Loca-Terre

Respecter la terre,

Changer nos modes de consommation,

Nos comportements,

Se détacher du « Faire » à tout prix,

Oser regarder la Vie,

Cesser le gâchis à tous niveaux

Gâchis de contacts,

Surconsommation d’autrui,

Puis

Indifférence, oubli, négligence.

 

Toujours plus plus plus

De nourriture, de distractions, d’habits….

Revenir à plus de simplicité, d’humilité.

Ralentir enfin….

 

Se rappeler:

« Je sais qu’il faudra moins nous abîmer, qu’il faudra moins l’abîmer…. »

Juste des:

Loca-Terre….

« Protégeons la vie qui nous a portés jusqu’ici… »

Loca-Terre

 

Portez-vous!

 

Camille Arman

OMBRE ET LUMIERE

 

Qui mieux que lui incarne à la fois la lumière la plus totale…

… et les mirages de l’ombre qui la rongent si souvent….

L’être humain dans toute sa beauté, sa folie, sa complexité….

Cette chanson de 1996 est terriblement « actuelle »:  révolte, dégoût, rebellion…

et éternelle: génuflexion, tendresse, abandon…..

 

 

Portez-vous!

 

Camille

Populaire Locataire

Je me rends compte combien Téléphone et particulièrement Jean-Louis Aubert sont toujours populaires et repris par les jeunes générations de musiciens…

De l’illustrissime Bombe humaine à Argent trop cher en passant par Cendrillon et ce magnifique Les plages, si actuel.

Tant de gamins tournent le dos à leur mère, tendent la main et partent prendre d’assaut un bateau qui les mènera vers un Eldorado d’autant plus fou qu’il aura été fantasmé…

Et pour eux le Paradis c’est Ici…

Et pendant qu’elle flambe sous les plastiques et loustics de tous ordres, que les poissons agonisent dans tous les ruisseaux de France et d’ailleurs, un appel, un rappel. Vingt ans déjà….:

« Protégeons la Vie qui nous a portés jusqu’ici… Je sais qu’il faudra moins nous abimer, qu’il faudra moins L’abîmer…… »

Loca-terre (1989…………………………………………)

 

Et pour tous ceux qui se sentent -parfois, souvent-orphelin d’un ange… Le superbe:

 

Bella notte!

 

Camille

REVISITATION DE LA SCENE PRECEDENTE

Aujourd’hui, les petites dames trépignantes, je les prends dans mes bras.

Leur impatience fut mienne : tant désiré que la scène se termine!

Pas arrivée à les englober dans une sphère assez douce pour calmer leur anxiété.

Contaminée.

La queue des affamés s’allongeait et rien ne bougeait. Elles restaient sur la place-forte, conquérantes d’un jour de cinquante centimètres carrés VIP sur un étal de marché hagard.

Leur exaspération a transpercé ma frêle quiétude du moment dans ce hangar glacé.

Toute une histoire de rejet des lieux néonés et blafards « déshumanisés », peuplés d’hommes et de femmes défilant en rangs serrés, a reflué en ma mémoire, en mes veines à nu.

Pas pu m’extirper de ces visions.

Pas pu infuser dans ce lieu, avec ces êtres-là, à cette heure-là, assez de calme intérieur.

Submergée par les injonctions, les impatiences qui me ramenaient vers d’autres Ailleurs, d’autres heurts du temps passé. Cris, hurlements en saturation dans mes tympans.

Les visages s’amollissaient en grimaçants caramels mous, laids à pleurer. Je n’entendais plus les sons, non, juste leurs visages grimaçants sous mon nez. Ils coulaient telle une glu et se déversaient sur moi en un torrent de reproches et de « Schnell !! » en fusion…

Ordres contradictoires, confusion.

Pas pu maîtriser l’étouffement, l’oppression de la gorge. Et les masques qui scandent en canon : « Schnell !! », schnell!! Tête qui tourne, caramels qui ruissellent, expansion des sourires en coin, ricanements de cours d’école, « t’as vu la nouvelle ?! »….et toutes les cascades de rire en pagaille, submergée… Rejet de « qui n’est pas comme », « assimilé à ».

Dans l’instant, je suis juive, gitane, tzigane, musicienne, homosexuelle….où est l’étoile jaune, dites-moi ? Où est le camps des différents? Où est le camps des hors-la-loi ? Images, images , oiseau en cage…Tout déboule dans ma tête, submerge mes bras, fait trembler mes mains, frêle cathédrale, jambes friables…

La tête tourne de plus en plus, le sens se perd, Quoi faire ? Arrêter les flots, le navire se casse sur les glaces du dérisoire. Ça hurle « non, non » dans ma tête, « pas ça, c’est si bête… » et en face, tout dit « oui oui oui, on veut ça, on veut ci et puis non encore ça, et c’est pas fini !!.. » ça piaille, ça se contredit, ça surenchérit… ça ne finira pas, non, cette insatisfaction infinie, ça ne finira donc jamais cette mise à mort, ce jeu où tout se joue sur les non-dits, les non-regards. Et la file s’allonge et elles ne décollent pas de leur potentat… La place est conquise, autant en profiter.

