RENCONTRES EN CHUTE LIBRE

On venait de rater Peau d’Âne à cause de carrosses qui s’entremêlaient mal dans les artères de la capitale, alors on a dû faire tournicoti tournicotons durant cinq heures de large en long in Paris..

Oui je sais, y’a pire comme sacrifice! Oui surtout quand terrasses et cafés nous tendaient les bras, histoire de vivre la vie d’avant les attentats tout en sachant qu’on la revivrait pas forcément aussi légèrement qu’avant.. Quoi que la mort soit toujours là mais bon c’est un autre débat et j’ai tous mes cadeaux à emballer qui m’attendent dans mon char à bras comme dirait le Père Fouras !

Et l’appel des forêts se faisait aussi pressant que le taux de gasoil dans le sang… Alors on est allé boire un thé fumant en attendant. En espérant qu’on n’allait pas regretter, en se disant tout en ne le disant pas qu’ils avaient intérêt à assurer les p’tits gars!

 

Eh bien  vindiou, c’est ben vrai qu’ils ont assuré!

 

 

Dès l’entrée, mousse de finesse sur velouté d’attente, de grâce concomitante sur saut de l’ange en falaise surplombée, « Coup de tête » est de ces pièces courtes (trop courtes!) dans le monde de la délicatesse et des occasions de passer le pont ma préférée… J’ai pensé aux belles passantes de Brassens en vous regardant Suzanne et Luca. J’ai pensé à toutes ces belles bouffées d’amour qui nous survolent, nous parlent de la vraie vie, nous la comblent de nostalgies, aussi, pour  tout le restant du parcours….

Bulles bulles légères, volez!!

 

De bulles et de framboises il en sera question dans « Amants et fougères » plus attendu mais truculent à souhait, sourires et clins d’yeux assurés pour ce chassé croisé gigondassé, une spectatrice a même failli s’évanouir de rire, c’est dire!

La troisième et dernière pièce nous plonge dans une chambre d’hôtel où une ladie s’ennuie sans le savoir où un groom pratique de drôle de messes,officie officieusement une double, une triple, une quadruple vie si magistralement que la ladie… On se prend à souhaiter qu’ils retrouvent un peu de fraîcheur lors d’une toute nouvelle naissance à deux, tendresse première, avant le lit délétère vidé de son esprit.

Tous les acteurs jouent juste ces textes  fins et profonds d’Horovitz, aucun marécage, aucun ennui possible, tous en nuances et brio mais, s’il fallait, et il le faut ici, souligner une performance (j’aime pas ce mot), une lumière, une évidence c’est Luca Stafanini qui remporterait le Pompon.

Cet acteur possède une palette extraordinaire. Il joue le chat velours, le timide, le troublé, l’impatient voire le violent avec juste ce qu’il faut dans les cinquante nuances de regards pour  déblayer le champ de bataille façon Waterloo. Il est canaille et amoureux, Dujardin en dix-mille fois mieux, Arsène Lupin, Luccini et Vincent Lindon réunis, un talent monstre je vous dis!

Je vous laisse ce superbe résumé…. mais courez vite dans ce charmant théâtre de l’Aktéon dans ce bel arrondissement qui panse ses plaies, courez c’est jusqu’au 4 février ne les laissez pas filer!

 

Portez-vous bene !!

 

Camille Arman

a-de-arman (2)

Retour d’une séance de signatures…

 

C’est hyper sympa les signatures mais je me dis souvent que j’aimerais vous y retrouver « autrement » et échanger autour des thèmes abordés dans mes livres ailleurs que dans un coin de rue ou entre deux portières de voitures.

 

Depuis « La Pyramide » je ressens cette passion, cette nécessité du partage. Depuis « Mama Mia », elle n’a cessé de grandir, je n’ai cessé de grandir et de mûrir en conscience, de passer du psychologique au spirituel si on veut employer des mots clairs pour tous.

Je prends aussi conscience que l’Écrit vibre encore mieux lorsqu’il  se conjugue à l’oral, il y gagne en puissance et vibration.

Je suis donc prête pour ce passage, l’ayant déjà expérimenté à la télévision et en radio. Un café littéraire, pourquoi pas ? Il y a tant d’autres formes à imaginer (conférences-débats, ateliers…)

Les thèmes de la filiation, de l’adolescence, de la maternité, de la « différence », des transformations vécues tout au long d’une vie m’interpellent entre autres…

Et l’Amour forcément avec toutes ses déclinaisons…

Voilà c’est un élan, c’est un désir  de partager différemment encore plus qu’à travers livres et vidéos.

Je vous propose donc un premier rendez-vous le samedi 16 janvier 2016 en milieu d’après-midi, au coin du feu peut-être, on attendra pour la pergola.

Le lieu reste à définir mais peut se situer chez moi où chez l’un d’entre vous qui souhaiterait constituer un groupe dès maintenant.

