Arrêtons (tontaine!)

Préambule: Au coeur de toute cette campagne politicienne, saturation face à ces éternels jeux et ressassements qui viennent enfler notre quotidien d’une indigeste pâtée et donc prise de plume instantanée… qui suivra son cours…

 

Arrêtons de passer notre temps devant des écrans (télés, tablettes, ordinateurs…)où une sempiternelle galerie de clowns sinistres(politiciens, journalistes) dissertent sur nos vies à venir, nous remplissent de haines et de peurs, de tremblements et de stupeur, abrégeant nos joies, stoppant nos élans, brisant nos en-vies, distillant une froideur à l’intérieur de ce qu’il nous reste encore de coeur palpitant!

Arrêtons de dire qu’on aime l’autre uniquement le jour de son enterrement.

Arrêtons de dire qu’on aime l’autre juste parce qu’il a fière allure, une belle gueule, un bel habit, de la puissance, de l’entregent. Aimons-le aussi malade, faible, pauvre, vulnérable, vomissant, vieillissant.

Arrêtons de faire semblant de vivre, d’aimer, de parler, d’employer des mots qu’on ne pense pas, de sourire des sourires qui ne sourient pas, d’être sempiternellement hors de soi, de maltraiter l’amour et l’amitié, de nous prostituer pour quelques billets, de feinter toujours, pour épater qui, à la fin du parcours?

Nos selfies grotesques orneront nos suaires tels des masques de Carnaval dégoulinant de creams repulpantes et restrusturantes mêlées de crachats et de larmes.Nos os calcinés se riront de nos liftings. Nos mensonges retomberont en neige noire sur nos candeurs d’enfants.

 

Camille Arman, un jour de janvier de l’an de grâce ..de grâce!..deux-mille dix-sept.

 

Merci Khalil !

 

 

A la suite d’un divorce  lointain qui éloigne un bambin ou lorsqu’une adolescente part soudain, le sourire aux lèvres, il me revient ce poème bien heureusement inscrit en mon sein.

« Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

(Khalil Gibran, extrait du recueil Le Prophète)        

Merci Khalil de me faire arc ce soir.

Camille                                                                         

 

 

Le syndrome du Playmobil

 

syndrome-playmobil

ÉLODIE POUX : LE SYNDROME DU PLAYMOBIL

Si vous avez été instit de maternelle, dame de cantine, animateur de centres aérés

Si vous avez été mère au bac à sable, déliquescente à souhait, rongeant son frein des heures durant devant les seaux, les pelles et les toboggans,

Spectateurs effondrés de spectacles pour enfants désolants, (les spectacles s’entend… quoique!)

Victime collatérale de chats « trop mignons » ou d’enfants zadorables,

Célibataire endurcie à l’horloge biologique clapotante,

Ou tout simplement sensible à un humour sans principe de précaution,

Si vous aimez quand le spectacle se joue aussi dans la salle,

Vous aimerez Élodie Poux et sa verve impitoyable, ses costumes bariolés, ses mimiques « comme si on y était » (dans la cour d’école, à la plage, sur le banc du jardin public…).

Elle possède un abattage étonnant, une énergie manifeste, une palette de personnages bien timbrés. Bref, vous passerez une heure à rire quasi sans arrêt, ce qui est bon pour le foie, la rate et l’estomac, comme dirait le bon docteur Osakawa. Ce qui est bon à prendre par les temps qu’ils nous font et qu’on se fait !

elodie-poux

Courez zaux Feux de la Rampe, elle vous y attend avec joie !

Camille Arman

a-de-arman (2)

 

 

 

 

 

 

Les feux de la rampe

34 Rue Richer, 75009 Paris

01 42 46 26 19

L’A 380 et l’écriture

L’écriture est une pratique qui aime le calme et le silence. Presque le retrait.

Il y a des coïncidences qui font que l’on fait ce que l’on ne pensait plus devoir faire, juste parce qu’on a un peu décalé l’angle de vision de « pourquoi on le fait ».

Oui il est vain à mon sens d’arguer contre le manque de lecteurs (et patati et patata…) Suicidez-vous donc avec une plume d’oie que vous n’avez plus, que vous n’avez pas, si le désespoir vous étreint de tant de malveillance d’injustices d’époque etc….

Une fois qu’on a dit ça on marine dans son foie (ou sa bile, ça dépend des cas!).

Soit écrire fait bander, soit ça fait pas.

Si pas, pas la peine de continuer.

Ces radicalités je me les applique en premier lieu quand mes scrogneugneux me dévastent la paroi!

Donc j’écris dans le silence et le bruit des réacteurs de ceux qui s’envolent vers un ailleurs dont on espère qu’ils reviendront grandis sinon ça sert à rien DU TOUT de partir si loin pour revenir aussi con qu’on est parti!A380

Et au rythme où les A 380 passent au-dessus de ma tête en ces périodes de printemps et de ponts et de billets dégriffés hors périodes scolaires (vous avez voulu des enfants, dansez en rond autour du foyer maintenant!) ça va nous faire un paquet d’êtres de lumière qui vont nous revenir sur le tarmac dans peu de temps!

Donc j’écris et irai voir sur les bords de Marne dimanche  à Château-Thierry si j’y suis. Sous une tente blanche sans faire la manche ni alpaguer le passant -qui est là pour passer, lui!  En prenant un max de bon temps et en laissant la vie couler, telle la rivière émeraude que j’aime tant.

