Partages d’hiver

La première rencontre du 16 janvier a été un succès à en croire les mines réjouies!

Il y a eu des rires, des échanges, la galette sans son petit pot de beurre mais avec le cidre bien frais!

Je vous attends à nouveau le 5 mars autour du thème des blessures d’enfance et de mon livre Chrysalide. Vous pouvez potasser le sujet bien volontiers!

Voici la vidéo faite lors de sa sortie.

Le feu nous accompagnera sans doute encore!

Ne tardez pas à vous manifester pour l’organisation, j’en connais certain(e)s qui m’ont avoué ne pas avoir osé venir… mais qui auraient bien voulu!

A bientôt donc et portez vous!

Camille

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Camille for ever…

Bonjour à tous!

 

Voici la chro d’un spectacle à aller voir si vous aimez l’art, la vie …et Elle aussi.

 

« Camille, Camille, Camille »

Au Théâtre du Lucernaire (6ème)

 

 

Une vieille femme sur un banc. Belle, terrifiante. Elle nous regarde, nous fixe de ses yeux qui ont tout vu. Tout compris ! Au-delà des frontières de la raison.

 

Une autre, la statuaire dévastée. Dispersée près d’une valise. Ecartelée entre la vie et la vie. Entre la haine, la peur et l’oubli.

 

Une troisième, jeunesse allongée, dos nu gracieux, triangle de soie offert… à qui ?

 

A celui qui vient. Celui dont on ne cesse de parler. Présence, absence qui plombe. Au nom sans cesse prononcé. Cet homme-là n’a pas de prénom, c’est un artiste : « Rodin ». Deux syllabes modulées entre désir, désespoir et rejet. C’est par lui qu’elles existent. C’est pour lui qu’elle s’est enchainée. Pour lui ou pour l’art. Mais n’est-ce pas là le revers d’une même histoire ? Si et on le sait d’avance. Puisqu’on est venu pour Elle. Puisqu’on est venu pour elles, pour leur histoire. Pour son histoire superbement diffractée sur scène, superbement interprétée.

 

Camille-Claudel

 

 

Tendresse particulière pour la femme au banc et la fille aux rubans. Deux facettes d’une même ténacité. D’une hauteur d’âme qui ne veut rien lâcher.

 

La folle sait. Comme tous les fous. Déchirante, vibrante, ironique même, la folle connaît la fin de l’histoire : la belle n’ira pas danser, la bête l’aura dévorée après l’avoir possédée. On n’oubliera pas de sitôt son regard sur nous posé. La belle pressent, comme toutes les belles, le danger. Infernal dilemme entre passion et raison. La femme mûre, trahie, abandonnée, en est dévastée…

 

camille camille camille

Le destin est en marche, rien ne peut l’arrêter. Même si, un temps, miracle de la mise en scène, l’union entre les trois Camille semble se sceller.

 

Beauté du théâtre qui nous donne un espace où rêver à d’autres routes, d’autres sentiers que l’autoroute annoncée. Au seuil de la mort, la folle crie à la belle de s’éloigner du vautour. Mais écoute-t-on jamais celle qui sait ?

 

Comment prévenir ? Comment dire ? Qui, au creux de nous, peut entendre le message caché ?

 

Au-delà du cas « Camille Claudel » ces questions-là sont nôtres à jamais.

 

Merci mesdames de nous les mettre sous le nez. Merci pour la grâce et la passion de votre interprétation.

 

Je suis sûre qu’Elle aurait aimé.

 

Belle journée!

 

 

Camille Arman

 

A de Arman

Sans Arlette

Aiguiller (sans Arlette), donner de lointains conseils (de très très lointains de moins en moins…), écouter.

Puis..passer pour une extrémiste quand on ne fait que constater ..les faits !

Habitude habitude mais bon, si ça pouvait parfois s’arrêter ça ferait du bien au carrosse dans sa totalité !

 

Oui certes, il faudrait y mettre le papier cadeau et le ruban autour.

Sais pas faire quand  il y a urgence et qu’on s’attarde à regarder les vitrines d’un monde qui disparaît.

 

 

Y’en a un autre qui s’énerve et j’aime assez l’énergie les paroles le lieux le monsieur…cet aprèm on était au moins deux !

 

 

Camille

Demain, « La forme » désire La Ferté…

Bon, c’est pas l’tout, demain on reprend notre bâton de pèlerin, direction une adresse qu’on aime particulièrement, qui sait y faire avec les auteurs lors des séances de signature.

