In your eyes…

always always  always always  always  always  always  always  always  always………………………………………………………………………………………………………….

La face lumineuse de l’être humain célébrée ici:

 

« I see the doorway to a thousand churches

In your eyes

The resolution of all the fruitless searches

In your eyes… »

ad lib as you like….

 

L’Amour Premier permet ce miracle… rare.

A la base de toute Vie vraiment Vécue.

 

Je nous souhaite de le vivre pleinement

Sans peur ni reniement.

 

Camille

 

 

 

 

 

 

LA DOULEUR

LA DOULEUR

Superbe, forcément superbe, ce film.

Elle, irréelle, dédoublée.

A l’intérieur, écartelée.

Elle, lumière et mystère.

Silence et secret.

Tout cacher de ses sentiments émergents.

De ses bascules dans les aléas du temps.

Fumer, boire.

Regarder les autres vivre.

Déambuler, déambuler, déambuler.

Attendre, attendre, attendre.

On ne sait plus quoi ni qui.

Attendre un fantôme devenu ennemi.

Attendre la fin de l’attente

Attendre la délivrance intérieure

Attendre comme on meurt.

Plus rien au bout que le dégoût.

De tout.

Plus faim de la faim de vivre des autres

Leur faim qui ne lui dit plus rien du tout

Qui ne concerne même plus son ventre

Absente.

Elle se laisserait bien mourir, là.

Dormir d’attendre l’improbable retour de ceux qui ne reviennent plus.

Elle se laisserait bien dormir, bien enivrer, bien mourir, s’Il ne veillait pas sur l’amour.

Lui, le confident, l’ami qui tamponne les tempes qui battent du sang qui ne s’exporte plus hors des veines. Qui battent du sang de la déveine, de la prison, de cette déambulation incessante en soi-même. De cette ronde sur les remparts de la raison, de cette ronde folle, éperdue, qui tue.

Lui qui toujours regarde, toujours observe. Toujours prévient, toujours étreint.

Toujours.

L’absent s’éloigne, fantomatique carcasse aléatoire, diffractée en sa mémoire à elle. La mer avalera son hologramme…

L’omniprésent s’insinue en des voies secrètes, la vie reflue.

Aller voir Mélanie incarner de tout son être Marguerite, aller voir Benjamin vibrer Dyonis, aller voir Benoît façonner l’étrange séduction mélancolique d’un ange déchu.

Les jeux de lumière et d’ombre, les dédoublements d’Elle, rendent si magnifiquement hommage à son écriture qu’on en est envoûté. Ces atmosphères brumeuses n’appartiennent plus à la rue mais aux ruelles de sa mémoire, irriguée par des vagues de fumées transitoires..

Et puis leur joie aux autres, aux libérés, toute cette joie, ces couleurs qui ne l’atteignent pas. Qui n’atteignent pas le peuple perdu des attendants, des espérants d’amour. Ceux qui y croient encore, ceux pour qui le réel mentira toujours.

Ce film autour de Marguerite Duras et de l’attente du retour de son mari des camps est magnifique, il nous entraîne dans les recoins et les abîmes de cette douleur muette qui transpire hors de la pellicule et vous prend aux tripes.

Magnifique, dit-elle.

Camille

L’ESPRIT-MATIERE

Aller vers son être. Vibrer sa note particulière, oeuvrer, créer et si c’était le « but » extrême de toute vie?

Faire basculer les parts d’ombres vers le cercle de Lumière…

Aux flammes et caetera.

Il n’y a pas de »résumé » possible à ce spectacle intense autour de la pensée de Teilhard de Chardin, juste des résonances dans la vie de chacun, qui se mesurent au silence plein entourant le clap de fin.

Immense présence des deux artistes, Brigitte Damiens (une classe royale!) et Eric Auvray, lors de ces échanges de haute volée dans ce petit bijou de théâtre comme on les aime tant. Tous ces lieux qui ne tiennent que par le coeur au creux de Paris, non loin de cette Seine qui charrie les passions… Merci à vous aussi qui pulsez la vie!

