MERCI

Merci pour ce partage samedi dernier.
Merci d’avoir « osé » partager autour du thème de la mère et du livre « Mama Mia »….

Fils et filles, expériences diverses!

Mêmes vibratos

Silence, conscience, confiance.

On se sent moins seul.

On repart rasséréné en se disant « à bientôt! »

Oui oui….

Et pour ceux qui auraient loupé peut-être une deuxième séance….

 

D’ici là portez-vous bene!

 

a-de-arman (2)

El Duende

EL DUENDE

 

Que dire de l’intraduisible, de l’indéfinissable

Du charme fou, de l’introuvable, de l’indomesticable

De la liberté même.

Légère et nue, pesante et torride, brûlante et profonde.

Vénéneuse et fragile.

 

Que dire de ce qui semble oxymore et n’est que vibration pulsée du fin fond de la terre

Jusqu’au ciel éperdue….

Voilà, vous y êtes exactement !

Là, non loin du Duende : perdus !

Perdus dans ce cercle sans fin, dans cette partance sans retour, dans cette danse…

Perdus et extrêmement au centre de tout.

Magnifiquement perdus dans ce qui ne se recommence jamais, dans ce qui se moque des attraits, de la jeunesse, de la mode et du style, de toutes ces ruses et parures….

Nous sommes dans la « moelle du style », perdus dans le duende, perdus dans ce non-lieu, lieu de l’Unique, lieu du mystère, que malheureux et pitoyables humains nous ne faisons que frôler….

Le duende vole dans l’air, se pose où il veut et comme il veut et quand il veut… comme l’espiègle  mouche Pedrito (Chut, vous la découvrirez!)

Comment parler du mystère, du charme qui se dégage de ce duo ?

Comment parler d’une alchimie qui relie rire et musique gitane ?

Comment parler de la douceur, de la finesse d’un accord, d’un glissement de pied ?

El Duende 2

Pour Lolo (Marcos Malavia, magnifique) la silhouette de Charlot passe parfois dans nos esprits, sa délicatesse, sa tristesse, son humilité, son habilité, sa rudesse aussi… mais c’est oublier le duende qui brouille les pistes, les références, explose les tiroirs et leurs papiers bien rangés.

 

El Duende Pirai Vaca

Pour José à la guitare (Pirai Vaca, magique) c’est la passion incarnée. La possession, la dévoration, l’amour infini d’un instrument dont il est le serviteur agenouillé, à jamais épris. Brûlé de l’intérieur par ce son noir, ce sang noir, cette mort qui ressemble de si près à la vie.

 

Espagne torero, Espagne du sud, Andalousie où des danses des chants où des rires des larmes, des alarmes et des cris se mêlent aux dieux. Se mêlent au sable, se mêlent au vin et aux courbes des femmes, éternels errants tendus vers une quête infinie….

Beauté. Intensité. Spectateurs bouche bée, enfants et adolescents compris !

Normal, quand la vie se joue, se donne à voir, se partage ainsi on se sent plus… on se sent mieux… On en ressort grandis. De la gratitude plein le cœur.

Entrevoir le duende, puiser à cette grâce nous rend plus humains. Monsieur Lorca, et vous deux, messieurs clowns acteurs joueurs musiciens, pour cette mise en vie en énergie en son et en images, merci !

Afin de vous donner une idée du jeu  éminemment habité de Pirai, voici cette vidéo (qui ne fait pas partie du spectacle)…

 

 

Portez-vous bene!

 

Camille Arman

a-de-arman (2)

 

 

BAIN DE DOUCEUR…

Réécouté ça

Rien que ça cet après-midi…

Cela vaut mille jacuzzis.

 

 

Si la terre a pu porter cela  un jour, il n’y  a vraiment vraiment pas à désespérer…

 

Prenez soin de vous!

Camille

 

 

PS pour les mordus, une autre version avec paroles….qui vaut tous les cours d’anglais!

 

FISSION

 

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »…

Comment ne pas y penser lorsque des savants allemands prisonniers en Angleterre règlent leur compte dans un manoir, tout juste après l’annonce d’Hiroshima?

« On aurait bien aimé la faire avant les Américains, on n’était pas loin! »

Bataille pour la grande Allemagne au passé béni, oubli des mots d’ordre nazis, faire avec, poursuivre la recherche coûte que coûte.

