Loca-Terre

Respecter la terre,

Changer nos modes de consommation,

Nos comportements,

Se détacher du « Faire » à tout prix,

Oser regarder la Vie,

Cesser le gâchis à tous niveaux

Gâchis de contacts,

Surconsommation d’autrui,

Puis

Indifférence, oubli, négligence.

 

Toujours plus plus plus

De nourriture, de distractions, d’habits….

Revenir à plus de simplicité, d’humilité.

Ralentir enfin….

 

Se rappeler:

« Je sais qu’il faudra moins nous abîmer, qu’il faudra moins l’abîmer…. »

Juste des:

Loca-Terre….

« Protégeons la vie qui nous a portés jusqu’ici… »

Loca-Terre

 

Portez-vous!

 

Camille Arman

OMBRE ET LUMIERE

 

Qui mieux que lui incarne à la fois la lumière la plus totale…

… et les mirages de l’ombre qui la rongent si souvent….

L’être humain dans toute sa beauté, sa folie, sa complexité….

Cette chanson de 1996 est terriblement « actuelle »:  révolte, dégoût, rebellion…

et éternelle: génuflexion, tendresse, abandon…..

 

 

Portez-vous!

 

Camille

Populaire Locataire

Je me rends compte combien Téléphone et particulièrement Jean-Louis Aubert sont toujours populaires et repris par les jeunes générations de musiciens…

De l’illustrissime Bombe humaine à Argent trop cher en passant par Cendrillon et ce magnifique Les plages, si actuel.

Tant de gamins tournent le dos à leur mère, tendent la main et partent prendre d’assaut un bateau qui les mènera vers un Eldorado d’autant plus fou qu’il aura été fantasmé…

Et pour eux le Paradis c’est Ici…

Et pendant qu’elle flambe sous les plastiques et loustics de tous ordres, que les poissons agonisent dans tous les ruisseaux de France et d’ailleurs, un appel, un rappel. Vingt ans déjà….:

« Protégeons la Vie qui nous a portés jusqu’ici… Je sais qu’il faudra moins nous abimer, qu’il faudra moins L’abîmer…… »

Loca-terre (1989…………………………………………)

 

Et pour tous ceux qui se sentent -parfois, souvent-orphelin d’un ange… Le superbe:

 

Bella notte!

 

Camille

REVISITATION DE LA SCENE PRECEDENTE

Aujourd’hui, les petites dames trépignantes, je les prends dans mes bras.

Leur impatience fut mienne : tant désiré que la scène se termine!

Pas arrivée à les englober dans une sphère assez douce pour calmer leur anxiété.

Contaminée.

La queue des affamés s’allongeait et rien ne bougeait. Elles restaient sur la place-forte, conquérantes d’un jour de cinquante centimètres carrés VIP sur un étal de marché hagard.

Leur exaspération a transpercé ma frêle quiétude du moment dans ce hangar glacé.

Toute une histoire de rejet des lieux néonés et blafards « déshumanisés », peuplés d’hommes et de femmes défilant en rangs serrés, a reflué en ma mémoire, en mes veines à nu.

Pas pu m’extirper de ces visions.

Pas pu infuser dans ce lieu, avec ces êtres-là, à cette heure-là, assez de calme intérieur.

Submergée par les injonctions, les impatiences qui me ramenaient vers d’autres Ailleurs, d’autres heurts du temps passé. Cris, hurlements en saturation dans mes tympans.

Les visages s’amollissaient en grimaçants caramels mous, laids à pleurer. Je n’entendais plus les sons, non, juste leurs visages grimaçants sous mon nez. Ils coulaient telle une glu et se déversaient sur moi en un torrent de reproches et de « Schnell !! » en fusion…

Ordres contradictoires, confusion.

Pas pu maîtriser l’étouffement, l’oppression de la gorge. Et les masques qui scandent en canon : « Schnell !! », schnell!! Tête qui tourne, caramels qui ruissellent, expansion des sourires en coin, ricanements de cours d’école, « t’as vu la nouvelle ?! »….et toutes les cascades de rire en pagaille, submergée… Rejet de « qui n’est pas comme », « assimilé à ».

