Déjeuner chez Wittgenstein

 

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Déjeuner chez Wittgenstein

 

 

Au départ, deux sœurs. Elles préparent le retour du frère. Autant dire de l’idole. L’une s’agite, dresse une table dans les règles de la plus logique mathématique, l’autre commente, distante, lit le journal, fume et pianote selon son humeur… et son tempérament qu’elle a grand.

 

Dès l’entrée, des lignes de fuite, la mise en lumière de tensions familiales, de révoltes, de non-dits. L’une, l’aînée, la dresseuse de table, la maternante, tout en componction et en adoration et L’autre, plus indépendante, apparemment, plus critique, affirmée ne cesseront de se chercher de se taquiner tels de jeunes chiots à peine sortis du panier, un coup de patte, un coup de fraternité. Tous crocs dehors lorsqu’il s’agit de chercher en l’autre les manques, les infirmités ou les trop plein du cœur. Toute solidarité requise dès que le frère arrive faisant émerger des peurs enfouies. Face au monstre, ces « dames » redeviennent petites filles terrifiées par les facéties (ah, le fabuleux destin d’une nappe brodée bousculée dans sa rigidité en plein repas !) et les colères du frère aîné.

 

dejeuner-wittgenstein-2Nous assistons à une lente déconstruction, drolatique, pathétique, volcanique d’une structure bourgeoise par les passages à l’acte d’un « fou ». Les fous sont là pour ça, non ? Fussent-ils philosophes ou pas !

 

C’est une lente chute vers le chaos. C’est une valse lente à laquelle se livre le trio. C’est à une inversion des rôles, à l’image des portraits des aïeux scrutant jour et nuit les vivants, se trouvant soudain malmenés, loin du respect morbide qui les a jusque-là protégés. C’est l’effondrement salutaire de traditions mortifères, d’us et de coutumes dignes de tous les caveaux. Le fou en est le chef d’orchestre. Les sœurs, les exécutrices passives, apeurées ou amusées… Entre vaisselle cassée et profiteroles engouffrées, jusqu’au dégoût.

 

De tout.

 

Pour porter ce texte de Thomas Bernhard, il fallait un souffle, une énergie rare. Celle des trois comédiens est exceptionnelle de densité, de présence… et de drôlerie ! Chacun dans son registre nous donne à voir, à déguster le cru millésimé d’un grand producteur. Quelle belle cuvée, régalez-vous : Champagne !

Théâtre de l’Atalante

10 Pl Charles Dullin 75018 PARIS

Les lundis, mercredis et vendredis à 20h30

Les jeudis et samedis à 19h

Le dimanche à 17h00

Jusqu’au 4 Décembre 2016

Réservation (vraiment conseillée) au 0146061190

 

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Réparer les vivants

Je rentre de voir ce film génialissime et me dis qu’il mérite bien d’être partagé par le plus grand nombre…

Film sensible, formidablement humain, joué à la perfection par des acteurs connus ou pas… encore!

 

 

 

Pas de larmoiements inutiles, on ressort de ce film dix mille fois plus vivant! Et avec une gratitude infinie pour les chirurgiens, internes, acteurs dans la vraie vie de ces « miracles » permanents.

A noter la superbe scène d’adieu après la greffe entre le jeune interne et l’adolescent…

 

 

Sur ce, portez-vous bene et préservez au mieux cette belle vie en vous!

 

Camille

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Valjean, la Chro

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Une table, un encrier, un paravent.

Dans ce décor, un homme se confesse, un homme se raconte. Un homme se repent.

Reprend en main son histoire se l’accapare, se l’incorpore. Corps à corps ruisselant.

Cet homme c’est Jean Valjean, c’est Le Père Madeleine, c’est Fauchelevent. C’est le maire, le forçat, l’homme respecté, le paria.

C’est la foudre, la force et la haine. C’est la douleur, l’amour et la foi.

C’est ici magnifiquement retracé par Christophe Delessart, le parcours de vérité d’un homme entravé. Entravé par ses  liens de fers, par les liens du passé. La pauvreté en héritage, transmutée en élan vers la sainteté.

Ce beau monologue suit crescendo les différentes métamorphoses du personnage central du roman de Hugo. Des cris de haine, de colère, jusqu’à la lente prise de conscience vers le chemin du bien. Cette voie du cœur qui parvient à faire doucement son œuvre, à creuser patiemment son sillon au creux d’un égout, d’un tribunal ou d’une barricade… face à un ange, une fille des rues ou un vautour.

