In your eyes…

always always  always always  always  always  always  always  always  always………………………………………………………………………………………………………….

La face lumineuse de l’être humain célébrée ici:

 

« I see the doorway to a thousand churches

In your eyes

The resolution of all the fruitless searches

In your eyes… »

ad lib as you like….

 

L’Amour Premier permet ce miracle… rare.

A la base de toute Vie vraiment Vécue.

 

Je nous souhaite de le vivre pleinement

Sans peur ni reniement.

 

Camille

 

 

 

 

 

 

LA DOULEUR

LA DOULEUR

Superbe, forcément superbe, ce film.

Elle, irréelle, dédoublée.

A l’intérieur, écartelée.

Elle, lumière et mystère.

Silence et secret.

Tout cacher de ses sentiments émergents.

De ses bascules dans les aléas du temps.

Fumer, boire.

Regarder les autres vivre.

Déambuler, déambuler, déambuler.

Attendre, attendre, attendre.

On ne sait plus quoi ni qui.

Attendre un fantôme devenu ennemi.

Attendre la fin de l’attente

Attendre la délivrance intérieure

Attendre comme on meurt.

Plus rien au bout que le dégoût.

De tout.

Plus faim de la faim de vivre des autres

Leur faim qui ne lui dit plus rien du tout

Qui ne concerne même plus son ventre

Absente.

Elle se laisserait bien mourir, là.

Dormir d’attendre l’improbable retour de ceux qui ne reviennent plus.

Elle se laisserait bien dormir, bien enivrer, bien mourir, s’Il ne veillait pas sur l’amour.

Lui, le confident, l’ami qui tamponne les tempes qui battent du sang qui ne s’exporte plus hors des veines. Qui battent du sang de la déveine, de la prison, de cette déambulation incessante en soi-même. De cette ronde sur les remparts de la raison, de cette ronde folle, éperdue, qui tue.

Lui qui toujours regarde, toujours observe. Toujours prévient, toujours étreint.

Toujours.

L’absent s’éloigne, fantomatique carcasse aléatoire, diffractée en sa mémoire à elle. La mer avalera son hologramme…

L’omniprésent s’insinue en des voies secrètes, la vie reflue.

Aller voir Mélanie incarner de tout son être Marguerite, aller voir Benjamin vibrer Dyonis, aller voir Benoît façonner l’étrange séduction mélancolique d’un ange déchu.

Les jeux de lumière et d’ombre, les dédoublements d’Elle, rendent si magnifiquement hommage à son écriture qu’on en est envoûté. Ces atmosphères brumeuses n’appartiennent plus à la rue mais aux ruelles de sa mémoire, irriguée par des vagues de fumées transitoires..

Et puis leur joie aux autres, aux libérés, toute cette joie, ces couleurs qui ne l’atteignent pas. Qui n’atteignent pas le peuple perdu des attendants, des espérants d’amour. Ceux qui y croient encore, ceux pour qui le réel mentira toujours.

Ce film autour de Marguerite Duras et de l’attente du retour de son mari des camps est magnifique, il nous entraîne dans les recoins et les abîmes de cette douleur muette qui transpire hors de la pellicule et vous prend aux tripes.

Magnifique, dit-elle.

Camille

L’ESPRIT-MATIERE

Aller vers son être. Vibrer sa note particulière, oeuvrer, créer et si c’était le « but » extrême de toute vie?

Faire basculer les parts d’ombres vers le cercle de Lumière…

Aux flammes et caetera.

Il n’y a pas de »résumé » possible à ce spectacle intense autour de la pensée de Teilhard de Chardin, juste des résonances dans la vie de chacun, qui se mesurent au silence plein entourant le clap de fin.

Immense présence des deux artistes, Brigitte Damiens (une classe royale!) et Eric Auvray, lors de ces échanges de haute volée dans ce petit bijou de théâtre comme on les aime tant. Tous ces lieux qui ne tiennent que par le coeur au creux de Paris, non loin de cette Seine qui charrie les passions… Merci à vous aussi qui pulsez la vie!

Chères ondes vibratoires, courez-y!

Théâtre de Nesles , 8 rue de Nesles, Paris 6ème.