Dans l’instant, je suis juive, gitane, tzigane, musicienne, homosexuelle….où est l’étoile jaune, dites-moi ? Où est le camps des différents? Où est le camps des hors-la-loi ? Images, images , oiseau en cage…Tout déboule dans ma tête, submerge mes bras, fait trembler mes mains, frêle cathédrale, jambes friables…

La tête tourne de plus en plus, le sens se perd, Quoi faire ? Arrêter les flots, le navire se casse sur les glaces du dérisoire. Ça hurle « non, non » dans ma tête, « pas ça, c’est si bête… » et en face, tout dit « oui oui oui, on veut ça, on veut ci et puis non encore ça, et c’est pas fini !!.. » ça piaille, ça se contredit, ça surenchérit… ça ne finira pas, non, cette insatisfaction infinie, ça ne finira donc jamais cette mise à mort, ce jeu où tout se joue sur les non-dits, les non-regards. Et la file s’allonge et elles ne décollent pas de leur potentat… La place est conquise, autant en profiter.

Tout bascule, je perds pied l’espace de quelques secondes. J’ai collapsé dans un monde où la morve et les crachats déroulent leur tapis, à-priori et patati. L’espace de quelques secondes,  l’immonde avait repris le pouvoir, j’étais encagée de désespoir, femme violée au Mali, cerf traqué dans un cinq mètres carrés, terrorisée….

Elles n’ont rien su de cela, les pauvrettes, elles ont juste vu une ombre se déplacer sur mes traits, mes mains vaciller un temps dans l’espace, entre deux gestes suspendues, et puis Jared est arrivé.

Il était là, attendait aussi. Depuis toujours, depuis le début. Disons qu’il est entré dans ma vie à l’instant où je basculais trop loin, mon regard a décrampé des grands-mères pour me poser sur le sien et là.…

Lac de Côme en plein midi, pâleur d’opale, j’atterris dans ces yeux, y reprends vie. Ils me portent, m’insufflent le souffle qui manquait, libèrent mes poumons et mes poignets… La légèreté regagne mon coeur, j’expire une tonne de poison violent..Il ne sait rien, il a faim comme tous les autres. Il a faim comme tous ces gens repus qui pourraient tenir un siège de cent ans mais il a faim élégamment. Il a faim, terriblement faim de rien, de l’air du temps. Il a faim d’une pause dans le morose des choses. Il a faim et s’achète un croissant pour poser un acte sur son creux au ventre…Je lui donnerais toutes les viennoiseries si je le pouvais.

En réalité, je les lui donne toutes et IL LE SAIT. Et, de concentrés, voire soucieux, ses traits se détendent aussi et c’est presque malgré lui qu’un sourire rapte ses lèvres…

C’est là tout l’étonnant de la chose. Il ne s’attendait pas à « ça ». Il avait  juste envie d’un croissant. Mais ses yeux avaient décidé d’envoyer plus de lumière que le contraste exigé par l’atmosphère, sans demander son avis. Son sourire avait besoin de naître, il était trop à l’étroit dans sa fenêtre, au risque d’y geler, ankylosé d’ennui… Il a étiré le coin de ses lèvres comme on déplie une soie froissée. Et tout a pris sa place et tout autour s’est agrandi.

L’espace a expiré un « Merci ».

Surpris autant que moi, Jared, il était. Nous n’avons rien « compris », juste vécu quelques secondes de vie densifiée, pris dans une bulle d’humanité immense, au coeur même du désastre annoncé. Et cette bulle a crevé les masques jaunâtres des dépitées.

Je remercie aujourd’hui les grands-mères impatientes: sans elles, pas d’éclaircie.

 

Carpe nuitem rallongem!

 

Camille

 

Air du Temps

Par temps d’orage,

Un vieil air qui sent le neuf…

 

« Insensible au passé
Invisible au radar »

Le big kiff,

Oh yeah!

 

« Quelle idée d’enfer
Quelle idée d’enfermer tout
Tout ce qui existe en nous… »

Quelle idée de ne pas « Nous » reconnaître et de « Nous » vivre, oui!

 

Prenez soin de votre  belle Humanité!

Camille