Il est caché où le terroriste?

Il est  caché où le terroriste?

Sous ton estomac, derrière ton foie. Il est caché où en toi ?

Oui ça fait mal oui ça fait peur quand ça explose que ça projette en l’air des jeunes gens sympas qui demandaient rien qu’à être tranquille là…Oui on était beaucoup à être « pas loin » de tout ça.Oui oui oui oui on a la trouille d’y retourner oui même si on fait le kéké même si on se croit drapé dans une tunique inviolable même si on gonfle le poitrail à fond quand on prend le métro quand on circule sur le boulevard à vélo on a un peu plus les foies qu’avant, oui. Et c’est normal je crois…

Mais après après, après « les événements », tous ces appels à la vengeance, à la violence à nouveau toujours…. mais bazar de bazar si tout cela pouvait nous inciter à un retour, à aller voir en soi ce qui détonne!! Tous ces jugements ces emportements dédouannants autour d’un verre de Beaujolpif, un peu trop faciles faciles gagnants gagnants…

Il est  caché où le terroriste?

Depuis la cour d’école quand t’as appris qu’il fallait crier plus fort que les autres pour oublier que t’avais peur, qu’il fallait même accuser l’autre de tes propres erreurs, quand c’est toujours l’autre qui n’a rien compris quand c’est toujours l’autre qui s’est mal conduit.

Bien sûr toi en voiture tu doubles jamais trop rapidement, t’oublies jamais le clignotant. Bien sûr toi, tu mens jamais, tu triches jamais, tu lèses jamais personne, tu n’agresses jamais gratuitement, tu dis toujours la vérité, t’as jamais rien tué même pas une mouche pas vrai ? Bien sûr toi tout ce que tu fais est parfait….tes mômes tes ex tes patrons tes salariés, tous jusqu’ à ton fox terrier peuvent l’attester: t’es un vrai chevalier blanc!

Or…

On n’est pas tout blanc et l’autre tout noir. L’autre, les autres, tous ceux qui sont pas « moi »… pas de ma famille pas de mon village pas de ma ville pas de mon département pas de … La peur ça rétracte tout, ça crée la haine…. et c’est reparti pour un tour!

Vous en avez pas marre de tout ça? De tous ces cycles fous?

Non pas marre apparemment, la testostérone est au pied et claironne, elle s’est un peu empâtée faut dire… trop de « paix » (« chez nous » s’entend , ailleurs hein on s’en fout s’ils meurent en Afrique, c’est hors zone, pas vrai?!)…ça ramollit les fessiers !! Mais avec un peu d’entraînement…

Et puis last but not least..

Ca m’énerve ces récupérations, ça m’énerve tous ceux qui viennent après monnayer des sons, une photo, une vidéo pour une télé une radio.

Où sont les vautours où se niche l’abjection ? Et nous qui regardons, nous y participons………………………………………

Il est  caché où le terroriste?

 

Camille

 

 

Malaise

Malaise, je sens comme un malaise après ces appels aux terrasses, un verre de bière à la main..

Oui cela m’est arrivé …Rarement, avouons-le, je préfère un jus de fruit  et les moelleuses banquettes de l’intérieur, je ne supporte pas la fumée envoyée à qui mieux mieux dans les narines….

Malaise oui, malaise, je ne supporte pas ces appels en masse, c’est dans mes cellules, ça se hérisse tout de suite, ça me hérisse ces appels identitaires ces mouvements exemplaires ces actes de bravoure une fois le  feu éclaté … ces effets de manche des professionnels de la profession, ces bons côtés de l’aversion…

J’y perçois un relent de pas très clair, comment analyser…un truc qui donnerait un peu envie de vomir, comme une récupération de fin de banquet…

Cela me tourne et me retourne depuis les faits, ça me cogne le coeur, me prend à la gorge me fait me relever la nuit…On ne prend pas les choses par le bon bout, faire la fête  yes , ça va bien cinq minutes, mais après?

On va pas être comme des hamster autour de leur rouet à se fermer les écoutilles sur ce qui nous est donné à voir. On va pas répéter les mêmes actes  comme des automates, on va se servir de nos cerveaux. On va se poser, arrêter de jouer dans un monde de Caliméros.

Et être humain, à chaque coin de notre quartier. Ici, maintenant.

S’il faut être présent, c’est dans les collèges et les lycées où depuis plus de vingt ans la violence ne cesse de croître , on appelle ça « actes d’incivilités » et on remet les couvercle dessus car le proviseur a une carrière à défendre « rien ne doit se passer dans mon établissement! rien à voir, gérer votre classe, circulez!! »  Et de replonger dans Le Monde, surtout ne plus être dérangé! Cocotte minute refermée sur des enseignants  » de terrain »exténués (que d’alcoolisme, de dépressions, de départs de jeunes diplômés atterrés, de vitres brisées, de pneus crevés , d’insultes de…) sur  des personnes compétentes malmenées, chaque jour chaque année un peu plus… déconsidérées et démunies, lassées, éreintées..Sur des instances protégées, uniquement soucieuses de leur avancement et de leur sortie au plus vite par le haut échelon du bordel ambiant.

J’ai assistée à cette chute de l’Education Nationale durant quasiment vingt-cinq années. Je suis partie avant de finir comme un steak haché.On a dépossédé volontairement les enseignants, on les a pris pour des benêts, on les a rabaissés, on les a karcherisés, on a réduits les effectifs, les moyens… tout comme les infirmières, alors après ne pas venir se plaindre qu’il y a des trous gros comme mon poing dans le gilet républicain!!!

Hypocrites discours politiques, je vous hais!