01 46 34 61 04

du 30 janvier au 24 mars 2018, mardis à 19h et samedis à 16h.

Que retenir de 2017 ? (faut-il retenir quelque chose?) ou lettre d’amour à R.

Que retenir de 2017 ?

(faut-il retenir quelque chose?)

ou lettre d’amour à R.

 

Rome, forcément.

La ville des terrasses, des lumières, de l’élégance et de la joie de vivre.

 

Le Kenya.

Indubitablement.

Grandeur, beauté, majesté, sourires pleins, humilité. Humanité humaine, non loin des grands animaux qui paissent, qui passent, qui s’inquiètent un instant, vous considèrent longuement, belle girafe, reine aux longs cils, puis vont vers mieux à faire, un point d’eau, quelques branchages, un petit.

Polé polé, hakuna matata, je n’oublierai pas.

 

Rochefort, à double titre.

Rochefort pour Jean, ce comédien que j’aimais particulièrement bien. Et maintenant que j’y repense, cette stature, cette allure, cet œil bleu qui savait être malicieux, cet humour, cette culture, cette classe, cet air anglais, cet air ailleurs, un peu fou parfois, cette absence, c’est tout toi, sur qui j’ai fini d’écrire, mon père. Toi tel que je te pressentais, au plus haut degré de tes possibles. Toi, c’est Jean Rochefort bâillonné.

Et puis Rochefort, la ville, mon amour impossible, ma fiancée perdue, avec ses grandes et larges avenues, où il faisait bon respirer un air différent d’ici. Des rues où tu pouvais danser au milieu, laisser le soleil t’éclairer de ses pleins feux. Des rues, une architecture si carrées, que l’imaginaire peut s’y dérouler sans s’y cogner. Tels des rails sur lesquels les trains du rêve défilent…

Pourquoi cet attrait pour la petite sœur mal aimée de La Rochelle ? C’est ce mélange justement de lumière et de vent, ce corsage ouvert, cette armature qui se laisse faire…. et puis la Place Colbert, où je me sentais si bien. Pas d’explication. Rien, si bien. Pas éprouvé ça à Carcassonne où « j’aurais dû » l’éprouver. Trop de monde, trop….

Non, j’éprouve ce sentiment étrange de revivance, de reliance à « quelque chose » de ma, de mes vies, là, loin du sud béni (lorsque j’ai dit que j’allais te voir dans le sud-ouest les vrais du sud m’ont dit que tu n’étais pas vraiment de la famille….)

Ah voilà, c’est ça, toi aussi, tu n’es pas vraiment « de la famille », tu t’es toujours demandée ce que cela signifait et tu te le demandes, encore en ces jours de fêtes où les gens du même sang mangent, siègent et festoient …Tu ne l’as jamais compris et ne le comprends décidément pas. Sans passé, c’est ça. Tu n’as pas d’ascendants, comme moi. Tu n’es pas encore du sud, plus vraiment du centre. A jamais différente, née d’un projet fou, surgie d’un fantasme humain, sans légions, sans châteaux forts. Idée germe qui a fusionné avec le ciel pour exploser. Rêve réalisé. Tu as atterri là, comme une fusée venue d’ailleurs, tu t’es plantée dans la vase et, tel le lotus, t’y es épanouie.

Oui, tu sembles exilée d’un ailleurs qui t’appelle là-bas, La Fayette, La Fayette !! La belle Hermione, qui paresse langoureusement sur tes quais, se moquant de tous ses courtisans, en est le symbole profond. Enlisée dans tes marais, tu entends l’appel et décolles à grands frais, la mer ne lèche pas tes pieds mais elle règne sur tes pensées. Le voyage n’est pas aisé mais il se fait toujours. Avec sueur et petits pas, mais il se fait.

Rochefort, ville riche, pauvre et fière. Ville de dorures et de folies, tu me ramènes à Tahiti avec Loti, tu me ramènes à la Guyane. Par tes allées aux hanches larges et généreuses, je me suis souvent crue Place des palmistes « là-bas »… Tes palmiers, oui, tes palmiers dans l’air iodé, le mélange de tout cela. Ville en sommeil qui se réveille. Ville en soleil, la plus belle pour aller danser, en plein été quand les pierres des hôtels privés pâlissent…

Rochefort, ville que je n’attendais pas, c’est ton nom-même qui me donnait des forces, aussi, je crois. Je ne t’oublie pas, je ne suis pas très loin de toi. Plus près des anges sans doute. Le nom des lieux où j’ai vécu raconte ma vie.