L’adresse…

La librairie Cyrano, fièrement représentée par une jeune femme du tonnerre, Clémence affichant toujours son joli sourire derrière son comptoir. Ça se passe à La Ferté sous Jouarres, 17 rue des Pelletiers de 15h à 19h

Ça me donne envie de livrer ces quelques lignes que voici:

 » Ne pas fuir, oser même quand tout déraisonne autour.
Continuer, tracer la route, le sillon depuis longtemps envisagé, contre vents et marées. Contre les doutes renvoyés par l’entourage, ne pas se fourvoyer. Donc écrire, vivre, aimer, tout est lié.
Et un jour enfin, publier. Par pour la gloriole : pour respirer. Trouver des voix communes, des échos à sensations, à émotions. Des amplificateurs afin de partager,de célébrer la vie au lieu de la mépriser… Et de passer à côté.

J’écris jour et nuit. Nécessité intérieure. Intensité dont je ne peux plus me passer et qui m’aide à affronter les absurdités extérieures déposées par de curieux cétacés sur mon cœur…
J’ai renoncé à comprendre. Je fore intérieur, à la recherche de la source enfouie de la vie. »

 

Et à nouveau le lien vers notre entretien enregistré récemment avec Sylvain concernant ‘La forme de mon désir » sur ‘Over & over » de Jean-Louis Murat. Jean-Claude Caillette nous a gâtés

Bon we et bienvenue à qui pourra faire un détour nous voir demain, vous pourrez lire l’article paru dans le journal « La Marne » cette semaine, il est à peine froissé, c’est notre manière de faire le buzz.

 

 

 

« La forme de mon Désir »

Notre éditeur étant apparemment en rupture, il vous faut passer, -quel drame n’est-ce pas?- par Sylvain et moi pour acquérir un exemplaire du livre, via ce blog ou nos pages facebook, en message personnel bien sûr.

chambre d'hopital

« Mais le délire le reprend dans sa danse des sept voiles…
Une femme entre dans une pièce vide où il repose. Elle est nue. Elle retire délicatement le lien qui nouait sa chevelure. Lent mouvement du respirateur. Cliquetis régulier d’un mécanisme usé dans la lumière tamisée. Des mèches folles tombent sur ses épaules, couvrant ses seins. Elle s’approche doucement. Il voit ses hanches, ses reins.
Elle ôte le drap, ultime rempart entre leurs corps. Ils se connaissent. Il ne peut avoir oublié ce lien d’or. »

A bientôt

Camille

Autre retour, pur nectar…

Un autre retour d’une autre lectrice… On vous attend messieurs, sans vous presser…

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« Votre écriture à-4-mains est un pur Voyage!
Nectars, senteurs, parfums, danses… parcours sensoriel, sensuel… les mots sont des portes et leurs sens des fenêtres sur un ailleurs, une expérience, belle aventure à deux, belle complicité …à suivre… j’aime

Rêve ou réalité ? Toucher ou être touché(e) ?
« La forme de mon désir  » donne l’occasion des voyages des sens qui laissent une empreinte… Merci Camille et Sylvain… car que reste-t-il d’autre qu’une empreinte au final ? (^_^) »

Catherine

La Forme de mon Désir

Bonjour, bonjour…

Nous sommes heureux Sylvain et moi-même de présenter ce nouveau roman écrit à 4 mains: « La forme de mon désir »…

Tout est dit ou presque dans le titre.

L’évènement est assez exceptionnel pour passer ce message en avant-première ce 1er lundi de l’été.

Ce roman est très important puisqu’il est une invitation au plaisir sous toutes ses formes. La sensualité y prend un place très importante, et les autres sens sont tous sollicités.

Ce roman parle d’amour, celui d’un homme, d’une femme, amour du vin, du pain, et des fruits de la Terre. Nous avons pris le temps de le maturer, justement comme un bon vin vieilli au fond d’une cave et qu’on aurait presque oublié pour révéler aujourd’hui toute son harmonie.

Présenté samedi 22 Juin au cours d’une séance de signature à la librairie « Cyrano » de la Ferté sous Jouarre, nous avons été enthousiasmés par l’accueil qui lui a été accordé.

Nous avons tenu à le rendre accessible en limitant son prix à 14€. Les frais d’expédition sont offerts à l’occasion de cette mise en avant, un bel été s’annonce.

Il suffit juste de nous passer commande par retour de ce message et, gourmandise suprême, d’en parler peut-être dans l’entourage à celles et ceux qui partagent ce goût pour la vraie vie. Nous leur accorderons les mêmes conditions à cette occasion.

Belle journée et à très bientôt, voici la couverture de ‘La forme de mon désir » en document joint…

…comme une mise en bouche…

couv La Forme de mon désir 07mm 17 mai 2013

A bientôt

Camille & Sylvain

Le Père Lachaise

Père Lachaise, demi soleil. Ce genre de décor romantique qui nous correspond si bien.

Où nous pourrions mourir en toute sérénité.

Longue déambulation entre les pierres. Rien ne presse, hormis le désir que nous avons l’un de l’autre, qui raidit imperceptiblement notre allure, nous donnant l’apparence de deux revenants.

Tu me demandes ce que je ferais si tu réapparaissais dans un an sous une autre forme. Je ne peux raisonnablement répondre: Demain n’existe pas, seul aujourd’hui importe.