Chères ondes vibratoires, courez-y!

Théâtre de Nesles , 8 rue de Nesles, Paris 6ème.

01 46 34 61 04

du 30 janvier au 24 mars 2018, mardis à 19h et samedis à 16h.

Que retenir de 2017 ? (faut-il retenir quelque chose?) ou lettre d’amour à R.

Que retenir de 2017 ?

(faut-il retenir quelque chose?)

ou lettre d’amour à R.

 

Rome, forcément.

La ville des terrasses, des lumières, de l’élégance et de la joie de vivre.

 

Le Kenya.

Indubitablement.

Grandeur, beauté, majesté, sourires pleins, humilité. Humanité humaine, non loin des grands animaux qui paissent, qui passent, qui s’inquiètent un instant, vous considèrent longuement, belle girafe, reine aux longs cils, puis vont vers mieux à faire, un point d’eau, quelques branchages, un petit.

Polé polé, hakuna matata, je n’oublierai pas.

 

Rochefort, à double titre.

Rochefort pour Jean, ce comédien que j’aimais particulièrement bien. Et maintenant que j’y repense, cette stature, cette allure, cet œil bleu qui savait être malicieux, cet humour, cette culture, cette classe, cet air anglais, cet air ailleurs, un peu fou parfois, cette absence, c’est tout toi, sur qui j’ai fini d’écrire, mon père. Toi tel que je te pressentais, au plus haut degré de tes possibles. Toi, c’est Jean Rochefort bâillonné.

Et puis Rochefort, la ville, mon amour impossible, ma fiancée perdue, avec ses grandes et larges avenues, où il faisait bon respirer un air différent d’ici. Des rues où tu pouvais danser au milieu, laisser le soleil t’éclairer de ses pleins feux. Des rues, une architecture si carrées, que l’imaginaire peut s’y dérouler sans s’y cogner. Tels des rails sur lesquels les trains du rêve défilent…

Pourquoi cet attrait pour la petite sœur mal aimée de La Rochelle ? C’est ce mélange justement de lumière et de vent, ce corsage ouvert, cette armature qui se laisse faire…. et puis la Place Colbert, où je me sentais si bien. Pas d’explication. Rien, si bien. Pas éprouvé ça à Carcassonne où « j’aurais dû » l’éprouver. Trop de monde, trop….

Non, j’éprouve ce sentiment étrange de revivance, de reliance à « quelque chose » de ma, de mes vies, là, loin du sud béni (lorsque j’ai dit que j’allais te voir dans le sud-ouest les vrais du sud m’ont dit que tu n’étais pas vraiment de la famille….)

Ah voilà, c’est ça, toi aussi, tu n’es pas vraiment « de la famille », tu t’es toujours demandée ce que cela signifait et tu te le demandes, encore en ces jours de fêtes où les gens du même sang mangent, siègent et festoient …Tu ne l’as jamais compris et ne le comprends décidément pas. Sans passé, c’est ça. Tu n’as pas d’ascendants, comme moi. Tu n’es pas encore du sud, plus vraiment du centre. A jamais différente, née d’un projet fou, surgie d’un fantasme humain, sans légions, sans châteaux forts. Idée germe qui a fusionné avec le ciel pour exploser. Rêve réalisé. Tu as atterri là, comme une fusée venue d’ailleurs, tu t’es plantée dans la vase et, tel le lotus, t’y es épanouie.

Oui, tu sembles exilée d’un ailleurs qui t’appelle là-bas, La Fayette, La Fayette !! La belle Hermione, qui paresse langoureusement sur tes quais, se moquant de tous ses courtisans, en est le symbole profond. Enlisée dans tes marais, tu entends l’appel et décolles à grands frais, la mer ne lèche pas tes pieds mais elle règne sur tes pensées. Le voyage n’est pas aisé mais il se fait toujours. Avec sueur et petits pas, mais il se fait.