Rochefort, ville espoir, ville transit, ville du faux nouveau départ, je reviendrai te voir souvent. Promis. Ne m’oublie pas, toi.

Je ne pensais pas tant écrire sur toi, mais voilà….Il fallait que la tristesse de te quitter se dise en ces temps de responsabilité requise et de pragmatisme des choix.

Ah, j’oubliais la qualité de vie que j’avais avec toi. L’appartement baigné de lumière du matin au soir, la respiration, le sang dans les veines de cette nouvelle chaleur-là, sans frontière à mes regards. La mer non loin, le sable retrouvé. Cette énergie, cette douceur là… Et puis, le cinéma à deux pas, le grand marché qui dévorait joyeusement ton coeur avec ses couleurs, ses huîtres, ses légumes primeurs, ses poissons frais, et puis la Corderie…

Et puis les trois librairies (trois, je crois défaillir!), trois lieux où feuilleter tranquillement un livre, le humer, le laisser vous séduire, le palper, le pénétrer doucement, sans tout déflorer… Ah, le délice de ces instants passés, retrouvés, ambiances feutrées… heures envolées… impossible ici, au coeur des champs de betteraves embrouillardés de cafard et de volets fermés. Impossible. l’Amazone peut roucouler, j’aime qu’on me fasse une cour plus assidue que ce coïtus interruptus postalisé, désincarné, dés……

Ah, et puis les macchiatos et les bières ambrées du Café de la Paix… s’y poser avec délectation, comme une récréation, un oasis. Un poste de recueillement et d’observation. Cocon ouvert. Un planisphère où parcourir le journal, écouter les nouvelles du coin, échanger des banalités qui font du bien, se laisser glisser dans un grand fauteuil, regarder George Michael, David Bowie ou Freddy ne jamais mourir et être bien. Enfin bien…

Tu n’es même pas belle, tu es plus que jolie, tu es toi. Avec tes délabrements, tes effarements, tes pertes de vue et tes soudaines joies. Tu es surprenante, attachante, tu es vivante, tu te bats. Sous tes airs royaux, une pulsation simple, une vague qui me prend le coeur depuis le jour où je te découvris. Et tu sais que contre ces choses-là….je ne me débats pas.

Oui, je sais Rochefort, ce que je te dois : une réconciliation d’avec la Ville, d’avec la Vie. Moi pour qui la campagne a été tout et qui a manqué y mourir par asphyxie, solitude, dégoût, ennui et mélancolie. Oui, étrangement, moi « l’écolo », les Cévennes serrées en bandoulière depuis les marches premières sur les G.R. de la libération intérieure, oui, étrangement besoin d’une ville, maintenant. D’une petite ville (ne le prends pas mal, tu sais combien je t’aime et me fous des orgueilleuses inhumaines ). Oui, une ville où marcher, se balader sans que cela ne ressorte de l’exercice obligatoire de fin de journée. Une ville où la surprise peut surgir au coin de chacun de ses angles droits. Trop droits pour n’en être pas voies.

Rochefort, tu m’as ramenée vers la Lumière et vers les Hommes, j’ai commencé à revivre grâce à toi.

Voilà.

La pudeur des amoureux veut que j’en reste là, abruptement, pleinement Là.

Camilleplage fouras oct 15

PS1A bientôt. Prenez soin de et cætera !

PS2 Rappel : pour ceux qui n’ont pas eu le temps, allez voir « Au revoir là-haut ! » le film de Dupontel dont j’ai déjà parlé, il le vaut !!

PS3 Tu vois, B, j’écris toujours !

PS4 Les deux vidéos sont captées à Rochefort, évidemment. Mettez le son à fond pour la première. La photo est prise non loin de là…

UNE EXCEPTION….

UNE exception, hier dans la cohue des empressés

Un Jared Leto en costard, sort de son isoloir

Vient rendre le trop perçu de monnaie rendue lors de la submersion des affamés.