Un autre rendez-vous courant mars est en cours de réflexion… nous pourrons fixer la date ensemble le 16 janvier.

Faites-moi part de votre préférence concernant le thème, parmi ceux proposés ici et dans le post précédent.

Vos retours sont précieux…

 

Traversez joyeusement ces jours prochains

Portez vous!

Camille

a-de-arman (2)

 

 

Au fil de l’eau

AU FIL DE L’ EAUau fil de l'eau

Un village loin loin sous le soleil écrasé, des bâillements des chants s’élèvent, rythment une journée.
Heures simples heures pleines, remplies de gestes sacrés, de gestes de joie et de peine, d’ambiances que l’on pourrait toucher.

Des chants de joie et de tristesse des chants de rires et de gaieté, des échanges de tendresse si pudiques qu’on croirait les avoir inventés. Des chants de sang chaud, celui qui coule dans nos veines depuis les temps premiers. Celui pas mazouté.

C’est la vie d’un village imaginaire devant nous déployée. Un village ronronnant au rythme de l’eau, des cigales qui carillonnent les repas, les travaux. C’est la rencontre de l’étranger vue des deux côtés de la barrière, celle qui vient peu à peu à s’effriter, usée par le fil des jours et des complicités.

C’est une ambiance, toute de chaleur parée qui illumine d’un sourire nos museaux engrisaillés. Chaleur des voix, chaleur des cœurs qui transparaît à chaque regard, chaque mimique échangés.

C’est un spectacle qui nous lave d’une eau pure et ouvre sur un ailleurs. Celui qui est tout près, celui du sud, de l’Italie. Pas la peine de partir loin, le bonheur de vivre se joue ici. Tout ce spectacle nous le chante.

Bravo aux trois comédiens de nous convier à ce partage de pâtes et d’eau entre cartes postales vieillies, rossignol et tricot. Bravo particulièrement à Thilina Pietro Femino, qui passe de la sombritude au sourire via la douceur avec une finesse rare.Thilina Pietro Femino

Alors… Arrivederci et à bientôt !

Camille

a-de-arman (2)

Une histoire de Partage

Merci aux amis venus lors de la séance de dédicace chez Clémence hier, merci pour vos sourires et vos paroles chaleureuses.dedicace 19 12 15

Merci de vous être déplacés quand tout vous pressait à côté, les départs, les cadeaux à faire, les repas à préparer. Tout ce qui fait le quotidien des fêtes aujourd’hui.

J’ai le goût de ces partages depuis longtemps.

Le goût du silence et le goût du partage aussi, oui.

Pas l’un sans l’autre je crois.

Une alternance de joie.

Je me sens prête à partager autrement, plus longuement avec vous autour des thèmes abordés dans mes livres:  l’adolescence,  la nature, le sport, le corps, l’amour, la mort, le deuil, la passion, l’anorexie, autour du thème de la mère, de la famille, du thème de la vie …

Il est nécessaire de se regrouper et d’échanger de coeur à coeur, on ne peut plus se cacher et faire comme si rien n’avait changé.

Si des personnes parmi vous sont intéressées par  l’organisation d’un atelier, d’une rencontre, contactez-moi sur ma boite mail:

camille.arman@gmail.com

 

Merci et à bientôt!

Camille

 

 

 

Joyeux Noël !

Oui les lumières c’est joli,Sapin

Oui les sapins sciés, les oies gavées,foie gras

 

les smartphones pour bébés c’est…. heu…

On s’en fiche, c’est la fête!

Amusons-nous gais, gais, puisque c’est écrit sur le calendrier, sur le papier gras des pubs prêtes à jeter,  puisqu’on nous le dit à la télé!

Oui c’est la fête, oui c’est youpi!!

Piyou Piyou gris!

Ben non non non!

Et voilà t-y pas que je lis ce qui suit… qui fait comme des cloches de Pâques carillonnantes dans ma tête!!!clochettes

 

 

 

 

« Logiquement, quand on écoute ce qui est socialement acceptable, on répond à des règles, à la société ou à ce qui est extérieur à nous. Et dans les faits, ce qui est socialement acceptable est souvent construit pour la masse et les gens se font piéger certaines fois à écouter toutes ces règles de masse, car elles ne tiennent pas compte des besoins individuels. Et quand on ne tient pas compte des règles sociales, on écoute nos propres besoins, comme c’est souvent le cas pour les autistes qui sont plutôt en contact avec leur conscience et leur vérité à l’intérieur d’eux. Par conséquent, ils écoutent souvent leurs propres besoins en premier, peu importe que ça plaise ou non. Et les gens « normaux » qui répondent à ce qui est socialement acceptable, ils ne tiennent pas compte généralement de leurs propres besoins, car encore une fois ils ne réfléchissent pas ou ne s’assument pas. Ils suivent la route et ne mettent jamais de Conscience. Toutes ces règles sont souvent construites pour plaire ou bien paraître à l’extérieur.