Rochefort, ville riche, pauvre et fière. Ville de dorures et de folies, tu me ramènes à Tahiti avec Loti, tu me ramènes à la Guyane. Par tes allées aux hanches larges et généreuses, je me suis souvent crue Place des palmistes « là-bas »… Tes palmiers, oui, tes palmiers dans l’air iodé, le mélange de tout cela. Ville en sommeil qui se réveille. Ville en soleil, la plus belle pour aller danser, en plein été quand les pierres des hôtels privés pâlissent…

Rochefort, ville que je n’attendais pas, c’est ton nom-même qui me donnait des forces, aussi, je crois. Je ne t’oublie pas, je ne suis pas très loin de toi. Plus près des anges sans doute. Le nom des lieux où j’ai vécu raconte ma vie.

Rochefort, ville espoir, ville transit, ville du faux nouveau départ, je reviendrai te voir souvent. Promis. Ne m’oublie pas, toi.

Je ne pensais pas tant écrire sur toi, mais voilà….Il fallait que la tristesse de te quitter se dise en ces temps de responsabilité requise et de pragmatisme des choix.

Ah, j’oubliais la qualité de vie que j’avais avec toi. L’appartement baigné de lumière du matin au soir, la respiration, le sang dans les veines de cette nouvelle chaleur-là, sans frontière à mes regards. La mer non loin, le sable retrouvé. Cette énergie, cette douceur là… Et puis, le cinéma à deux pas, le grand marché qui dévorait joyeusement ton coeur avec ses couleurs, ses huîtres, ses légumes primeurs, ses poissons frais, et puis la Corderie…

Et puis les trois librairies (trois, je crois défaillir!), trois lieux où feuilleter tranquillement un livre, le humer, le laisser vous séduire, le palper, le pénétrer doucement, sans tout déflorer… Ah, le délice de ces instants passés, retrouvés, ambiances feutrées… heures envolées… impossible ici, au coeur des champs de betteraves embrouillardés de cafard et de volets fermés. Impossible. l’Amazone peut roucouler, j’aime qu’on me fasse une cour plus assidue que ce coïtus interruptus postalisé, désincarné, dés……

Ah, et puis les macchiatos et les bières ambrées du Café de la Paix… s’y poser avec délectation, comme une récréation, un oasis. Un poste de recueillement et d’observation. Cocon ouvert. Un planisphère où parcourir le journal, écouter les nouvelles du coin, échanger des banalités qui font du bien, se laisser glisser dans un grand fauteuil, regarder George Michael, David Bowie ou Freddy ne jamais mourir et être bien. Enfin bien…

Tu n’es même pas belle, tu es plus que jolie, tu es toi. Avec tes délabrements, tes effarements, tes pertes de vue et tes soudaines joies. Tu es surprenante, attachante, tu es vivante, tu te bats. Sous tes airs royaux, une pulsation simple, une vague qui me prend le coeur depuis le jour où je te découvris. Et tu sais que contre ces choses-là….je ne me débats pas.

Oui, je sais Rochefort, ce que je te dois : une réconciliation d’avec la Ville, d’avec la Vie. Moi pour qui la campagne a été tout et qui a manqué y mourir par asphyxie, solitude, dégoût, ennui et mélancolie. Oui, étrangement, moi « l’écolo », les Cévennes serrées en bandoulière depuis les marches premières sur les G.R. de la libération intérieure, oui, étrangement besoin d’une ville, maintenant. D’une petite ville (ne le prends pas mal, tu sais combien je t’aime et me fous des orgueilleuses inhumaines ). Oui, une ville où marcher, se balader sans que cela ne ressorte de l’exercice obligatoire de fin de journée. Une ville où la surprise peut surgir au coin de chacun de ses angles droits. Trop droits pour n’en être pas voies.

Rochefort, tu m’as ramenée vers la Lumière et vers les Hommes, j’ai commencé à revivre grâce à toi.

Voilà.

La pudeur des amoureux veut que j’en reste là, abruptement, pleinement Là.

Camilleplage fouras oct 15

PS1A bientôt. Prenez soin de et cætera !