Oh toi, passant au regard persan,

Si tu savais l’allumoir

Que tu as fait naître

Au coeur de cet éteignoir d’âmes et de feux !

Tu collectionnes sur ton plastron
Tous les galons de la séduction

Mais connais-tu le pouvoir

De tes yeux d’encore-enfant

23-05-531

Emerveillés par la force d’une probité, qui rejaillit en boucle

Et te couronne

Au milieu de l’allée atone

Des zens pressés.

J’ai vu naître sur ton visage

L’étonnement d’avant-hier,

Lorsque loin des costumes,

Des notices et des mortifères,

Tu regardais crapahuter

Un hanneton

Dans le jardin de ton grand-père.

J’ai vu l’enfant nu,

Loin des Honolulu et des somnifères,

Loin des postures et des stratégies,

Loin de ces rails, qui te mènent vers quel camp…

Une parcelle de vie et de lumière oubliée a refleuri en toi.

Arrose-la souvent.

 

Camille

UNE SAISON EN ENFER

UNE SAISON EN ENFER d’Arthur Rimbaud.

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Au centre du plateau, une évidence, un cercle, un cratère, un lac, une plate-forme de décollage immédiat, un océan.

Un souffle, un élan, un mystère, on le pressent juste en entrant.

Un homme, mains ouvertes, corps tendu, yeux crevés de lumière, rend l’âme en un chant lointain.

Les mots s’écoulent d’abord lentement, comme issus d’une sève primitive qui prendrait son temps. Puis, au gré des phrases du long poème, au gré des éclairages subtils, un long palabre se met en place. Un long et lent discours de griot africain, un palimpseste de cris d’amour, de tristesse native, de haine et de refrains enfantins qui nous emmène par-delà les montagnes, par-delà les villes et les paysages, par-delà tous les univers, loin, bien loin de la terre, pour aboutir à un creux de lumière sans âge et sans frontière.

Un creux d’or pur, un bain d’où l’on n’aimerait plus sortir vivant.

On en sort pourtant. Étourdi, ébloui, comme renaissant. Et de syllabes en voyelles, d’Éternité tant appelée, on se surprend à marcher dans les pas du poète, échevelé, tous repères emportés dans le sillage du grand bateau doré.

Au fur à mesure du chant, la sueur descend, à chaque mot elle se fait plus profonde et puissante le long du cou de l’artiste (Jean-Quentin Châtelain, magnifique d’humilité et de talent) et nous sombrons avec elle dans cette tension, cette puissance visionnaire du Verbe poétique, revisitée avec force et de sobriété.

Le spectateur est entraîné dans cette cascade inexorable qui fait écho à ses tourments, à ses questionnements les plus intimes. De ceux qui naissent après un grand choc, une grande douleur, à l’approche de nos derniers instants: la valeur, le sens d’une vie, la solitude, les amours, les amis et la présence de cet Absolu qui ne lâche pas le bas de nos pantalons, qui que nous soyons, où que nous soyons, quoi que nous fassions. Ami fidèle, il saura nous retrouver où que nous allions.

La mise en scène, comme toujours impeccable et aiguisée à l’extrême, d’Ulysse Di Gregorio sert cet ardent  poème bien plus que mes mots.

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Au Théâtre Le Lucernaire, 53 Rue Notre Dame des Champs jusqu’au 6 Mai 2017 du mardi au samedi à 19h. Réservation au 01 45 44 57 34

HUGO, DE PÈRE EN FILLES

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C’est parce qu’on connaît le travail de Filip Forgeau qu’on y va,philip-forgeau

C’est parce qu’on a déjà vu Milena et Rosa,

C’est parce que cet homme a le don de mettre les mots justes dans la bouche des femmes,

C’est parce que cette sensibilité, ces interrogations-là qu’on y va.

Adèle, on la connaît un peu grâce à Isabelle

Grâce au cinéma.

Léopoldine est un nuage, un mystère.

Sitôt née, sitôt enfuie dans les eaux troubles de la Seine, auréolée des rimes de l’illustre papa.

Dire la rencontre, imaginer les non-dits, les douleurs secrètes mais les joies aussi.

Jalousie, partages, rires, jeux, peurs.

