LE RETRAIT ET LA DANSE

Se défausser

Ne pas jouer à la marelle,

Hirondelle

Ne jamais être là où l’on se sent appelée

Victime assurée,

Victime assumée.

Le rôle est si connu

Si bien joué

Si cousu de fil gris

Minnie petite souris

A même le derme tricoté….

 

Décevoir pour ne pas être déçue

Cisaillée par mille couteaux de verre

Blesser qui vient vous secourir

Juste par habitude du pire

Juste par confort

Jouir d’être délaissée

Jouir de ne pas être aimée.

 

Alors….

Il est temps

De sortir de derrière l’arbre

Où l’on était cachée

Par habitude

Lassitude

Il est temps

D’entrer dans la ronde

Etre libre

D’être

L’enfant vivant

Celui que l’on n’a pu être

Dans la Vie d’avant

 

Mais aussi….

Rester dans le cocon

Tant que l’on est pas allé au bout

Du fil à dérouler

 

Mais aussi….

Descendre aux Enfers

Migration

Se laisser tomber dans nos profondeurs

Gouffres sans velours

Là où tout est resté englué,

Engrammé

Depuis des éternités

Des éthers mités

Laisser couler le flux des sangsues

Tournoyer avec nos peurs

Nos douleurs

Nos vertiges

Nos verticalités enchaînées

Transpercer les illusoires images

Mirages de carton

Que l’on a trop aimés

Conservés dans nos boîtes en fer blanc

Tout au fond d‘un grenier

Pas toucher, pas jeter!

 

Alors

Enfin

Au coeur du vide

Danser sans fin

Vahinés, derviches,

Transes singulières

Se laisser pétrir par l’air

Se laisser faire

Alors,

Terre et eau

Feu et air

Éther

Unis en nos êtres,

Renaître.

 

Camille Arman

WOMAN-HUMAN

Oh , il est des artistes que l’on croirait issues d’une même peau

Il est des mots qu’on croirait issus de son cerveau

Collapsus maximalus!!

Ecoute

Elle parle de toutes nos larmes, toutes nos guerres, toutes nos alarmes

Nos compassions, nos résiliences, nos alliances

Nos errances et nos résurrections….

 

Ecoute….

 

« But I’m the kind of woman

Mais je suis le genre de femme

 

That was built to last

Qui a été construite pour durer

 

They tried to erasing me

Ils ont essayé de m’effacer

 

But they couldn’t whip out my past

Mais ils n’ont pas pu effacer mon passé

 

To save my child

Pour sauver mon enfant

 

I’d rather go hungry

Je préfère mourir de faim

 

Got all these wounds that just won’t heal

J’ai toutes ces blessures qui ne guérissent pas

 

Inside of me

À l’intérieur de moi

 

And my blood flows

Et mon sang coule

 

Through every man

A travers chaque homme

 

In this godless land

Dans ce pays sans Dieu

 

That delivered me

Qui m’a délivré

 

I’ve cried so many tears even the blind can see

J’ai pleuré tant de larmes, même l’aveugle peut voir… »

 

Ecoute cette voix qui te parle de toi,

Toi, quelque part…

Oui, toi aussi l’ami !

 

Allez, au tableau, on traduit tout seul maintenant!

 

« I’ve been called a witch

I’ve crackled in the fire

I’ve died so many times….

I’d only just coming alive…… »

 

Staying alive a aaahhhh…

Alive.

Vivants.

Pour toujours.

 

Camille

P.O.L.

Un homme, une voix douce sur France Inter… Un qui semblait y croire. Un qui donnait envie.

L’Editeur de Charles Juliet, de Duras et de tant d’autres.

Un qui lisait seul les mauscrits. Ne comptait que sur son avis.

Un homme croisé lors d’un Salon du Livre, entouré, admiré. Alors attendre, trouver la brèche, aller enfin lui parler. Mais pas le  moment, énervé, sec, pas l’homme de la radio. Repartie moderato, le manuscrit sous le bras. Mama mia!

Il y a des rencontres qui ne se font pas… et pourtant des univers qui se frôlent, une sensibilité que l’on reconnait, comme un frémissement, « ça pourrait être toi ». Et puis pas le bon tempo, pas le bon endroit.

N’empêche que tu travaillais comme un artisan et j’aimais ça. Et tes livres blancs, toujours élégants.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19574814&cfilm=258281.html

Merci à vous.

A l’enfant en vous qui se repose maitenant.

 

Camillea-de-arman (2)

UNE EXCEPTION….

UNE exception, hier dans la cohue des empressés

Un Jared Leto en costard, sort de son isoloir

Vient rendre le trop perçu de monnaie rendue lors de la submersion des affamés.

Oh toi, passant au regard persan,

Si tu savais l’allumoir

Que tu as fait naître

Au coeur de cet éteignoir d’âmes et de feux !

Tu collectionnes sur ton plastron
Tous les galons de la séduction

Mais connais-tu le pouvoir

De tes yeux d’encore-enfant

23-05-531

Emerveillés par la force d’une probité, qui rejaillit en boucle

Et te couronne

Au milieu de l’allée atone

Des zens pressés.

J’ai vu naître sur ton visage

L’étonnement d’avant-hier,

Lorsque loin des costumes,

Des notices et des mortifères,

Tu regardais crapahuter

Un hanneton

Dans le jardin de ton grand-père.

J’ai vu l’enfant nu,

Loin des Honolulu et des somnifères,

Loin des postures et des stratégies,

Loin de ces rails, qui te mènent vers quel camp…

Une parcelle de vie et de lumière oubliée a refleuri en toi.

Arrose-la souvent.

 

Camille

Plein de joie!