Tant mieux si je vous y croise!

a-de-arman (2)

Camille

 

La Fontaine aux livres à Château-Thierry de 10 à 18h, le long des bords de Marne on peut pas louper!

 

« L’homme aux loups » ou nos peurs sous cape

L’HOMME AUX LOUPS

D’après le conte d’Anne Jonas

 

l'homme aux loup affiche

 

Devant la porte colorée, des enfants arrivent, accompagnés de leurs parents, grands-parents.

Comme un sentiment de retour en terrain connu et derrière la tête, devant leur impatience secrète, cette sérénade interrompue « Vont-ils aimer, vont-ils aimer ? »

 

Pour nous faire patienter, un thé, un café puis on s’installe sur des bancs, parents, enfants, grands-parents, coussins multicolores pour nos fessiers… Quelle chance, quelle redécouverte que de voir leurs yeux s’allumer sitôt le pied posé dans la salle. La magie s’installe… pour ne plus s’arrêter !

l'homme aux loup trone

Un trône, un violoncelle, un écran et nous voilà partis ! A partir de maintenant, plus que des enfants…

 

Un doux roi, une douce reine, l’amour, la vie partagée, ô gué ô gué… et puis, l’apparition. La mort menace… Alors le bien, le mal, soudain tout se confond. Tempête dans le tréfonds des cœurs, déchirure de l’âme d’un seul qui se répercute sur tout un royaume, tout va de guingois. La peur a imposé sa loi. Un roi fou de douleur, les loups sont ses serviteurs. Seule une vieille femme veille à préserver la foi.

l'homme aux loup violoncelle

Spectacle de pure prouesse et ravissement. Sur un texte de satin, la cape du Roi Irawen s’étend, yeux de loups égarés, métaphore de tous les aveuglements. Un regard juste inversé sur l’autre et hop, le déferlement !

 

Ce qui est superbe avec ce spectacle c’est qu’il peut être reçu par le cœur et l’intellect. Par l’enfant en nous et le « grand », qui veut quelque chose de solide à se mettre sous la dent ! (c’est que les loups, c’est un peu nous aussi, parfois, nan ? )

 

Les enfants, nombreux ce jour, sont rentrés à fond dans l’imaginaire du conte, très fort parfois… Lors de la magnifique scène de Boromée, ma préférée si simple et si chargée à la fois, une métaphore visuelle de toute beauté, j’ai surpris un enfant à mimer l’ombre enchanteresse, quasi déesse…

 

Saluons la belle présence en scène de Xavier Clion, aussi crédible en doux Roi qu’en persécuteur, la performance de Béatrice Vincent, comédienne aux multiples visages et multiples voix, et meneuse d’ombres, un théâtre entier à elle seule ! Sans oublier. Elisabeth Ulric au violoncelle qui ponctue élégamment du son et de la voix ce conte ciselé fort à propos pour nos temps d’effroi….

 

Moralité : ils ont aimé, ils ont aimé !

 

Ils ont été conviés à voir l’envers du décor, à voir que le méchant n’est pas tout à fait méchant et même pas du tout, qu’il a expliqué tout son personnage à l’enfant troublé…

Merci pour cet accueil, ces sourires, cette disponibilité d’après le spectacle aussi !

 

Alors sortons de nos terriers, courrons au Centre Mandapa (Rue Wurtz, dans le 13ème à Paris) affronter nos peurs, toujours quelque poussière d’or en restera !

 

 

Camille Arman

a-de-arman (2)

Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

Michel Onfray, tant qu’il peut encore dire… tant qu’on peut encore lire ce genre de chose…pas rose fuchsia, mais son constat s’impose depuis tellement d’années déjà !

 

« J’ai été professeur pendant vingt ans, j’ai vu de vieux enseignants qui prenaient leur retraite et les nouveaux arrivants qui les remplaçaient… et j’ai constaté leur inculture. C’est normal d’être un peu inculte quand on arrive aussi jeune, mais ils n’avaient même pas lu les classiques!

Or il faut commencer par là: on peut faire l’économie du dernier Houellebecq ou du dernier Onfray, il vaut mieux avoir lu un Malebranche! Les gens qui lisent aujourd’hui sont très peu nombreux. Alors qu’on passe en moyenne trois heures cinquante minutes par jour devant la télévision…

Et quand on regarde la liste des best-sellers, qu’est-ce qui se vend? Le prochain bouquin de Valérie Trierweiler, ou bien les Mémoires de Basile Boli. Et pendant ce temps, Yves Bonnefoy vend 300 exemplaires! Alors qu’on pense à lui pour La Pléiade, pour le prix Nobel de littérature. Et on est 65 millions d’habitants? Qu’est-ce que ça veut dire? »  

 

 

« Quand les enfants ne lisent pas, quand l’école ne leur transmet pas cette culture, et qu’à la place on les met devant la télévision, on renonce à les éduquer. Car un cerveau qui ne se concentre pas ne se concentrera jamais. »

 

Cherchons l’erreur Michel, cherchons l’erreur…

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/michel-onfray-balance-sur-houellebecq-et-angot_

 

 

Version femme

Voilà, je l’ai fait, Marie Flo !

Passer de l’écrit à l’oral n’est guère évident…

Forte émotion

Surtout pour ce texte-là.

L’interprétation d’un texte par autrui met une distance salvatrice entre soi et « ce qui en est sorti »…. celle-ci est annulée lorsque l’on devient son propre récitant.

Une sorte de mise à nue dont je ne vois que les failles.

Mais puisqu’il s’agit d’aller au bout du geste qui a présidé à la création… Allons-y, dansons !