S’il faut être présent, c’est auprès de ces jeunes et moins jeunes, leur parler autrement qu’à des bandits…il fut un temps où mon ami corse, un grand brun bouclé , se faisait régulièrement contrôler aux Halles, je parle d’un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, délit de faciès déjà… Il aurait pu tourner parano, il était doux comme un agneau….

Marre de se fier aux apparences, ne parlons pas des délits en cols blanc, d’autres s’en occupent mieux que moi….

Je n’ai jamais trop « fait la fête » la fête sur commande et sur injonction m’ennuie. Je suis plutôt du genre fleurettes et grands espaces, plutôt liberté, liberté chérie. Alors au nom de cette liberté, je ne vais pas surjouer ce que je suis…et ne vais donc rien changer à mon rythme de vie.

Ecrire est un tempo humble, sans strass, je le comprends encore mieux aujourd’hui, parce que j’y reviens comme à une source pure au milieu de l’étouffoir, comme à un drapeau aux couleurs de l’espoir, l’espoir fou  le miracle d’être simplement humain.Nécessité vitale, après chaque coups à l’estomac, retour vers cette simplicité là.

Vivre selon l’inspir du moment et ne pas obéir aux mots d’ordre, même les plus « gentils »!

Portez-vous bien petits nuages!

 

Camille

a-de-arman (2)

ENVIE DE VIVRE

Ne pas s’arrêter de vivre mais purée que c’est dur de prendre la voiture, le train pour se rendre à Paris voir un spectacle ou des copains!!

Plus le même entrain, plus la même  légèreté, ils ont réussi, ces crétins, à nous faire regarder à deux fois à chaque fois que l’on fait un pas..

Même dans mon village maintenant, dès que tu entends quelqu’un derrière toi, t’as un peu froid. Tu t’en fous, t’as trente vies et plus encore, d’accord mais bon celle-ci avec toutes ses emmerdes, ses joies et ses câlins, elle me plaît bien, je m’y suis habituée, pas envie d’en changer dès demain matin.

Réflexe idiot (vital?) regarder des bêtises, se faire plus de bises, boire un peu plus de vin, même si ça hâte la fin qu’ils disent..En même temps la fin dans un fauteuil roulant à quatre-vingt-dix ans..bof bof…pas le bon plan!

Ils ont réussi un truc, ces abrutis : nous redonner une immense envie de VIVRE! Ils nous rappellent que la vie est sacrée, fragile, sacrée…………………………………………………………………………………

Portez-vous, petits nuages!

Camille

 

all you need is love……………………………………………………….love is all you need!

 

J’ai tant appris

Je relaie  ce poème qui  reflète tant ce que je ressens face aux prises de position qui ne cessent de tomber depuis l’horrible soirée…
D’où parlons-nous ? Qui sommes-nous pour donner des leçons? Comment éduquons nous nos enfants? Quelles valeurs leur livrons-nous? Sommes nous porteurs de valeurs d’espoir ou bien de concurrence, de mesquinerie, de violence, plus ou moins larvée, plus ou moins tolérée dans nos foyers, nos villes, nos campagnes? Les décisionnaires sont -ils éclairés? Ont-ils le temps de méditer ou bien sont-ils toujours le doigt sur la gâchette, à décider dans le court terme? Sommes nous cohérents dans nos choix de vie? Laissons -nous assez de place à l’Autre? Sommes nous heureux? Aimons-nous assez la vie pour ne pas nous laisser acheter par quiconque nous spolie ou nous terrorise? Balayons, balayons devant notre porte. Retrouvons le vrai sens des mots violés par la publicité. Ne mentons plus à nos enfants, à personne.  Soyons grands et dignes de la Vie qui nous est venue toute nue. Il est temps, il est toujours temps.
Portez-vous bien, petits nuages.
Camille

 

 

J’ai tant
Appris de Dieu
Que je ne peux plus
Me
Prétendre
Chrétien, Hindou, Musulman,
Bouddhiste, Juif.

La Vérité a tant partagé de sa Substance
Avec moi
Que je ne peux plus me prétendre

Homme, femme, ange
Ou même pure
Ame.

L’Amour est devenu
Si complètement l’ami de Hafiz
Qu’il s’est transformé en cendres
Et m’a libéré
De tous les concepts et images
Que mon esprit ait jamais connus.

–Hafiz

 

 

 

13 novembre, 11ème, Paris: juste le bon Boulevard

Hier soir, avec l’amie,
On a juste choisi le bon Boulevard….
Une image m’obsède encore,
Les sourires aux terrasses.
Aujourd’hui, tant besoin de silence.
Ne plus entendre le cri des ambulances
Qui déchire la nuit.
Et à chaque respir
Prier.
Pour eux,
Pour tous
Pour l’Humanité.
 a-de-arman (2)
Camille

Merci!

Merci à tous les amis pour les jolis timbres envoyés, fleurs irisées de joie dans ma boîte à lettres, échos aux collections de Mama, celles que je continue comme un fil ténu … si fermement présent en moi.

Cette attention me fait extrêmement plaisir et « lui » fait plaisir aussi je crois….

Merci pour cette fidélité qui me touche parce qu’elle m’aide à continuer, à perpétuer ces traces sur du papier..et pas que..j’espère qu’elles éclosent en vous en belles vibrations colorées…

Merci pour comprendre souvent au-delà des lignes une écriture qui ne peut s’écrire autrement

Elle coule ainsi en moi et me torturer pour en changer ne sert à rien, je l’ai compris et l’accepte.

Merci aussi de me faire signe parfois…de partager une réflexion… de me suggérer quelque direction…et caetera !

L’écriture est solitaire, j’aime entendre vos échos…

Portez-vous bien en cet été Indien!

Camille Arman