Je n’ai pas envie de penser au jour où tu ne seras pas.

Camille Arman La PyramidePère Lachaise

Méditation du jour

Passez un peu de temps à lire cette page de Françoise Lefèvre, c’est foudroyant, c’est la littérature que j’aime. C’est mieux que de la littérature, c’est de la vie pur sang :

« J’ai souvent été agressée ou totalement ignorée par des gens aigris. Ce sont les mêmes qui ne se réjouissent jamais. Ni d’une naissance. Ni d’un bonheur qui vous arrive. Ni de
s progrès d’un enfant autiste. Ni surtout du livre qu’on vient de publier. Ils vous reprochent votre verve. Votre vie. Votre lyrisme. Très mauvais, le lyrisme. Et bien sûr ils sont écoeurés par votre érotisme « débridé ». Je pense qu’en d’autres temps on m’aurait enfermée. Je me souviens de l’odeur des cachots.

A l’opposé, c’est réconfortant d’être reconnue de son vivant, de toucher des êtres qu’on n’aurait jamais rencontrés et qui sont émus et vous le disent.C’est comme si cette violence qu’on se fait à soi-même pour écrire seulement une page trouvait enfin un écho. Alors on revoit défiler toutes ces saisons où l’on s’est empêchée de vivre. Combien d’après-midi ensoleillés derrière les volets ? Il y a tant de retrait, d’enfermement dans l’acte d’écrire que c’est étrange d’imaginer toutes ces pages ayant leur propre vie. Infusant à d’autres êtres une force bénéfique, alors que pour les écrire on s’est privée de tout.

On ne trompe pas l’écriture. On ne bafoue pas la page blanche. On ne peut pas tout au long d’un livre porter un masque et s’en tirer par une pirouette. Inventer une minable intrigue au moment où l’on allait dire l’essentiel. Et l’essentiel, c’est le désir. L’épouvantable désir. L’absence. Le vide. Le néant. Tout ce désir sans objet. Ce désir fou qui fait dire : « Je suis vivante. Je suis vivante ! » Mais il n’y a personne. Alors qu’on voudrait s’empaler sur un Dieu. Hier, dans la nuit, regardant les étoiles, j’aurais aimé me souvenir d’un amour. Je me disais que la fin de la vie ne pouvait conduire que sur une route aride et déserte. Jonchée d’amours mortes. Mieux vaut s’y préparer. J’aurais sans doute, au moment de ma mort, l’impression d’être blanche. Blanche de désirs avortés. Blanche de caresses non reçues. Blanche comme le nom de Blanche. Longtemps, j’ai pensé que l’écriture ne pouvait naître que dans une prison. Une forteresse. Il y a sans doute un cachot en moi. Je suis toujours ramenée à ce lieu de douleur. D’enfermement. Depuis quelque temps, je rêve d’une écriture blanche. Vide. Froide comme le marbre. Une écriture de constat. De registre. De greffier ou de médecin légiste. Une écriture sans passion. Une froide écriture vidée de son sang. De ses nerfs. Etincelante comme la neige sous une lune gelée. De justes mots glacés comme le diamant. Une blanche écriture comme les ossements blanchis au soleil. Une écriture de désert.

Mais voilà que grillent de chaudes tartines et me bouscule le museau des enfants tout saupoudré de chocolat râpé. Un air léger au piano s’échappe d’une fenêtre. Je m’interdis de penser que les heures présentes sonnent le glas. Enfants qui puisez et m’épuisez, comment ai-je pu vous mettre au monde ? De quelle moelle vous ai-je nourris pour que vous trouviez la force de courir, de rire, de rêver ? Parfois vous me rendez des bribes de ce que vous m’avez pris. Des brins d’herbe. Des boutons d’or. Des baisers. Mais vous ne me rendrez pas cette dent qui vient de tomber. Ni un ventre lisse. Je roule avec vous dans la prairie sous un ciel de nuages. Je suis amoureuse de la prairie. Ses herbes chantantes. Son bestiaire secret. Amoureuse du roulis des grandes berces sous le vent, de l’or vivant des blés. Pourquoi est-ce contre la terre que je retrouve un si grand apaisement et toutes mes forces ? Je ris avec vous dans le vent qui fait parler les arbres. Je voudrais que nos rires secouent les étoiles. Que nous fassions semblant d’être foudroyés par l’orage. Et riions d’être si vite ressuscités. »

Extrait du Petit Prince cannibale (Actes Sud, 1990)

Laborit et une petite fille…

« Je souhaite une culture faisant l’école buissonnière,

le nez barbouillé de confiture,

les cheveux en broussaille,

sans pli de pantalon

et cherchant à travers les taillis de l’imaginaire

le sentier du désir. »

Laborit

 

Je connais une petite fille qui ressemble à ça…

Et souhaite qu’elle continue de traverser la vie ainsi..

Un rêve sera accompli.