Poursuivre la quête, quel qu’en soit le prix.

Rapide balayage des milliers de morts japonais, juste des chiffres. Une « erreur » pas forcément une tragédie…

L’impression de voir de grands enfants jouer avec des jouets trop grands pour eux, empêtrés dans des carrières, des ego de pierre.

Pour Hahn, prix Nobel de chimie en 1944 couronnant la découverte de la fission nucléaire, trente années de compagnonnage c’est peu quand on les a partagées avec une femme partie s’exiler au Danemark, une juive « en plus », Lise Meitner..

Fission

Trop facile quand on apprend qu’elle pouvait prétendre au titre tout autant que lui, ayant travaillé et dénoué des nœuds sur lesquels il butait seul dans son cabinet…Trente ans siphonnés et plus d’avenir dit-elle plus tard…Qui dira le travail des femmes de l’ombre, tour à tour confidentes, collègues, secrétaires, muses ou amoureuses? Qui dira la part d’abnégation de celles qu’on oubliera lorsque le grand soir viendra?

Mémoire oublieuse, carrière à construire, amitiés à couteaux tirés.

Les scientifiques tentent de découvrir les secrets et de dominer la matière dont est constitué le monde, reste pour beaucoup à découvrir et explorer la matière intime dont ils sont faits. Leurs tiroirs, leurs ombres, leurs territoires secrets.

Pas plus ni moins salauds que d’autres, des humains en vérité. Toute blouse et diplôme enlevés.

 

Camille Armana-de-arman (2)

VALENTINA-TCHERNOBYL

valentina affiche

Rouge et noir, couleurs passion

Couleurs de sang et de suie

Couleurs de cris sans violence

La violence est déjà passée

La violence est au-delà

 

Dans le camp des autres, ceux qu’on ne nomme pas, ceux qu’on ne voit pas, ceux qui gèrent la vie d’autrui.

L’atomisent à tout va.

Ceux qui ont posé là ces êtres, leur ont donné une mission:  nettoyer la zone. Ceux à qui ces hommes ont répondu gaiement : nettoyons ! Et ils sont partis, les « nettoyeurs », une sorte de fleur rouge au fusil, une sorte de fleur de sang battant sur leur épaule.

Sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un, zéro.

Décompte macabre des condamnés à mort qui tombent un à un, tels des dominos…

 

Et elle raconte, elle, la dame en rouge et noir. Puissante comme une reine, sobre comme une femme qui n’a plus de larmes et presque plus d’yeux pour pleurer. Elle raconte la lente agonie de l’homme qu’elle aime et aimera toujours. A tout jamais.

Elle navigue désormais hors des zones de confort, a franchi le miroir des apparences  et dépassé toutes les haines. Elle a vécu la souffrance du corps aimé, adoré jusque dans ces derniers instants, jusque dans ces derniers pauvres restes (oh ce geste fou, cette fusion que la fission n’entame pas, ce frémissement d’amante encore et encore  quand sa main frôle les fragments d’os de l’aimé dans l’urne funéraire..). rien de vulgaire tout d’absolu…

Tout d’absolu  dans cette femme transcendée par l’amour et vouée à une célébration sans fin, sans faille de son géant adoré, si grand, si beau que la mort elle même a comme semblé hésiter avant de que le ravir tout à fait…

Quelque mer bleue, quelques cinémas, autant de fleurs , de parenthèses accordées avant la descente vers l’enfer.

Valentina

Lucidité et finesse du texte d’un auteur dont on connaît désormais, grâce au prix Nobel, mondialement le talent. Élégance et justesse du jeu  de Coralie Emilion-Languille, jusque dans la moindre fêlure, rupture de rythme, cassure de poignet….

A en écouter vibrer le son des points de suspension qui s’envolent dans l’atmosphère de ce petit théâtre douillet…

 

Quand Intensité et Feu d’amour sont au programme, moi je dis….

 

Courez-y!

 

Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron, Paris, 18ème

Métro Abbesses ou Blanche

Jusqu’au 14 Mai 2016.

Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi à 19h.

 

Et d’ici là, si je ne vous vois pas:

Portez-vous bene!

ET aimez!

a-de-arman (2)