Tout bascule, je perds pied l’espace de quelques secondes. J’ai collapsé dans un monde où la morve et les crachats déroulent leur tapis, à-priori et patati. L’espace de quelques secondes,  l’immonde avait repris le pouvoir, j’étais encagée de désespoir, femme violée au Mali, cerf traqué dans un cinq mètres carrés, terrorisée….

Elles n’ont rien su de cela, les pauvrettes, elles ont juste vu une ombre se déplacer sur mes traits, mes mains vaciller un temps dans l’espace, entre deux gestes suspendues, et puis Jared est arrivé.

Il était là, attendait aussi. Depuis toujours, depuis le début. Disons qu’il est entré dans ma vie à l’instant où je basculais trop loin, mon regard a décrampé des grands-mères pour me poser sur le sien et là.…

Lac de Côme en plein midi, pâleur d’opale, j’atterris dans ces yeux, y reprends vie. Ils me portent, m’insufflent le souffle qui manquait, libèrent mes poumons et mes poignets… La légèreté regagne mon coeur, j’expire une tonne de poison violent..Il ne sait rien, il a faim comme tous les autres. Il a faim comme tous ces gens repus qui pourraient tenir un siège de cent ans mais il a faim élégamment. Il a faim, terriblement faim de rien, de l’air du temps. Il a faim d’une pause dans le morose des choses. Il a faim et s’achète un croissant pour poser un acte sur son creux au ventre…Je lui donnerais toutes les viennoiseries si je le pouvais.

En réalité, je les lui donne toutes et IL LE SAIT. Et, de concentrés, voire soucieux, ses traits se détendent aussi et c’est presque malgré lui qu’un sourire rapte ses lèvres…

C’est là tout l’étonnant de la chose. Il ne s’attendait pas à « ça ». Il avait  juste envie d’un croissant. Mais ses yeux avaient décidé d’envoyer plus de lumière que le contraste exigé par l’atmosphère, sans demander son avis. Son sourire avait besoin de naître, il était trop à l’étroit dans sa fenêtre, au risque d’y geler, ankylosé d’ennui… Il a étiré le coin de ses lèvres comme on déplie une soie froissée. Et tout a pris sa place et tout autour s’est agrandi.

L’espace a expiré un « Merci ».

Surpris autant que moi, Jared, il était. Nous n’avons rien « compris », juste vécu quelques secondes de vie densifiée, pris dans une bulle d’humanité immense, au coeur même du désastre annoncé. Et cette bulle a crevé les masques jaunâtres des dépitées.

Je remercie aujourd’hui les grands-mères impatientes: sans elles, pas d’éclaircie.

 

Carpe nuitem rallongem!

 

Camille

 

Air du Temps

Par temps d’orage,

Un vieil air qui sent le neuf…

 

« Insensible au passé
Invisible au radar »

Le big kiff,

Oh yeah!

 

« Quelle idée d’enfer
Quelle idée d’enfermer tout
Tout ce qui existe en nous… »

Quelle idée de ne pas « Nous » reconnaître et de « Nous » vivre, oui!

 

Prenez soin de votre  belle Humanité!

Camille

 

 

 

 

 

 

Métamorphoses

MÉTAMORPHOSES

d’après OVIDE et les CONTES D’OVIDE

de Ted Hughes.

 

 

Vous qui entrez dans ce théâtre, abandonnez toutes vos références d’étudiants, latinistes (ou pas), abandonnez toute attente, laissez à la porte vos jugements -vous serez libres de les reprendre (ou pas) – en quittant la salle… et ouvrez grands vos yeux, vos oreilles, laissez-vous embarquer dans ces contes tragiques et cruels, reflets de l’orgueil et des passions humaines qui déchirent et écartèlent toutes prémices de vie hors de leurs sentiers.

 

Trois mythes fondateurs nous sont proposés, les acteurs, virtuoses, composent magistralement la ribambelle de personnages  qui les attendent avec leurs frasques leurs outrances, leur tendresse blessée, leur haine, leur naïveté leurs ressentiments. J’en passe et des meilleurs… Le tout dans une langue revivifiée par Ted Hughes, poète anglais et accessoirement mari de Sylvia Plath, la non moins talentueuse poétesse, diariste, nouvelliste, soit dit en passant…

 

Il faut oser, oui il faut oser incorporer Joe Dassin, Jean-Jacques Goldman et Niagara, à ces histoires de feu et d’acier, aller jusqu’à l’excès pour rencontrer une évidence, tailler dans la chair pour souligner l’absurdité de vanités humaines prêtes à se mutiler pour assouvir une faim dévorante…Personnellement, j’ai adoré ce décalage, cette somptueuse dérision, les musiciens-chanteurs-acteurs y ont  déployé royalement leurs talents…

 

 

Oui, nous pouvons être remués par les images ahurissantes que nous renvoient ces miroirs grossissants. Oui, nous sommes atteints dans le tréfonds de nos noirceurs, de nos rancœurs agglomérées toujours prêtes à appuyer sur la gâchette. Prêtes à tout pour ne pas céder une once à « l ’ennemi », celui qui nous révèle trop clairement à nous-mêmes. Flash aveuglant, déstructurant.

 

Alors, prêts pour un décapage ensorcelant ?

Courrez au Théâtre de l’Acquarium du 1er au 26 mars 2017

 

 

 

 

Valjean, la Chro

valjean

 

Une table, un encrier, un paravent.

Dans ce décor, un homme se confesse, un homme se raconte. Un homme se repent.

