A propos des Chroniques Théâtrales

Nota Bene

Suite aux éloges récents, je me dois de préciser que je ne chronique que les spectacles qui font bouger quelque chose en moi. Je ne « casse » pas, ce n’est pas mon rôle. L’acte de monter sur scène est assez respectable pour ne pas se délecter de chutes ou de brouillons que d’autres trouveront admirables.

Beaucoup de spectacles sont passés par la trappe du silence. Pas de complaisance. Même avec les amis (et ils le savent!). Même avec les thèmes « à-priori qui auraient pu »…

Non.

Je ne flaire que la vie.

 

Camille

 

a-de-arman (2)

DON QUICHOTTE

Vous qui irez voir ce spectacle, et je vous le souhaite car c’est un beau cadeau d’essuie-tête,  ne vous attendez à rien, attendez-vous à tout!

 

don-quichotte-1

Vous qui rentrez dans cette salle du Théâtre 13 -où nos séants trouvent enfin un asile confortable et nos jambes un océan ( c’est à noter, à noter!)- abandonnez tous vos repères- et plongez avec Jérémie Le Louët et Compagnie dans le grand maelström du rêve de la vie.

Attendez-vous à être tour à tour mouton bêlant, révolté, hurlant, complice riant, cul par dessus-tête et cerveau dépoussiéré des toxines puissantes distillées savamment au fil des heures et des années dans ses réseaux les plus secrets!

Attendez-vous à vivre le spectacle de l’intérieur, à devenir les oeufs d’une mayonnaise qui prendrait.

Attendez-vous à ressortir plus costauds sur vos bases, revivifiés comme après une balade au large, loin des côtes. Loin des lignes droites par d’autres pour nous tracées. Libre ou non à nous de les emprunter.

Tout ce spectacle est un hommage à la foi, à la générosité, au rêve fait passion, aux naïfs qui crient dans le désert et qui, parfois, on ne sait pourquoi- le vent peut parfois étrangement tourner- sont écoutés.

L’histoire, tout le monde la connaît. La compagnie des Dramaticules la revisite sans l’étriller, la met en relief à l’aide du son (la Chevauchée des Walkyries entre autres), des costumes (et accessoires, bravo!), de l’image. Le noir et blanc sur grand écran magnifie les visages, stigmatise les expressions, décuple l’émotion … Un maillot de supporter auto-proclamé sur le dos de Sancho, et un personnage est brossé…don-quichotte-2

 

Une bande de tissu nous campe un ruisseau parfait.. On se croit revenu au temps du cinéma muet…

Nous sommes conviés à Voyage dans les espaces de l’imaginaire d’un fou trop lucide avec des comédiens qui rentrent dedans et pas que du bout des dents. Ils ont tous à la fois une puissante présence sur scène mêlée à une distanciation, une auto-dérision, un jeu avec leur rôle, qui fait tout le charme de cette mise en scène époustoubourrifante.

don-quichotte-3

Mention spéciale à Dominique Massat, d’une intensité rare dans le rôle de la spectrale Dulcinée, d’une cruauté non moins rare et raffinée dans celui de la Duchesse. Cette comédienne excelle en outre dans un registre délicat: celui du rire. Le sien est « comme de vrai », tout frais issu de la vie, cascadant, c’est assez peu fréquent pour être souligné ici!

Mention itou à David Maison, comédien multi-cartes comme je les affectionne, frêle paysan battu mais aussi fils de galérien, David se questionnant, ou secrétaire (et j’en passe!). Mention enfin à Julien Buchy, sans qui Sancho serait un peu moins Sancho pensais-je.

don-quichotte-4

 

Alors….. Courez! Ils en valent la peine!

Ils revivifient l’air, ils jouent avec les sphères du possible sous leur drôle d’air!

Où est le théâtre, où est la Vie?

Où est le rêve, la réalité?

Qui a rêvé?