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S’immiscer sous la peau des personnages, au cœur du cœur

Extirper l’essence de leur être, la présumer, l’aquareller, voici le beau travail qu’accomplit cette compagnie.

Par nos temps de tempêtes, qu’elle en soit ici remerciée.

Oui, il faut du cœur, du courage pour chaque jour recréer un monde quand tout autour le ciel s’assombrit. Je crois qu’ils n’en ont que plus de fièvre, plus de belle folie.

Oui, il faut être « fous », passionnés, pour nous emmener ainsi sur les traces de ces deux vies en attente d’ailleurs…

Léopoldine et Adèle, sœurs complices, sœurs jeux, sœurs destins, quelle agréable chorégraphie que voilà ! A l’image de ce cérémonial de repas qui encadre la pièce : inattendu et stylé.

Léopoldine et Adèle, l’une douce et tendre, l’autre plus intérieure, torturée… mais les rôles peuvent parfois s’inverser : ah, le beau visage sculptural de Laurianne Baudoin (hommage aux lumières et aux décors, visuels et sonores), qui nous dessine des paysages de révolte, des océans de mystère infini. Quelle belle composition que de rendre aussi vibrante, aussi vivante, une jeune femme qui aura si peu pesé sur le monde….

Soizic Gourvil, excellente comme à son habitude, nous compose une Adèle délurée, à la folie qui parcourt l’éventail d’une minutieuse poésie jusqu’au plus caricatural portrait…

Mais qui se cache derrière les traits de la folie ?

Et si un élément de réponse appartenait au génial, trop génial, barbier ?

Ce spectacle a tout. Il est intelligent, nous surprend et nous entraîne aux portes du rêve, aux portes souvent trop verrouillées de notre propre intériorité. Ne soyez pas frileux, courez-y  vite! Car pour continuer à vivre leurs rêves et les faire partager, ils ont aussi besoin de vous !

Et… portez-vous bene !

Camille

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Traversée forestière

One shot.

Envie de partager l’air qui me traverse en ce moment..

Traversée des densités, des danses, des cités, des incités, des sites ailés, des rencontres et des retraits.

La vie a tant de visages.

 

Camille

 

C’est déjà ça!

Voili voilou l’affiche pour the best evenement in the World !

Rencontre autour de Chrysalide, l’adolescence, la faim de l’âme, la quête toujours plus loin, l’appel, l’enfermement, le mors aux dents, la lumière toujours….

I’m very happy (comme la pomme!)

En attendant

A Paris à Vichy à Milan

Ou à Clermont-Ferrand

Portez-vous

bene bene!

 

Camille

rencontre-camille-saacy

 

 

L’Homme en morceaux

Il L’a rencontré et depuis Tout a changé. Il dérivait et puis soudain… un pneumatique elliptique.

Vous qui entrez ici, abandonnez toutes vos logiques, vos rationalités de basses journées et ouvrez la porte aux grandes marées du soir, celles qui vous entraînent hors zones, hors frontières labellisées. Laissez-vous mouvoir par ce flot de hasard, ces rencontres multiples avec tous ces soi-mêmes qui traînent au fil de l’eau…rassemblés par un Charlot en rouge et noir.

Valsez avec Eglantine la Divine,  vomissez les bonbons de Tantine, perdez pour une minute, juste une, l’idée d’avoir habité un jour votre appartement…

Apprenez à perdre toutes vos clés, apprenez à divaguer avec ce clown errant, dansant, jaillissant d’une boite, triste automate, regard absent.Puis bientôt tout de feu, amoureux frémissant…

Laissez vous envoûter par sa tristesse, sa joie, sa douceur, sa profondeur …

Laissez vous emporter par le coeur de ce petit bonhomme qui vous ressemble tant, par ces mots qui touchent juste (merveilleux texte d’Elie Georges Berreby).  Par cette beauté qui passe sans se poudrer.Par la seule Lumière éclairée.

Surtout ne pas la nommer, l’encager.Juste la distribuer sans compter. 

Il est des heurts intérieurs qui n’ont pas besoin de grands tralalas pour voir le jour.Juste une caisse rouge qui change de combat au fil du temps, au fil du texte. Un costume de marin des villes, des mots allumés. Un acteur enflammé, Frantz Morel A L ‘Huissier .

Alors…. Courez!