Reprend en main son histoire se l’accapare, se l’incorpore. Corps à corps ruisselant.

Cet homme c’est Jean Valjean, c’est Le Père Madeleine, c’est Fauchelevent. C’est le maire, le forçat, l’homme respecté, le paria.

C’est la foudre, la force et la haine. C’est la douleur, l’amour et la foi.

C’est ici magnifiquement retracé par Christophe Delessart, le parcours de vérité d’un homme entravé. Entravé par ses  liens de fers, par les liens du passé. La pauvreté en héritage, transmutée en élan vers la sainteté.

Ce beau monologue suit crescendo les différentes métamorphoses du personnage central du roman de Hugo. Des cris de haine, de colère, jusqu’à la lente prise de conscience vers le chemin du bien. Cette voie du cœur qui parvient à faire doucement son œuvre, à creuser patiemment son sillon au creux d’un égout, d’un tribunal ou d’une barricade… face à un ange, une fille des rues ou un vautour.

Tous les lieux, tous les êtres sont bons pour s’accorder avec son âme. En nous faisant partager avec tant de force et de sensibilité -l’une et l’autre, bien sûr, sont ici alliées- cette trajectoire humaine, valjean-2Christophe Delessart nous raccorde à la nôtre… si tant est que nous l’ayons oubliée au détour de quelques gargotes, ou bien froissée sur quelques pavés mouillés!

 

Vous aurez compris… courez-y!

a-la-folie-theatre

 

A La Folie Théâtre – 6, rue de la Folie Méricourt – 75011 Paris
Renseignements et / ou réservations    Tél.: 01 43 55 14 80

Du jeudi 15 septembre 2016 au jeudi 19 janvier 2017, les jeudis à 19h

 

En attendant, continuez à vous porter bene!

 

Camillea-de-arman (2)

Cioran Entretien

On y va par un beau soir de printemps. On a en tête quelques lignes du Maître qui commencent à dater. On n’a pas envie de morosité. On s’assoit. Le décor, un bistrot comme on aime, un lieu chaleureux. Quelques tables, un café crème, un endroit propice où échanger. Où s’épancher.

Cioran atalante avril 2016

 

La serveuse a quelques livres de Cioran étalés sur le comptoir (oui, cela semble difficile à croire mais qui sait, qui sait si « quelque part » une telle figure n’a pu, ne pourrait exister ? On se prend à rêver une fan de Montaigne, un autre de Baudelaire, par-delà les villes disséminés dans des estaminets…). Elle semble les connaître par cœur, elle les a annotés et interroge l’homme de lettres  attablé. Au fil du temps, elle lui demande quelques éclaircissements, relève des aphorismes, sourit, plaisante, sert, dessert, mélancolise soudain, cou de cygne sur coin de table.

 

Le propos est plaisant, décapant, le philosophe se raccrochant toujours à un sourire naissant afin de chasser les menaces d’un océan de colère qui passe non loin des zones côtières. Une complicité les lie visiblement, elle entoure doucement les deux comédiens de son halo. C’est elle qui va débusquer des secrets, des images d’enfance, creusets d’une pensée en acte d’une liberté jamais oubliée dans les montagnes de Roumanie, non loin des bergers… pas d’horaires, miracle de la guerre qui ouvre parfois des parenthèses inespérées à des enfants qui la vivent alors comme un vaste espace de jeu, loin des enjeux des « grands ».

 

Espace inoublié, années après années…Tout le reste à vivre en apnée

 

Alors, puisque rien n’a de sens puisque tout s’est enfui, un autre univers peut advenir, celui de la poésie. Un univers définitif face au relatif de la vie humaine qui se débat dans ses contradictions ses compromissions, ses abandons si finement scruté par l’œil aux aguets.

 

Alors et alors seulement alors, le vide, séparé de l’ennui par une membrane fine comme un mur de béton, surgit devant nous comme révélation du bon, de l’absolu vers lequel tendre, sans se pendre. Sans se bâillonner sous le joug d’une quelconque religion…

 

Miracle de la pensée bien cadencée bien pesée, passée sous le sceau de la solitude et de l’insomnie.

 

Oui on cogite. Oui on réfléchit avec lui. Oui on le suit dans ses méandres. Oui on applaudit à ce bain de fraîcheur essentiel à nos neurones affamés d’esprit et de clarté. A cet espace où se déploie une pure humanité dans toutes ses nuances les plus contradictoires.

 

Un spectacle jubilatoire d’où l’on ressort plus intelligent !

 

Camille Arman

a-de-arman (2)

Malaise

Malaise, je sens comme un malaise après ces appels aux terrasses, un verre de bière à la main..

Oui cela m’est arrivé …Rarement, avouons-le, je préfère un jus de fruit  et les moelleuses banquettes de l’intérieur, je ne supporte pas la fumée envoyée à qui mieux mieux dans les narines….

Malaise oui, malaise, je ne supporte pas ces appels en masse, c’est dans mes cellules, ça se hérisse tout de suite, ça me hérisse ces appels identitaires ces mouvements exemplaires ces actes de bravoure une fois le  feu éclaté … ces effets de manche des professionnels de la profession, ces bons côtés de l’aversion…

J’y perçois un relent de pas très clair, comment analyser…un truc qui donnerait un peu envie de vomir, comme une récupération de fin de banquet…

Cela me tourne et me retourne depuis les faits, ça me cogne le coeur, me prend à la gorge me fait me relever la nuit…On ne prend pas les choses par le bon bout, faire la fête  yes , ça va bien cinq minutes, mais après?