Eh…………………………………………..

 

Sur ce

Portez-vous!

Camillea-de-arman (2)

 

Théâtre 13, 30 rue du Chevaleret 75013 PARIS. Métro Biblio F. Mitterand

Du mardi au samedi 20h dimanche 16h.

Traversée forestière

One shot.

Envie de partager l’air qui me traverse en ce moment..

Traversée des densités, des danses, des cités, des incités, des sites ailés, des rencontres et des retraits.

La vie a tant de visages.

 

Camille

 

C’est déjà ça!

Voili voilou l’affiche pour the best evenement in the World !

Rencontre autour de Chrysalide, l’adolescence, la faim de l’âme, la quête toujours plus loin, l’appel, l’enfermement, le mors aux dents, la lumière toujours….

I’m very happy (comme la pomme!)

En attendant

A Paris à Vichy à Milan

Ou à Clermont-Ferrand

Portez-vous

bene bene!

 

Camille

rencontre-camille-saacy

 

 

Les fourberies de Scapin

Ah ! Revoir Les Fourberies qu’on a étudiées sur les bancs du collège avec les « galères » en cortège et les coups de bâton bidon !

fourberies-scapin-affiche

Ah ! Revoir l’artiste tendre ses pièges, les connaître par cœur et y rire de bon cœur. On y allait gaiement, on y était préparé. Mais un Scapin de ce tonneau-là, quelle surprise !

 

Le diable de bonhomme est jaillissant, bondissant, époustouflant de souffle et d’énergie ! Volubile, charmeur, prompt dans les gestes et dans les mots.

 

Précis, Dandy jusqu’au bout des ongles -et cette trouvaille lui va à merveille !- tour à tour en bas en haut du tableau, on comprend qu’il puisse donner le tournis à une famille toute particulière qu’elle soit !

 

La pièce toute entière tourne autour des facéties de ce maestro roublard, un peu fou, sans le sou, pour qui la vie est un jeu.

Avant tout.

 

Il la hume à plein nez, la sculpte à pleines mains, la colère, la supplie, l’égaie, sans souci du lendemain.

«  Faire juste que cet instant soit puissant et on se souciera du reste plus tard », telle semble être sa devise. Elle sied bien à notre siècle incertain.

Ce Scapin-là est un divin fêtard. Un nouveau tour jaillira de son prodigieux cerveau pour, d’une nouvelle pirouette,  se tenir la tête hors de l’eau.

 

Geoffrey Lopez sert ce rôle à merveille avec tact, finesse, bonheur et allégresse. Ce voltigeur remasterisé Napoli  est entouré d’une ronde d’acteurs de la meilleure cuvée.

 

À commencer par Gaëtan Delaleu, qui nous sert un Sylvestre- souffre-douleur du premier- de la plus pure treille et un Argante, Joseph Dekkers, qui déploie délicatement, du bout des doigts, la palette des émotions d’un père aux abois.

 

Tous les autres sont d’une élégance rare, dignes serviteurs d’un Molière brillamment revisité.

 

Allez vite applaudir cette jeune compagnie pleine d’élan, d’invention et de douce folie !

 

Camille

 

a-de-arman (2)

Quand le diable s’en mêle

 

Allez , après Singer on va voir du Feydeau, on casse le rythme, on fracture les habitudes, on tranche dans le gras des prélats de nos cerveaux las!

Allez, on scalpe les bouchons, on bloque les aiguilles des horloges juste le temps de nous laisser le temps de franchir  le mur du silence du Théâtre de l’Aquarium, qui retient son souffle, tout entier recueilli dans la peur, l’angoisse et la joie mêlés de ce qui va naître et surgir derrière ce rideau, sur ce plancher nu, cette boite à malice d’Alice ou de quiconque ouvre ses quinquets un peu plus large que ses rétros…

Vade retro Satanas!

Justement le voilà, celui qui mènera la danse des couples ce soir!