PS2 Rappel : pour ceux qui n’ont pas eu le temps, allez voir « Au revoir là-haut ! » le film de Dupontel dont j’ai déjà parlé, il le vaut !!

PS3 Tu vois, B, j’écris toujours !

PS4 Les deux vidéos sont captées à Rochefort, évidemment. Mettez le son à fond pour la première. La photo est prise non loin de là…

UNE EXCEPTION….

UNE exception, hier dans la cohue des empressés

Un Jared Leto en costard, sort de son isoloir

Vient rendre le trop perçu de monnaie rendue lors de la submersion des affamés.

Oh toi, passant au regard persan,

Si tu savais l’allumoir

Que tu as fait naître

Au coeur de cet éteignoir d’âmes et de feux !

Tu collectionnes sur ton plastron
Tous les galons de la séduction

Mais connais-tu le pouvoir

De tes yeux d’encore-enfant

23-05-531

Emerveillés par la force d’une probité, qui rejaillit en boucle

Et te couronne

Au milieu de l’allée atone

Des zens pressés.

J’ai vu naître sur ton visage

L’étonnement d’avant-hier,

Lorsque loin des costumes,

Des notices et des mortifères,

Tu regardais crapahuter

Un hanneton

Dans le jardin de ton grand-père.

J’ai vu l’enfant nu,

Loin des Honolulu et des somnifères,

Loin des postures et des stratégies,

Loin de ces rails, qui te mènent vers quel camp…

Une parcelle de vie et de lumière oubliée a refleuri en toi.

Arrose-la souvent.

 

Camille

UNE SAISON EN ENFER

UNE SAISON EN ENFER d’Arthur Rimbaud.

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Au centre du plateau, une évidence, un cercle, un cratère, un lac, une plate-forme de décollage immédiat, un océan.

Un souffle, un élan, un mystère, on le pressent juste en entrant.

Un homme, mains ouvertes, corps tendu, yeux crevés de lumière, rend l’âme en un chant lointain.

Les mots s’écoulent d’abord lentement, comme issus d’une sève primitive qui prendrait son temps. Puis, au gré des phrases du long poème, au gré des éclairages subtils, un long palabre se met en place. Un long et lent discours de griot africain, un palimpseste de cris d’amour, de tristesse native, de haine et de refrains enfantins qui nous emmène par-delà les montagnes, par-delà les villes et les paysages, par-delà tous les univers, loin, bien loin de la terre, pour aboutir à un creux de lumière sans âge et sans frontière.

Un creux d’or pur, un bain d’où l’on n’aimerait plus sortir vivant.

On en sort pourtant. Étourdi, ébloui, comme renaissant. Et de syllabes en voyelles, d’Éternité tant appelée, on se surprend à marcher dans les pas du poète, échevelé, tous repères emportés dans le sillage du grand bateau doré.

Au fur à mesure du chant, la sueur descend, à chaque mot elle se fait plus profonde et puissante le long du cou de l’artiste (Jean-Quentin Châtelain, magnifique d’humilité et de talent) et nous sombrons avec elle dans cette tension, cette puissance visionnaire du Verbe poétique, revisitée avec force et de sobriété.

Le spectateur est entraîné dans cette cascade inexorable qui fait écho à ses tourments, à ses questionnements les plus intimes. De ceux qui naissent après un grand choc, une grande douleur, à l’approche de nos derniers instants: la valeur, le sens d’une vie, la solitude, les amours, les amis et la présence de cet Absolu qui ne lâche pas le bas de nos pantalons, qui que nous soyons, où que nous soyons, quoi que nous fassions. Ami fidèle, il saura nous retrouver où que nous allions.

La mise en scène, comme toujours impeccable et aiguisée à l’extrême, d’Ulysse Di Gregorio sert cet ardent  poème bien plus que mes mots.

Camille Armana-de-arman (2)

Au Théâtre Le Lucernaire, 53 Rue Notre Dame des Champs jusqu’au 6 Mai 2017 du mardi au samedi à 19h. Réservation au 01 45 44 57 34