On va pas être comme des hamster autour de leur rouet à se fermer les écoutilles sur ce qui nous est donné à voir. On va pas répéter les mêmes actes  comme des automates, on va se servir de nos cerveaux. On va se poser, arrêter de jouer dans un monde de Caliméros.

Et être humain, à chaque coin de notre quartier. Ici, maintenant.

S’il faut être présent, c’est dans les collèges et les lycées où depuis plus de vingt ans la violence ne cesse de croître , on appelle ça « actes d’incivilités » et on remet les couvercle dessus car le proviseur a une carrière à défendre « rien ne doit se passer dans mon établissement! rien à voir, gérer votre classe, circulez!! »  Et de replonger dans Le Monde, surtout ne plus être dérangé! Cocotte minute refermée sur des enseignants  » de terrain »exténués (que d’alcoolisme, de dépressions, de départs de jeunes diplômés atterrés, de vitres brisées, de pneus crevés , d’insultes de…) sur  des personnes compétentes malmenées, chaque jour chaque année un peu plus… déconsidérées et démunies, lassées, éreintées..Sur des instances protégées, uniquement soucieuses de leur avancement et de leur sortie au plus vite par le haut échelon du bordel ambiant.

J’ai assistée à cette chute de l’Education Nationale durant quasiment vingt-cinq années. Je suis partie avant de finir comme un steak haché.On a dépossédé volontairement les enseignants, on les a pris pour des benêts, on les a rabaissés, on les a karcherisés, on a réduits les effectifs, les moyens… tout comme les infirmières, alors après ne pas venir se plaindre qu’il y a des trous gros comme mon poing dans le gilet républicain!!!

Hypocrites discours politiques, je vous hais!

S’il faut être présent, c’est auprès de ces jeunes et moins jeunes, leur parler autrement qu’à des bandits…il fut un temps où mon ami corse, un grand brun bouclé , se faisait régulièrement contrôler aux Halles, je parle d’un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, délit de faciès déjà… Il aurait pu tourner parano, il était doux comme un agneau….

Marre de se fier aux apparences, ne parlons pas des délits en cols blanc, d’autres s’en occupent mieux que moi….

Je n’ai jamais trop « fait la fête » la fête sur commande et sur injonction m’ennuie. Je suis plutôt du genre fleurettes et grands espaces, plutôt liberté, liberté chérie. Alors au nom de cette liberté, je ne vais pas surjouer ce que je suis…et ne vais donc rien changer à mon rythme de vie.

Ecrire est un tempo humble, sans strass, je le comprends encore mieux aujourd’hui, parce que j’y reviens comme à une source pure au milieu de l’étouffoir, comme à un drapeau aux couleurs de l’espoir, l’espoir fou  le miracle d’être simplement humain.Nécessité vitale, après chaque coups à l’estomac, retour vers cette simplicité là.

Vivre selon l’inspir du moment et ne pas obéir aux mots d’ordre, même les plus « gentils »!

Portez-vous bien petits nuages!

 

Camille

a-de-arman (2)

13 novembre, 11ème, Paris: juste le bon Boulevard

Hier soir, avec l’amie,
On a juste choisi le bon Boulevard….
Une image m’obsède encore,
Les sourires aux terrasses.
Aujourd’hui, tant besoin de silence.
Ne plus entendre le cri des ambulances
Qui déchire la nuit.
Et à chaque respir
Prier.
Pour eux,
Pour tous
Pour l’Humanité.
 a-de-arman (2)
Camille

We call it love

We call it love ce chant déchirant de mère submergée de douleur et de silence

We call it love cette danse entre deux qui ne devraient pas…

s’aimer

We call it love cette danse d’acteurs dans les allées

Ce cortège funèbre et doux susurré

We call it love ce mélange de feulements et de cris

« Lorsque la pluie est tombée on a tous été mouillés »

De vents inquiétants et de craquements secs comme une vie

Cou cou pée

We call it love ce refus de la haine  légitime

Ce pardon qui émerge de la prière

« Il n’y a que l’impardonnable qui puisse être pardonné »

Il n’y a que les victimes qui puissent rebâtir

Il n’y a que la vie qui puisse ressurgir du ventre de la mère endeuillée pour hurler:

« Aime  »

Aime-le comme ton fils en humanité, cet homme de champs et de sorgho,

Son meurtrier…

Beauté.

We call it love ce chant plein, peuplé de halètements, de vents mauvais et de  magie

Toute cette pièce baigne dans une atmosphère de dignité et de sacré dont on ressort grandi…

Un peu plus humain, oui.

Merci à Carole, Hervé, Eliane, Michael et Denis.Denis Mpunga

 

a-de-arman (2)

Retour vers le Futur

Pendant le stage de silence, cette chanson enfouie revenue…

1981 Des espoirs et une dame superbe qui dit les mots qui échotisent si bien en moi…

Voici prélevées quelques pépites, histoire de vous préparer les zoreilles

« Je suis allée au Nord, je suis allée au Sud
Je suis allée à l’Est, je suis allée à l’Ouest
Je suis allée si bas, je ne pensais plus monter
Je suis allée si haut, je ne pensais plus tomber »

Top top pile poil, aux armes etc….