 

CamilleA de Arman

L’HOMME EN MORCEAUX de E.G Berreby (P’tits Molière du Meilleur Seul en Scène 2014)
interprété par Frantz Morel A l’Huissier, mise en scène de Diana Ringel
à L’AKTEON théâtre – 11 rue du Général St Blaise – 75011 Paris
jusqu’au 2 Avril les vendredis et samedis à 20H.

Un ange, je vous dis…

Je vais vous parler d’un ange, un ange pas comme les autres. Il hante les morgues et les couloirs tristes. Il se nourrit de thon en boite, de pommes et de pain de mie… Et j’oubliais : de thé!

Le film c’est « Une belle fin » de Uberto Pasolini, (The full Monty, ça vous parle?) Pasolini est le neveu de Luchino Visconti, pas mal non?…

 

Une belle fin affiche

Comparé aux autres c’est un ange plutôt tristoune d’apparence, c’est un Personnage à mallette, un Magritte dupliqué à tant d’unités.

On ne le voit pas, on le confond. Dans la rue, sur les trottoirs mouillés, au fond des bars, il est ton sur ton. Il détonne pas. Il déconne pas. Il est suranné. Il est bien élevé (c’est dire s’il est dépassé!). Il n’est d’aucune époque et de toutes en même temps. Il est de tous les temps, c’est ça son secret.

Mais son plus grand secret, c’est l’amour. De son métier qu’il dit (tu parles!) l’amour tout court, l’amour des gens. L’amour des morts -qui sont « des gens » toujours, n’est-ce pas ? Enfin pour ceux qui ont encore des yeux de vivants.

Une belle fin album photo

C’est un petit monsieur sans avenir, sans passé. Dépassé tant qu’on voudrait le secourir, si fragile… si tenace en vérité. Il cherche les preuves de vies chez des êtres morts en solitaires, seuls sur terre. Oui, mais ça ne lui convient pas ça à lui. Lui, il veut un peu de chair, un peu de joie autour de tout ça. Le petit homme triste et coincé en amène un paquet. Bien plus que son statut d’employé ne le lui demande. Il en fait plus parce qu’il aime les autres, parce qu’il aime la vie!

Toujours se méfier des anges qui sont fondus dans le béton, qui sont liés à la marée humaine, ceux qu’on remarque pas, ceux qui s’embêtent pas avec des ailes et toute l’Armada. Ceux qui se lustrent pas les plumes et le poil, ceux qui se regardent pas le nombril, ceux qui font leur métier d’ange, sans jamais rentrer dans le circuit. Ceux qui peuvent soudain muter, avoir un geste de folie. Douce folie, douce, toujours…

Oh, je vous ai pas dit son nom c’est Mr May (prodigieux Eddie Marsan!!), il m’a parfois fait penser à Forrest Gump par son impact- sans paraître y toucher- sur l’humanité approchée lors de ses différents trajets, dans sa capacité à se métamorphoser aussi. Mais il aimerait pas, Mr May, être comparé à une star. Non, juste être ce qu’il est, et encore.. Juste un rai de lumière sur une photo jaunie qui sous ses doigts soudain revit…

Une belle fin gare

Oh, je vous ai pas dit, vous pouvez le voir sur tous les bons écrans derrière les lasers et les navets pas frais.

Oh, je vous ai pas dit: elle est quand même belle la vie quand de tels êtres la peuplent… Il y en a peut-être autour de vous, regardez bien la prochaine fois: un petit costume gris un gilet pas sexy, qui mange du thon mais peut parfois décoller, on sait jamais!!!

En attendant, courez vers cette belle parenthèse si elle passe non loin de chez vous. Après lui, on se sent léger , si léger. Meilleur en vérité, tant il nous a ouvert la porte d’entrée vers….

Une belle fin allongé dans l'herbe

 

Avec ou sans ailes, portez-vous bien !

 

a-de-arman (2)

 

 

 

 

Camille

 

 

CONTINUER

On se demande si ça vaut encore la peine d’écrire « après ça », on hésite.