Plein de joie de larmes et de rires

Plein de vie amassée

Coquillages sur la plage

Courbée de froid

 

Plein de chaleur au coeur

D’anciens enfants délaissés

Qui ne savent plus que donner

Donner, donner…….

 

 

Vive le vent, l’air étoilé d’amour

Qui ces jours m’ont nourrie !

 

Camille

 

 

Pacifier

On me dit : Tu y vas fort !

A force, tu vas lasser !

Il faut faire du lissé…

Du lissé ?

Est-ce que j’ai lissé quoi que ce soit depuis que j’ai eu conscience de « tout ça  » ?

Non !

Aurais-je eu un meilleur taux de survie certifié NF (comme une bonne vache laitière!)

En ce monde du silence qu’on bâtissait pour une enfant-poupée ?

Enfants décoratifs

Enfants passifs

Pacifiés

Gavés de riz

Ahuris.

Ne pas parler

Pas si fier…

Dans le cerveau, quelques neurones se rencontrent encore

Du fond de la purée de médiocre et onctueuse bienveillance qu’ils y ont déposé

En toute bonne conscience bien calibrée.

Depuis l’hôpital brutal

Plus jamais arrêté

Avec quelques ratés

Quelques erreurs de parcours non balisé

Normal.

Quand on marche sans boussole

On se prend parfois les pieds dans… ce que vous voulez !

Alors lisser ?

Lisser quoi, lisser qui ?

Pas le moment! Surtout pas!

Prenez soin de vous !

Camille Arman

Un truc style…

Un truc style espoir,

Un truc style faut pas désespérer tant qu’il y a de bonnes personnes sur le pont du navire,

Un truc style s’il n’en reste qu’un…

 

http://www.staragora.com/news/le-singe-s-approche-de-la-dame-agee-et-a-ce-geste-extraordinaire-d-humanite/477755

 

Un truc style merde ça pourrait être si bien !

Un truc style « Ôde à la tomate »

 

Je relaie les superbes voeux d’Ariane Mnouchkine…

Ils trouvent leur place naturelle dans ce post.

Si facile de désespérer, si aisé…

 

« Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens,

À l’aube de cette année 2014, je vous souhaite beaucoup de bonheur.

Une fois dit ça… qu’ai-je dit? Que souhaité-je vraiment ?

Je m’explique :

Je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier.

D’abord fuir la peste de cette tristesse gluante, que par tombereaux entiers, tous les jours, on déverse sur nous, cette vase venimeuse, faite de haine de soi, de haine de l’autre, de méfiance de tout le monde, de ressentiments passifs et contagieux, d’amertumes stériles, de hargnes persécutoires.

Fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur.

Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers.

Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“

Je crois que j’ose parler de la démocratie.

Etre consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout.

Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance.

L’Etat, en l’occurrence, c’est nous.

Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence.

Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres.

Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.

Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entrainera et entraine déjà ceux qui s’y confrontent. Comme les poètes qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments. Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.

Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.

Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une œuvre, faite de mille œuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants.

Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère.

Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.

Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici
Ariane Mnouchkine »

 

 

Oui il faut du courage pour inverser la vapeur Madame, nous n’en manquons pas.

Tant que nous respirons sur cette terre il est de notre devoir de participer à cet élan vital.

Loin du tout détruire, tout consommer, tout  pour « moi moi moi….. »

Néant, néant, néant.

 

Bon, j’ai une soupe qui m’attend !

 

Prenez soin de vous !

 

mon médecin m’dit

Mon médecin m’dit : Ah mon écrivain favori, les gens vont mal, vous l’voyez vous aussi ?
Les gens sont tristes , désorientés, préalablement usés…ils sont gentils, pour la plupart, mais ne supportent plus cette vie…

J’lui dis : Trop de dollars, d’Airbus hors de prix pour les nantis, d’Avidas dollars…Trop de crise pour les petits…

I’m dit : Trop d’iphones, de Nike, de tentations cons…

J’lui dis : Faudrait débrancher toutes les télés, virer les pubs qui font baver, faudrait parler…

I’m’dit : Heureusement les enfants rient encore !

J’suis dis : Oui, ils sont les plus forts, Rousseau avait pas menti !

On se serre la main, on se sourit. Son Voltaire assoupi en perd un ressort…

SAINT-EX

Ma petite 3ème…C’est comme les enfants, au début on dit non pas pour moi, ensuite, plus y’en a plus on rit….Enfin…Si !

« Bon, me voilà, solide et tendre. Calme et patiente. C’est tout moi.

Je suis ferme sur mes bases, mes assises sont nickel, sans un éclat. J’ai décidé de rester là, quoi qu’il arrive, quoi que tu décides. Je suis invulnérable. Tu peux remuer, gesticuler, me servir tes palabres à la noix, tes arguments de basse-cour, je ne lâcherai rien, je ne lâcherai pas… »

Alors si vous aimez, vous cliquez sur le bandeau en haut de la nouvelle, sinon ça ne se comptabilise pas..
Voici le lien :

http://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/saint-ex-n201156.html

Dépeçage

Marcher seul
Pas vraiment au pas
Se faire donc des ennemis
Recueillir les lazzis
De ceux qui aiment marcher droit.

Sur le chemin
Prendre des mains
Laisser se desserrer les liens
Quand la fatigue vient
La terre est trop ronde
Pour des souffles courts

Tenir la profondeur
Même si on vous traite de crétin
Surtout si on vous traite crétin
De tous ces noms qu’ils n’auront jamais, eux,
« Les gens bien » remplis de rigidicodes,
Qui s’évaluent à la taille de leurs plus-values

Tenir
Ecouter la voix claire de l’enfant qui ne renonçait pas à être, même sous les crachats
Etre la voix de ceux que l’on dépèce pour l’usage de quelques rois.