« Des moments où j’croyais avoir tout compris
Et le matin suivant ne plus comprendre rien »

Retop repile repoil!!!

J’ai vu des gens promettre des monts et merveilles
Avec un cœur si dur comme un vieux tas de pierres
Et d’autres qui jamais ne m’avaient rien promis
Qui m’ont offert la grâce qui purifie (hey!) »

Vavavoum yeah!!

Achtung, pour les puristes: le son et la mise en image sont un peu pourris mais on est là pour l’émotion , non ??? et puis Valérie est canon!!

C’est les années 80 , man, femme jusqu’au bout des…ah non celle-là, faut plus me la faire!!

un p’tit rab en passant:

une autre qui auréole ce qui n’est que passage vers d’autres univers encore mal connus…

Portez-vous…. gnagnagna!!!

Camille

LA SEULE REPONSE

Laisse aller c’est une valse

Laisse pisser le mérinos

Atchoumer le rhinocéros

Se laisser aller à qui de soi

A qui de droit.

 

Fuir le Hardy’s naufrage

Terni le visage d’une idole des sixties

Aigrie

Peur de la mort n’excuse pas tout

Vivre sur son nuage loin de toute contingence

Aisance immense

Dédaigneuse apparence

Où  est  la joie, où est  le don?

 

Et puis ce matin le destin qui fracasse des zaisés,

Qui s’envoyaient en l’air en Argentine

Jeu entre richissimes, certes, mais

Pourquoi certains nous touchent plus que d’autres?

Parce que écho au coeur

 

Parce que fille rebelle qui fait écho

Une Flo sur les flots

Refrain fluet

Désuet

Rigolo

Si rien face aux vagues au fracas de l’Atlantique

Si rien face aux nuits sans sommeil

Si rien face aux forces de l’intérieur…

 

Et l’autre, Camille, nageuse acharnée, seize bornes chaque jour dans l’eau chlorée….

Faut tenir faut être cinglée faut…..

Chapeau!

Et ce jeune boxeur

Et…

 

Pas qu’eux oui plein de gens tués ce jour

Flammes d’humanité.

 

Vivre est la seule réponse

Vivre pleinement sa vie

 

A cueillir….

 

Ce matin dans le jardin,

Un oiseau émerveillé chantait.

Il est

De cette vie

Aussi.

A préserver.

 

 

Portez-vous, prenez soin!

 

Camille Arman

a-de-arman (2)

 

 

 

I have a dream

Contre tous les pisse-vinaigre de la récup, tous les retourneurs de veste de tous horizons, les manipulateurs de peurs.

Les rêveurs et l’amour ont raison.

Toujours.

 

« Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance, j’affirme ma foi dans l’avenir de l’humanité.Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent l’homme à ce point captif de la nuit, que l’aurore de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.

Je crois que la vérité et l’amour, sans conditions, auront le dernier mot effectivement. La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort. Je crois fermement qu’il reste l’espoir d’un matin radieux, je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi.

Chaque homme pourra s’asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et plus personne n’aura plus de raison d’avoir peur. »


Extrait du discours de Martin Luther King (1924-1968), lors de sa remise du prix Nobel de la paix, 1964.

 

Camille, sous son figuier.

Retour vers le futur…

 

Oh que j’aime cet homme !

 

Sortir de l’idéologie du gagner plus pour écraser plus!

Revaloriser l’éducation (ouf!)

Prendre conscience de la non-séparation

Agir ensemble en coopérant ensemble…

Echanger, partager, recycler

 

Aller vers la fin du profit et de la concentration des pouvoirs….

Penser le long terme.

 

Utopie ? Peut-être pas !

On y croit!

 

 

A de Arman

Hippocrate

Bonjour à tous !

 

Allez voir le joli film « Hippocrate », sorti il y a peu et encore présent dans nos villes, coincé entre K et M, Z et JUHN.

Allez le voir, si vous le pouvez, car il nous parle de cette humanité qu’il s’agit de sauvegarder dans les lieux les plus… les moins….

Il nous parle de ce qui se barre.

Partout. Dans les écoles, les services, les hôpitaux…

Il nous parle de ceux qui osent, s’opposent, agissent, guidés par une autre loi que celle de la rentabilité.

Il nous parle de nous.

Comme tout ce qui est bon et beau… et bon.

Et beau.

 

Portez-vous bien!

A bientôt!

 

Camille

 

A de Arman

Privilégiés

UNE PETITE FILLE PRIVILEGIEE

 

On est privilégié parce qu’on a droit à un traitement spécial en général.

On est privilégié parce qu’on est loin de la souffrance et des affres du quotidien qui étreint, qui éteint les autres.

On est privilégiée quand on est fille,  lorsqu’on porte de belles robes et de longs cheveux blonds.

Y’a-t-il un privilège quelconque à être arrêtée à pratiquement neuf ans avec sa mère, son père ayant été fait prisonnier en Allemagne

Y’a-t-il un privilège à connaître la lente dégringolade de l’humain, trainée de camps en camps, de  vexations infimes en humiliations violentes

Y’a-t-il un privilège à être rasée, dévorée par les poux et patauger dans la neige ou les excréments

Y’a-t-il un privilège à voir un petit copain partir vers la carbonisation planifiée

Y’a-t-il un privilège…

 

Et si au final, oui. Et si on en sortait grandie, mûrie, en avance d’une, de mille histoires ?

