie!

Plein de joie de larmes et de rires

Plein de vie amassée

Coquillages sur la plage

Courbée de froid

 

Plein de chaleur au coeur

D’anciens enfants délaissés

Qui ne savent plus que donner

Donner, donner…….

 

 

Vive le vent, l’air étoilé d’amour

Qui ces jours m’ont nourrie !

 

Camille

 

 

Cent mille nuances de Fées !

Être dans la peau de l’invité(e) de Jean-Claude Caillette sur Radio Fréquence Paris Plurielles. Se promener au fil des livres sortis depuis 1993, donner quelques informations sur certains textes des Fées…

Arriver à comprendre le travail de compression d’une écriture nourrie de Nerval, de Baudelaire, Stendhal, à travers la vision d’un lecteur, d’une lectrice. Demeurer fascinée par la multiplicité des perspectives. Retourner faire quelques pas sous les tropiques…

A ouïr sans nuances…ou bien avec plus de cinquante, franchement!

 

 

A bientôt !

 

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Tristesse Animal Noir

 

 

tristesse animal noir affiche

 

Une forêt. Quoi de plus sympa qu’une forêt pour aller se ressourcer entre potes un jour d’été ?

Y passer la nuit, même, tiens ! Retenter l’expérience. Renouer avec des brins d’enfance éparpillés, qui sait ?

 

Ils sont prêts à tout dans ce minibus orange, ils ont tout prévu : coca, saucisses, vin. Barbecue. Ils ont tout prévu. Tout. Trop. Tout prévu. Sauf la fin de tout. La fin de ce tout qui tresse les fils de leur quotidien, jalousie, amours enfouies, amour enfui, amour qui s’éteint. Amitiés qui s’étirent, se déchirent. Piques assassines sous traits d’humour badin.

tristesse photo 1

Tout prévu sauf l’impossible. Tout prévu sauf le mur de feu qui les embrase, corps et âme. Tout prévu, sauf son travail de sape méthodique qui par vagues successives, menant le spectateur au cœur de l’horreur, calcine tout ce en quoi il ne se reconnaît… tout ce qui était informe, déjà cassé, mort-né.

Il fait surgir l’informulé dessous les plus banales phrases. Il fait les mains se rencontrer, s’étreindre jusqu’à n’en plus revenir qu’en sang, ensanglantées. Creusées par la vie de l’autre qui se meurt. Mains réceptacles, mains cendriers.

 

 

Alors, aller jusqu’à l’os. Jusqu’à la lumière. Là où ça broie, là où ça fait mal. Aller vers le lieu d’où on ne peut plus reculer. Lieu de l’impossible, lieu du « plus jamais ». Lieu sans pitié pour les sacrifiés.

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Texte incandescent porté par des acteurs irradiés. Puissance du jeu, esprit de chœur, ferveur. On sort de ce spectacle, lavé de l’intérieur. Remué, certes, mais pas désespéré. Au cœur des flammes, la lumière. Au cœur du tragique, une forme de vérité âpre, sans colifichets.

 

Quelque chose pulse encore, on le sent, on le sait. La vie qui fraie son chemin coûte que coûte. Les pleurs naissent et les artistes créent. Même blessés, même brûlés. Même amputés.

 

Bref, un spectacle complet, une quasi-féérie : jeu, lumière, son, vidéo. Cette dernière, chose rare, n’est pas superfétatoire et apporte un juste contrepoint au récit. Duquel, on ressort… vivifié !

Oui, vivant. Terriblement vibrant !

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Merci à tous pour ce respect du public. Merci pour votre générosité. Merci de nous donner à vivre, à respirer, ces mots sortis d’un enfer si terrifiant qu’il en frôle un possible paradis.

 

Camille

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Kate et Mickaël

Sublime Kate pour un sublime texte, de sublimes acteurs,

 

Bref une chouette journée au théâtre!!!

 

 

J’attends avec impatience le clip de Mickaël Pinelli qui la chante en live sur scène avec chorégraphie incorporée!

 

La chronique va suivre, mais trop envie de retourner faire un tour du côté de chez Swann!

 

Portez-vous bien jusqu’à demain!

 

Camille Arman