De la valse du patineur en lamentations majeures d’une ex jeune fille en pleurs, aux « non! » entêtés d’un garçonnet qui ne veut pas tourner autour du pot comme sa maman le voudrait, en passant par un Louis Quatorze égaré dans le lit de la solitude incarnée ne subsistant que de reproches et de sanglots.

Ah si la mère de madame mourait, ah si l’enfant naissait, ah si un autre allait sur le pot, comme tout referait un temps sens, comme tout serait un temps nettoyé, balayé, comme tous dans les bras on pourrait se jeter…avant que tout ne recommence, une nouvelle danse, une nouvelle virée, un nouvel accroc à l’ordonnancement du monde comme on l’a décidé du haut de sa robe à fleurs ou de son grand chapeau!

 

Feydeau est imparable pour souligner ainsi nos petites malversations avec la vie. Autre temps, autres mots, autres chapeaux mais pas moins de servitude volontaire ni d’yeux dans les phares abrutissants d’un univers quotidien qui de cocon se mue immuablement en prison si on se laisse guider par le douceureux et sinistre refrain du train qui passe, par les vapeurs distillées par tous les diables aux fenêtres..Trois petits tours et ils sont repartis faire leur oeuvre d’anesthésie ailleurs…

Constat en demi teinte sur l’humanité mais beaucoup de rires dans la salle.Oui le théâtre est un reflet, reflet reflet….

Public varié hoquetant devant les facéties de Satan -Philippe Bérodot magistral!- et les sauts à pieds joints de ses souffre-douleur : Thierry Gibault impayable Mr de Champrinet avec ses tics ses cartes et son ego tiré à quatre épingles. Clotilde Mollet, Mme Follavoine touchante jusque dans ses grands décollages. Luc Tremblais très attachant Mr Toudoux. Océane Mozas remarquable Yvonne, image statufiée de la femme en voie de glaciation.Lisa Schuster une Annette qu’on aime voir réveillée encore et encore. Jean Claude Bolle-Reddat, un Lucien plus vrai que nature…

Oui, tous nous servent le souper d’une certaine bourgeoisie d’un temps enfui qui résonne encore si fort aujourd’hui : juste d’autres masques, d’autres facéties…

Alors….

…Si vous êtes non loin de Paris, c’est jusqu’au 1 er Octobre à L’Aquarium (01 43 74 99 61),   Merci à Didier Bezace d’avoir réuni ici ces talents!

 

 

 

 

LA VIE EST APPEL

La vie est appel et proposition, la rencontre se fait..ou pas, selon le timing de chacun.

Chacun est à sa bonne place, ici ou ailleurs….devant le but ou le télé-viseur. Boum !

Face à de cette évidence, je vous redonne ces deux dates:

Le vendredi 23 septembre à 19h30 pour un conférence de Véronique Lours autour du Feng Shui dans le haut 77 (précision donnée par mail). Participation de 7€

Le samedi 8 Octobre à 16h à au café littéraire de Saacy « C’est déjà ça »conférence-partage autour de Chrysalide ou le choeur du papillon (ou la faim de l’âme, c’est égal).

Portez-vous bene!

 

Camille

plage fouras oct 15

 

ETé

L’été dernier avait déjà fait son oeuvre, celui-ci la poursuit.

Epurer,

Aller vers l’essentiel.

Ecouter la voix au plus profond de moi.

Shooter dans les brouilleurs d’ondes.

 

Mes livres sont un moyen , un espace pour cette voix, je le sais bien, il y a sans doute, en parallèle, d’autres chemins.

J’ai mis trop de volonté dans ma vie. Je l’ai trop coachée, muselée.

Elle se rebelle, belle, et me lance « Lâche-moi la grappe! Laisse-moi aller là où ton coeur est déjà. »

Aaahhhh…

 

Portez-vous bene!

 

Camille

plage fouras oct 15