Et si de Bergen-Belsen à Drancy qui me parle tant, en passant par Pithiviers et La Rochefoucauld en sautant les cases de ce monstrueux jeu de l’oie, on creusait sa vie de l’intérieur, on en touchait l’os suprême ?

Tout a été lu, tout a été dit sur les camps et la Shoah. D’Anne Frank à Primo Levi, d’Etty Hillesum à Jorge Semprun. Peu a été joué avec autant d’intensité. Magali Hélias sert à merveille le personnage de Francine, parcourant toute la gamme des émotions, celles gravées sur son front, celles emprisonnées dans ses mains. Passant de la tendresse à la colère envers cette mère qui ne cesse de la protéger. A laquelle elle ne cesse de réclamer… à manger.

Pris par son jeu, tour à tour lovés avec elle en position fœtale, malades, heureux, pouilleux… oui, en tant que spectateurs, nous avons été privilégiés…

 

Camille Arman

 

Une petite fille privilégiée de Francine Christophe avec Magali Hélias, mise en scène de Philippe Hottier.

Au Théâtre du Lucernaire du 5 mars au 26 Avril 2014, du mardi au samedi à 18h30.

Prenez soin de vous !

Cadeau d’anniversaire, juste pour vous…

Bonjour, il y a 4 ans, presque jour pour jour, un 1er article prenait vie sur cette page.

J’ai souhaité dresser un style de bilan, même si c’est pas vraiment ça, juste quelques réflexions sur le chemin parcouru, après quatre livres, et toutes les petites choses de la vie. Ça méritait une vidéo, n’est-ce pas?

C’est la première que nous mettons en ligne nous même, elle est toute chaude, pas arrangée, pas mixée, sans musique ni générique. Brute de décoffrage donc. Mais il y a l’essentiel et pour moi ça veut dire beaucoup, même si c’est un détail pour d’autres…

Voici le lien  http://www.dailymotion.com/video/x16l42i_camille-arman-29-oct-2013_webcam

Belle journée

Camille

« Il y a une vie après les nouilles… »

« Je suis fils de pauvre et la philosophie m’a sauvé. »

Quand des parallèles vous parlent à l’oreille, tout bas….

Vivre dans un phalanstère où chacun donnerait ce qu’il a de mieux à donner…

Rêve d’une autre, ou d’une nouvelle, humanité…

« Le pire et le meilleur… »

« Eteins ton livre, il est tard
Bientôt cette injonction entrera dans le dictionnaire de la vie quotidienne des parents
> Journal numérique

Le livre va-t-il mourir ? Les librairies vont-elles disparaître ? Les larmes d’éléphant versées sur ces cadavres annoncés sont définitivement suspectes. Ne craignez rien, nous mourrons avant et les pleureuses aussi. Ces questions ne se posent pas en ces termes mais elles sont assez spectaculaires pour qu’elles circulent ainsi. Les librairies, moins on les fréquente plus on s’inquiète pour leur santé. Les livres, moins on en lit, plus on en parle avec inquiétude.

Non, le livre ne mourra pas, tant qu’il y aura encore, sur terre, une frange de population attirée par cet objet incongru : un texte long. Je dis un texte long, pas un texte intéressant, car si un paramètre reste immuable, c’est celui de la segmentation du marché en trois parts parfaitement inégales où le quanti couche souvent avec le quali. Les gros lecteurs (ils fondent), les non-lecteurs (ils grossissent) et les moyens lecteurs (ils stagnent).

1/ Les gros lecteurs se refugient dans les livres en papier ? Faux
Première contre-vérité : les gros lecteurs sont l’avenir des librairies. Le gros lecteur, c’est, dans les études sur les pratiques culturelles, cette vingtaine de % de la population qui lirait plus de 20livres par an. A leur sujet, trois remarques. La première c’est que cette famille hétéroclite est systématiquement gonflée de la même façon que l’électorat du FN est sous-estimé dans les sondages. La seconde, c’est qu’on les trouve moins en librairie qu’en bibliothèque et la troisième c’est que ce sont ceux qui sont le moins sensibles au support.

Normal, ce qu’ils veulent, c’est lire. Posséder une bibliothèque n’est pas leur obsession. Ce n’est plus un signe de quoi que ce soit pour qui que ce soit, d’ailleurs. Si un outil existe, plus léger qu’un livre papier qui leur permet de transporter la pile qui traîne sur leur table de nuit, ils l’adopteront et ce sont eux qui, les premiers, se sont jetés sur les tablettes et les liseuses. Les gros lecteurs, même sur-représentés, nous rappelent qu’un livre, c’est deux choses : un auteur qui écrit et un lecteur qui le lit. Peu leur importent le support et le canal de vente.

2/ les vieux boudent les livres électroniques ? Faux
Encore une contre-vérité flagrante. On savait déjà que les baby-boomers n’étaient pas hermétiques aux nouvelles technologies, qu’ils s’y étaient mis avec la lenteur d’un diesel mais qu’une fois qu’ils acquièrent un outil, ils labourent le monde avec. Ils ont des blogs, s’inscrivent sur Facebook pour surveiller leurs petits-enfants, font des photos avec leurs téléphones et nous bourrent les nôtres en nous les envoyant, mais on pouvait penser qu’ils passeraient à côté des ebooks.