Envie d’envoyer valser les corrections du petit dernier qui vagit dans son dossier en rade depuis des mois. Le flux premier n’aime pas qu’on revienne sur ses pas, fixer des arrimages, cadrer des dérives trop subjectives qui vont jusqu’à user d’une langue passive, une sorte de sous-produit de Duras. Un machin qui se décolore à la première lessive. Vite lu, vite oublié. Pas besoin d’user de papier pour surpeupler les librairies avec ces c….

Pas faire non plus dans l’arme massive, jamais aimé. La dénonciation, la prise de position tranchée. Poing levé, ostracisme….Toujours un gros doute sur ceux qui se proclament détenteurs de la Vérité.

Alors reprendre le cours de ses amours, le cours tranquille et puissant (on aimerait) des gens qui prennent le temps de digérer tout en pensant. Ecrire des choses vues, ressenties, décrire des visages apparemment anodins qui sèment un grain précieux, déclenchent de belles lumières dans le gris du quotidien. Aller son train.

Trouver les pas des anciens sentiers tout en créant une nouvelle danse. Trouver de nouveaux sentiers avec le pas assuré des anciens danseurs…

Suivre la légère gravité qui me tient au coeur..

Oui, pourquoi continuer?

Parce que…

 

J’ai fréquenté la beauté et j’en ai tout gardé c’est ce qui me permet de survivre chaque jour…

 

Portez-vous!

 

Camille

Mr Turner et les apparences

Pas d’actu théâtre récente, donc suis allée voir Mr Turner, hier. Au ciné Par hasard. Savais pas que c’était un film primé. L’ai constaté à la vue de la file qui attendait, goulue, à l’entrée.

 

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Prix d’interprétation certes, pour l’excellent Timothy Spall qui maugrée à tous vents. Déconcertée par la rusticité du personnage, en total contraste avec ses toiles évanescentes… La loi des apparences ou quand les atomes se moquent des conséquences de leur imbrication.

 

Quand Quasimodo engendre le cristal d’une aile de libellule… Quand…

 

T. Spall

 

Dans les wc, des vieilles dames pas contentes ont trouvé le film lent et le personnage grossier. Trop joué avec la Play Station de leurs petits-enfants, trop swingué sur la Wi, les mamies…

Eh, calme, prendre le temps de respirer, d’admirer. La lumière, le jeu des nuages et l’enfance des surprises… Se laisser transpercer. Accepter.

Énième raison d’aller voir cette ballade : les seconds rôles féminins. Avec une nette inclination pour la servante. Damoiselle ( Dorothy Atkinson) aussi transparente qu’une libellule, aussi aimante qu’une amoureuse éprise à fond perdu, prise au débotté, tête cognant contre les livres, vite jetée….

Et toujours, jours après jours, les gestes attentifs de qui sait aimer sans le montrer jamais. Elle et madame Booth  ( Marion Bailey) sont deux personnages dignes et solaires. Tout comme le père de Turner, ( Paul Jesson), le genre de père qu’on aimerait tous avoir, aidant son fils jusqu’au bout du bout du bout.

 

Les artistes sont parfois (souvent ? Nan!) des monstres pour leur entourage. Ils mangent des vies pour servir ce qui bout en eux, ce qui les détruit de l’intérieur s’ils ne le jettent pas sur toile, portée ou papier. Alors, gloire aux servantes, aux mères, aux muses, aux secrétaires, aux amies! Sans elles, si peu de Proust, Turner, et tant d’autres jusqu’à aujourd’hui…

Tant de femmes attentives autour du Grand Homme…La réciprocité en ce domaine… aine aine aine, se perd dans la nuit.

 

Allons, ne gâchons pas notre plaisir et allons voir ce joli film tendre. Tendre, oui.

Malgré les apparences.

 

Prenez soin de.

 

A de Arman

Eloge de la différence

Bonjour !

 

Et si on considérait autrement celui qui est différent?

Juste un pas de côté.

Aborder ce qui nous est étranger, retrouver le sourire et le propager…

 

 

 

Prenez soin…

 

Camille

Mireille et les auteurs…

« L’Amant de Mireille Sorgue est de la lumière mise sur papier.