Par exemple, j’ai toujours détesté Noël, car il y avait trop de règles sociales à suivre, comme donner un cadeau à quelqu’un que je n’aimais pas vraiment, rester jusqu’à minuit seulement pour dire Joyeux Noël à cette heure et faire bonne figure ou encore parler avec des gens pour qui je n’ai pas d’intérêt ! Toute cette mascarade imposée et mise en place m’a toujours dépassé et a toujours été trop pour moi. Alors j’ai souvent refusé Noël parce que je sentais ces règles non dites et les réactions des autres qui me trouvaient nul parce que je ne pouvais pas répondre à la règle. Ici, même si tout ce que j’explique n’était pas tout clair en mon esprit, ma Conscience m’a toujours parlé, par des malaises, des refus, des symptômes, peu importe que mes comportements aient été socialement acceptables ou non, car j’ai toujours été en contact avec ma Conscience. »

extrait de L’autisme, revu et corrigé par un autiste Asperger de Pierre-André Pelletier & Nadine Primeau, Éditions Un Monde Conscient

 

Tellement ressenti ça que… hum que du bonheur…. comme on dit chez Naguy!

Alors…

Portez-vous bien avec ou sans guirlandes sans vous enguirlander pour autant avec vos enfants vos grands parents et vos Charles Attends!

Le vrai Youpi c’est d’être!

 

Camille

a-de-arman (2)

Se Dépouiller

Oui des milliers d’idées fourmillent en moi ces jours et ces mois.

Mais de belles plages de silence m’invitent à écouter ce qui danse entre les mots.

Nous traversons des périodes lourdes qui nous impactent tous.

Nous devons réapprendre à être, désapprendre à croire les sornettes issues du passé trépassé.

Nous devons nous dépouiller de tout ce qui encombre nos routes.

Et nos déroutes aussi.

Bouddha allait par les chemins, sans rien, confiant en la vie.

Sans devenir wanderer comme lui, dépouillons nous de ce qui nuit.

Départons-nous de tout bruit, intérieur, extérieur.

Coupons les parasites, vivons enfin notre vie!

Camille

a-de-arman (2)

JAURES ou la nécessité du combat

Lorsqu’on se rend à ce spectacle en famille on se dit: « Cela va nous rafraîchir des pages d’histoire oubliée! » …

Et puis on se sent surpris à plonger dans des mots d’aujourd’hui, dans des mots d’avenir…

Dès l’abord, Gavroche nous interpelle, l’Aurore à la main (fabuleux Guillaume van’t Hoff, gouailleur à souhait!). Il ne cessera d’ailleurs de nous la tenir, la main, nous bousculant gentiment à nous rassembler au coeur du théâtre, nous invitant à ne pas se la jouer isolé , nous propulsant ainsi dans l’atmosphère bon enfant de la rue, des bistrots, de ce Paris des Titis. Cette atmosphère, si légère même dans la misère, celle qui nous manque cruellement aujourd’hui. Celle que draine dans son sillage ce marmot canaille qui  nous entraine à coups de blagues ou d’airs d’accordéon sur les différents tableaux du spectacle. Nous en verrons défiler, des journaux, des idées, des écrits. Du Petit Journal aux Cahiers de Péguy…. Nous assisterons à la naissance de l’Humanité en direct live. Bel espoir belle envolée!

Dès l’abord aussi une ambiance saisie, des attitudes, des postures, des costumes, des voix tout sonne juste des lumières à la mise en scène. Pas de boursouflure tout est d’époque et nous y plongeons.

Nous plongeons dans les pas de ce grand homme (superbement interprété par Éric Wolfer  les dix dernières années de sa vie. JaurèsEt nous partageons sa passion, ses révoltes, nous tiquons avec Ève sa collaboratrice sur sa frilosité envers les droits de vote des femmes. Nous suivons son discours du Pré-Saint-Gervais, si vibrant héros accroché au drapeau rouge.. Nous le suivons dans ses débats avec Péguy,  nous suivons ces méandres où l’amitié peut se perdre sur une crispation de l’un, un farouche sens de l’union des hommes contre la guerre de l’autre, centre de tout son combat sur terre…

Deux caractères, deux fougues contraires qui se brûlent de s’être trop côtoyées… l’ami devenu ennemi… nationalisme contre pacifisme… ils mourront  tous deux l’été 2014, l’un au Café du Croissant avec des amis, l’autre sabre au clair sur un champ de bataille non loin d’où j’écris…. Le contraste entre les deux hommes jusque dans leur mort-même est finement amené et on se prend à se dire qu’il suffit parfois de si peu… et lorsqu’on écoute retentir les paroles de Jaurès cent ans plus tard, après le treize novembre, on se dit qu’elles nous sont destinées aussi….

Courez-voir ce spectacle, tous les acteurs y sonnent le bon tempo, tous ont à cœur de nous instruire…. et certains de nous faire rire aussi!

Camille

a-de-arman (2)