Minoritairement encore mais déjà significativement, ils ont commencé à acquérir des liseuses pour une raison simple : c’est enfin un produit qui pense à eux, qui permet de grossir les caractères ! Ce que résume le spécialiste ès seniors Serge Guérin : “Cela montre que les seniors ne se situent pas hors de la modernité. Ils sont assez technophiles dès lors qu’ils en voient les avantages. Face aux technologies de communication, la fracture est – comme souvent – plus sociale et culturelle que générationnelle.”

Deux études, citées par l’excellent site actualitte.com, avancent même qu’il y aurait plus de possesseurs de liseuses chez les plus de 55 ans que chez les 18-24ans. Logique : “La grande différence avec les générations plus jeunes tient au fait que les seniors privilégient les usages, se centrent sur des axes qui leur paraissent utiles directement. Ils se situent moins dans la recherche de nouveautés, dans le survol des applications au profit d’une utilisation assez rationnelle et directement inscrite dans des pratiques quotidiennes.”

3/Tous les ebooks se ressemblent, au fond. Faux
La presse adore les bancs d’essai mais ne comptez pas sur nous pour ça, il n’y a pas marqué la Fnac. Lorsqu’ils jouent aux catalogues, les journaux ne prennent pas de grands risques éditoriaux mais ils passent souvent à côté de l’essentiel. Passons sur les prix, les marques, les options (touch ou pas touch, couleur ou noir et blanc, Kindle ou Kobo, iPad ou concurrents) et concentrons-nous sur l’essentiel.

Il y a simplement deux types de supports de lecture d’ebooks : d’un côté les tablettes (iPad d’Apple et autres clones) et de l’autre les liseuses (kindle d’Amazon et autres clones). Les tablettes ne servent pas qu’à lire, contrairement pour l’instant aux liseuses, mais une autre différence les éloigne. Les tablettes sont rétro-éclairées, comme les écrans d’ordinateurs, tandis que les liseuses fonctionnent avec de l’encre électronique, ce qui rapproche de la vision qu’on a d’une page sur papier.

Plus concrètement : les liseuses permettent de lire au soleil mais pas dans le noir et les tablettes permettent de lire dans le noir mais pas au soleil. Un choix délicat, c’est vrai, mais moins que celui de choisir entre le dernier Guillaume Musso et le prochain Marc Levy.

4/ on lit moins qu’avant. Vrai mais faux
Vous rigolez ?! On ne lit pas moins, on lit plus, mais on lit atomisé, tout et n’importe quoi.On ne s’informe pas moins, on consomme plus de signes, de messages… Seule différence avec le passé, le commun des mortels est incapable de trier, de hiérarchiser, de choisir, d’éliminer, et les intermédiaires (les médias) ont été dépassés, plombés bien plus par le panurgisme et la connivence que par le piratage. On paye toujours par où on a péché.

En fait, lire n’est juste plus synonyme de presse ni de livre. On ne cherche plus à acquérir le savoir mais on cherche à savoir où trouver l’information.

L’humanité aurait d’ailleurs produit plus d’information au cours des deux dernières années qu’au cours de toute son histoire. Cette donnée laisse évidemment songeur et c’est dans ce contexte qu’il faut donc poser la question : le livre en papier va-t-il mourir ? Non, mais le livre n’a plus rien de sacré. Dans trente ans, on les manipulera peut-être comme de vieux vinyles.

5/ Le livre en papier va disparaitre ?Faux
La réponse est non. Il deviendra au fil des décennies un produit de moins en moins usité, concurrencé par sa version numérique. On les trouvera dans les librairies qui auront survécu et dans les bibliothèques publiques. Survécu à quoi ? A la concurrence de la vente en ligne (10% du marché en France, trois fois plus aux USA), à la hausse des loyers, à la baisse de la demande, à la hausse de l’offre et à l’uniformisation des best-sellers, souvent médiocres, souvent piratés, souvent interchangeables.

Lorsque les derniers survivants des générations “paper native” auront été enterrés, se posera la question de la survie non pas d’un support, mais d’une culture, une certaine idée du choix, des références, du mode de consommation autour desquels ils – nous – se sont construits. Nous sommes nés avec deux ou trois chaînes en noir et blanc qui n’émettaient que lorsque nous étions de retour de l’école et nos parents du travail. Pour le reste, il y avait les journaux, les magazines, la radio et les livres. Ils étaient là pour nous instruire et nous informer. La distraction, c’était la fonction de la télévision, l’information, celle de la radio et de la presse.

Or, ces fonctions sont désormais communes à tous ces médias. Plus encore, ces médias ont un support commun, Internet. Sur écran fixe, mobile ou tablette.
Le cinéma, la télévision sont consommés à la demande, la musique a été dématérialisée, le livre était le dernier à résister. Sa chaîne restait protégée. Auteur, éditeur, libraire, lecteur. Jusqu’à quand ?