Long poème fragmenté, mêlant prose et poésie. Amour de l’homme, mais plus encore amour de la vie, amour d’être au monde et de s’y laisser dissoudre, transports en soi et hors de soi mêlés :

« Il lui semblait qu’elle rejoignait son coeur même, son coeur qui n’était pas en elle, mais autour d’elle, son coeur qui l’enveloppait par tous les gestes qu’elle faisait. »

via le Blog Mireille Sorgue autres regards de Brigitte Buis-Jadeau.

Lisez-la.

Lire les auteurs disparus, c’est leur faire signe d’où nous sommes….

Mais n’attendez pas que les auteurs meurent pour les aimer.

Ils ont besoin de sentir votre amour pour créer…

Ce ne sont pas des saints, ils ne s’autorégénèrent pas tout le temps.

A un moment ils se taisent, à bout de fatigue et de silence…

Courrez au ciné voir « Sous le figuier »

Les amis, courez voir le film « Sous le figuier » c’est génial, profond, sensiblissime.

Pas triste, profond. Pas pareil… faut le dire et le redire…

Lumineux. Comment être lumineuse à 98 ans…..Leçons en cinquante sourires…

…et seulement trois personnes dans la salle à Meaux, hier après-midi.

Oui je sais, Meaux n’est pas une capitale culturelle, ça se saurait….Cherchez l’erreur !..

Mais allez-y vite avant que Duchmurck 113 avec Dujardin 1er ne balaie toutes les entrées !

Entrée dans l’hiver…

En pleine traversée de ce fichu tunnel de verre pilé, la fin du monde incarnée.

Janvier n’existe pas.
Février signera la fin de la glaciation.
Plus tu fonds, plus la tendresse émerge en moi.

Pour toi,Alice…
Ce si bel hommage d’Arno…

Il y a toujours une lumière…
Je pars rejoindre ton soleil originel.

CREDO :

« Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd’hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d’être heureux!

Pablo Neruda  »

Ah, Pablo …

Et dire que lorsque j’écris dans le même esprit, sous une lumière plus crue, sans doute, on me dit « ça fait peur ! »

SUSHI

Tranquille
Rousse et blanche
Elle capte d’emblée votre présence
Interrompt sa méditation
Striée par le cri rauque du paon

Elle vient vers vous.
Simplement, souplement.

Vous regarde
Vraiment
Comme le font peu de gens
D’un regard sans ressentiment.

Elle se colle, se love contre vos cuisses
Epouse vos soucis

Sushi

C’est une chatte rousse aux yeux verts
Un être pas ordinaire
Un petit soleil dans les éclats de lumière
Du temps présent.

Fatal trajet

« Mme Roland sur l’échafaud demanda qu’il lui fût permis d’écrire les pensées remarquables qui s’étaient présentées à son esprit dans le fatal trajet. Il est à regretter que sa demande ne lui ait pas été accordée, car, à ce moment suprême de la vie, des esprits fermes, qui conservent leur sang-froid, ont souvent des pensées extraordinaires ; ce sont comme des anges qui descendent éclatants de lumière sur les sommets du passé. »

Goethe

Corinne

Elle porte le même doux prénom

Qu’une amie d’adolescence ,

A le même tempérament posé.

Des yeux  de faon si grands qu’ils lui mangent le visage

Un regard tendre et confiant.

Si Bobin l’avait rencontrée,

Il en aurait fait un livre,

« Lumière » il aurait pu l’appeler.

Comme souvent ses héroïnes,

Elle s’occupe d’enfants

Petits, grands, adolescents..

Et plus grands encore..

Souvent.

Elle recueille des amochés, des cabossés,

Des stressés de la vie

Et j’en fais partie

Elle te soigne à coups de vitamines

De longs traitements.

Et de paroles aussi.

Elle te dit sans te ménager

Que ta vie c’ est ici et maintenant.

Qu’une journée bien accomplie c’est déjà suffisant.

Qu’on ne fait pas tourner les grands vents du monde

En souffrant.

Tu as beau avoir lu « ça » cent cinquante mille fois,

Quand elle te le dit

De sa voix claire et sans appel,

Ca te transperce… »là ».

Des larmes coulent

Alors que tu t’y attendais pas.

Tu repars de chez elle

Avec un peu de sa lumière

Qui s’est déposée …là

A ravivé des braises éparses,

Qui s’agitaient sans te réchauffer.

Légèreté est le message.

Oui, Corinna.