Tous les lieux, tous les êtres sont bons pour s’accorder avec son âme. En nous faisant partager avec tant de force et de sensibilité -l’une et l’autre, bien sûr, sont ici alliées- cette trajectoire humaine, valjean-2Christophe Delessart nous raccorde à la nôtre… si tant est que nous l’ayons oubliée au détour de quelques gargotes, ou bien froissée sur quelques pavés mouillés!

 

Vous aurez compris… courez-y!

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A La Folie Théâtre – 6, rue de la Folie Méricourt – 75011 Paris
Renseignements et / ou réservations    Tél.: 01 43 55 14 80

Du jeudi 15 septembre 2016 au jeudi 19 janvier 2017, les jeudis à 19h

 

En attendant, continuez à vous porter bene!

 

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ET SI ?

 

Et si…

Au lieu de frissonner devant tous les obstacles

Au lieu d’avoir la tête dans le guidon  des autres

Et si un jour on se regardait en face dans le miroir

Non pour se glorifier mais pour enfin se retrouver

Et si au lieu d’accuser l’extérieur

On accusait le coup de nos émotions

Eaux stagnantes de nos égouts profonds

Et si on partait à la conquête intérieure

Une lampe de courage et d’amour au front?

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Il est bien temps, non ?

 

Plus que jamais, portez-vous bene!

Camille

LE BOUTON DE ROSE

 

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Voici une ode au plaisir féminin, effeuillé tout au long d’une conférence non pareille, où Verlaine, Brassens, Catherine Solano et le docteur Leleu sont conjointement convoqués pour évoquer ce bouton riche de métamorphoses qui fait encore rougir les chastes oreilles du temps présent….

Il faut du courage et du culot pour monter sur scène et disserter doctement sur ce sujet, contourné en métaphores habiles tout au long des siècles passés (que de références au jardinage, ma doué!), cantonné de nos jours en de sages notations anatomiques et médicales dénuées de toute poésie…

bouton-de-rose-3Il faut un sacré coffre pour entonner les refrains graveleux ou sous-titrés qui ont émerveillé les hôtes des cabarets joyeux où les non-dits flirtaient avec une sensualité relativement torride ma foi…

Il faut oser dire ce que beaucoup taisent, ce que les femmes dissimulent de malaise face à la non connaissance de leurs corps et de ses capacités de joie innée .

Il est bon de dire aux jeunes filles qu’être femme ne se résume pas à être un consentement frustré à un devoir conjugal (ou pas) épuisant d’habitudes, saturé de radio guidage, dénué de décollages imminents .

Il est bon d’entendre loué ce trésor qui ne devrait jamais avoir été oublié puisque intrinsèquement féminin, pilier d’une jouissance illimitée.

Il faut oser parler du clitoris. Dit comme ça c’est bêta. Mieux vaut vite passer aux travaux pratiques !

 

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Merci à Sophie Accaoui de nous emmener si joyeusement par ces chemins là !

 

Camille
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Tous les vendredis à 19h

Comédie Nation

77 rue de Montreuil Paris 11ème

01 48 05 52 44

Le syndrome du Playmobil

 

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ÉLODIE POUX : LE SYNDROME DU PLAYMOBIL

Si vous avez été instit de maternelle, dame de cantine, animateur de centres aérés

Si vous avez été mère au bac à sable, déliquescente à souhait, rongeant son frein des heures durant devant les seaux, les pelles et les toboggans,

Spectateurs effondrés de spectacles pour enfants désolants, (les spectacles s’entend… quoique!)

Victime collatérale de chats « trop mignons » ou d’enfants zadorables,

Célibataire endurcie à l’horloge biologique clapotante,

Ou tout simplement sensible à un humour sans principe de précaution,

Si vous aimez quand le spectacle se joue aussi dans la salle,

Vous aimerez Élodie Poux et sa verve impitoyable, ses costumes bariolés, ses mimiques « comme si on y était » (dans la cour d’école, à la plage, sur le banc du jardin public…).

Elle possède un abattage étonnant, une énergie manifeste, une palette de personnages bien timbrés. Bref, vous passerez une heure à rire quasi sans arrêt, ce qui est bon pour le foie, la rate et l’estomac, comme dirait le bon docteur Osakawa. Ce qui est bon à prendre par les temps qu’ils nous font et qu’on se fait !

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Courez zaux Feux de la Rampe, elle vous y attend avec joie !

Camille Arman

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Les feux de la rampe

34 Rue Richer, 75009 Paris

01 42 46 26 19