6/ Le livre est peu piraté ? vrai mais faux
Les livres sont moins piratés que les films et la musique mais cette bonne nouvelle en cache une mauvaise : c’est parce qu’on cherche moins avidement à lire sans les acheter les dernières parutions que les derniers navets cinématographiques. Les dernières études françaises montrent grosso modo que pour un téléchargement légal d’un livre, il y a un téléchargement pirate, mais que 1% seulement de l’offre légale est accessible aux pirates, soit 3 à 4000 titres. Best-sellers : les livres informatiques et la BD. Qu’on trouve souvent Gilles Deleuze parmi les auteurs piratés ne doit pas cacher la réalité : les pirates sont surtout des geeks et des adolescents boutonneux.

Contre le piratage, aucune frontière technologique n’est sérieusement imaginable. Par contre, une adaptation du prix du livre numérique serait plus efficace. Si les ebooks coûtaient environ 50% du prix du livre papier, le chiffre d’affaires du secteur serait protégé. Logique, se dit-on : un livre électronique ne coûte rien à imprimer (10% de son prix de vente), rien à distribuer (55% de son prix de vente). Mais demander à un éditeur d’envisager une telle baisse est psychologiquement inimaginable pour l’heure. Les éditeurs ont toujours eu un rapport, comment dire, compliqué, à l’argent.

7/ Les librairies vont mourir ? Presque vrai
Oui, la majorité d’entre elles auront disparu d’ici une quinzaine d’années, transformées en enseignes de fringues, de téléphonie mobile ou en guichets bancaires. Les librairies n’ont jamais été très rentables, mais elles sont clairement passées dans le rouge, à l’exception des meilleures d’entre elles, c’est-à-dire celles dont la taille et les livres proposés sont en adéquation avec leur zone de chalandise. C’est le B-A-BA du commerce, direz-vous. Mais ça n’est pas celui du commerce du livre. La loi sur le prix unique (loi Lang, 1981) a longtemps protégé les plus petites face aux Fnac mais c’est désormais insuffisant. Ce qu’on appelle “l’office” leur ôte toute marge de manoeuvre.

L’office, c’est cette quasi-obligation qu’elles ont de mettre en vente ce que leur proposent les éditeurs. Leur seule possibilité est de renvoyer ce stock au bout de trois mois. Entretemps, ils ont assuré la trésorerie des éditeurs. Les librairies qui refusent l’office s’en sortent mieux dès lors qu’elles savent adapter leurs commandes (tant en termes quanti que quali) à leur clientèle, mais il faut du doigté.

Ces dernières années, les librairies ont encaissé le choc de la vente en ligne qui représente déjà 10% du marché en France (trois à quatre fois plus aux USA), celui de la hausse des loyers et enfin celui de la baisse du nombre de lecteurs (-2% par an) et vient désormais la concurrence des livres électroniques (moins de 2% du marché français, 10% du marché US) pour le commerce desquels elles n’ont aucun rôle à jouer.

8/ Les editeurs vont disparaitre ? Non
Non, mais leur métier va muter. L’auto-édition, qui permet sur le papier, si j’ose dire, à l’auteur de se passer d’intermédiaire pour publier son livre a de l’avenir. D’abord parce qu’Internet permet de contourner les médias en tant que prescripteurs, les libraires en tant que distributeurs et les éditeurs en tant que sélectionneurs. L’auteur peut ainsi envisager de toucher non plus 10 mais 50% ou plus du CA de son livre. Un doux rêve.

Dans les années à venir, on entendra souvent parler d’auteurs qui auront transformé leur prose en best-sellers électroniques mais si ces success stories seront très médiatisées, elles resteront rares. L’autro-édition est dans une large mesure le futur miroir aux alouettes des détenteurs de manuscrits impubliables.

9/ and the winner is… Amazon.
Incontestablement. C’est devenu le premier libraire du monde. Son fonds est exhaustif, sa livraison rapide est garantie et pour contourner la loi sur le prix fixe, l’enseigne offre désormais simultanément aux clients les nouveautés au prix établi ou les mêmes titres présentés comme d’occasion à un prix plus faible. Qui dit mieux ?

10/ A quoi ressemblera le livre de demain ?
A un fichier numérique, comme tout ce qu’on consomme désormais. Avec une possibilité très forte, qui existe déjà en test ici ou là : la possibilité de commenter les livres qu’on lit. On n’aurait pas imaginé il y a dix ans que les articles seraient passés à peine mis en ligne à la moulinette de leurs lecteurs. On n’aurait pas imaginé que les commentaires prendraient presque le dessus sur l’objet commenté. Alors, comment imaginer aujourd’hui qu’il n’en sera pas de même pour les livres ? On passera de la chaîne du livre (auteur, éditeur, libraire, lecteur) au réseau du livre (textes, auteurs, lecteurs) pour le meilleur et pour le pire, comme toujours. »

Par Pierre-Louis Rozynès.

Pour tout, pour rien….

Partout je n’entends plus que :
Compression de personnel,
Plan social,
Rentabilité,
Déshumanisation de toute « transaction » commerciale…
Trop de temps passé à faire autre chose
Que ce que ferait un robot muet..
« Ca rapporte pas.. »
Pas assez..
(encore que… s’ils refaisaient leurs calculs..)
Toujours plus
Jusqu’au grand fossé..

Cela a été dit et redit,
Mais je le redis ici.
Parce que merde, quoi !
On n’est pas né pour ça !
Et qu’il est bon de ne pas l’oublier…