Z’Humains

On y va avec un léger pincement, parce que la couche d’ozone, les OGM, le nucléaire, les data-centers tout ça, on connaît (ou presque)! Et c’est pas gai, pas franchement gai du tout, non !  Alors on s’assoit et on attend de voir le « traitement » qu’elles  (Catherine Dolto et Mériem  Menant dite Emma la Clown) ont pu faire de ces pas-drôles-d’éléments… On ne sera pas déçus !

C’est un festival de drôleries, d’interactions avec le public, de rebondissements (au propre et au figuré) de jeux de mots croisés. Un panaché d’intelligence et de dérision. Aidées par les interventions d’Hubert Reeves, de José Bové, de Matthieu Ricard, le duo nous dévidera l’ évidence de nos comportements absurdes et ce depuis plus loin que « le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie ». Comme la soeur Anne, on a beau gagner du temps avec quelques éoliennes et quelques roses des vents, les cavaliers tardent tout de même un peu à venir… Et le trancheur est impatient de trancher dans le vif du sujet!

Au Théâtre de l’Atelier, Paris 18ème. les 23 et 24 Mai, 21h.

 

 

Portez-vous bene quoi qu’il arrive!

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Le syndrome du Playmobil

 

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ÉLODIE POUX : LE SYNDROME DU PLAYMOBIL

Si vous avez été instit de maternelle, dame de cantine, animateur de centres aérés

Si vous avez été mère au bac à sable, déliquescente à souhait, rongeant son frein des heures durant devant les seaux, les pelles et les toboggans,

Spectateurs effondrés de spectacles pour enfants désolants, (les spectacles s’entend… quoique!)

Victime collatérale de chats « trop mignons » ou d’enfants zadorables,

Célibataire endurcie à l’horloge biologique clapotante,

Ou tout simplement sensible à un humour sans principe de précaution,

Si vous aimez quand le spectacle se joue aussi dans la salle,

Vous aimerez Élodie Poux et sa verve impitoyable, ses costumes bariolés, ses mimiques « comme si on y était » (dans la cour d’école, à la plage, sur le banc du jardin public…).

Elle possède un abattage étonnant, une énergie manifeste, une palette de personnages bien timbrés. Bref, vous passerez une heure à rire quasi sans arrêt, ce qui est bon pour le foie, la rate et l’estomac, comme dirait le bon docteur Osakawa. Ce qui est bon à prendre par les temps qu’ils nous font et qu’on se fait !

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Courez zaux Feux de la Rampe, elle vous y attend avec joie !

Camille Arman

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Les feux de la rampe

34 Rue Richer, 75009 Paris

01 42 46 26 19

On ne voit bien qu’avec le coeur…

Pour ceux qui ont connu, ceux qui connaîtront

Pour les aidants, afin qu’ils ne sombrent pas dans la marée noire du désespoir, s’y engloutissant trop souvent

Pour toi, sur qui j’écris enfin. Tu me l’as demandé entre deux rendez-vous parmi les  champs étoilés

Comprendre, entendre, aimer  et repousser le plus loin possible, voire à jamais, l’inique enfermement…

 

 

Merci Madame, vous nous ouvrez de précieuses portes. Je te comprends mieux à présent.

 

A bientôt, en attendant…

Portez-vous!

 

Camille

 

Quand le diable s’en mêle

 

Allez , après Singer on va voir du Feydeau, on casse le rythme, on fracture les habitudes, on tranche dans le gras des prélats de nos cerveaux las!

Allez, on scalpe les bouchons, on bloque les aiguilles des horloges juste le temps de nous laisser le temps de franchir  le mur du silence du Théâtre de l’Aquarium, qui retient son souffle, tout entier recueilli dans la peur, l’angoisse et la joie mêlés de ce qui va naître et surgir derrière ce rideau, sur ce plancher nu, cette boite à malice d’Alice ou de quiconque ouvre ses quinquets un peu plus large que ses rétros…

Vade retro Satanas!

Justement le voilà, celui qui mènera la danse des couples ce soir!

De la valse du patineur en lamentations majeures d’une ex jeune fille en pleurs, aux « non! » entêtés d’un garçonnet qui ne veut pas tourner autour du pot comme sa maman le voudrait, en passant par un Louis Quatorze égaré dans le lit de la solitude incarnée ne subsistant que de reproches et de sanglots.

Ah si la mère de madame mourait, ah si l’enfant naissait, ah si un autre allait sur le pot, comme tout referait un temps sens, comme tout serait un temps nettoyé, balayé, comme tous dans les bras on pourrait se jeter…avant que tout ne recommence, une nouvelle danse, une nouvelle virée, un nouvel accroc à l’ordonnancement du monde comme on l’a décidé du haut de sa robe à fleurs ou de son grand chapeau!

 

Feydeau est imparable pour souligner ainsi nos petites malversations avec la vie. Autre temps, autres mots, autres chapeaux mais pas moins de servitude volontaire ni d’yeux dans les phares abrutissants d’un univers quotidien qui de cocon se mue immuablement en prison si on se laisse guider par le douceureux et sinistre refrain du train qui passe, par les vapeurs distillées par tous les diables aux fenêtres..Trois petits tours et ils sont repartis faire leur oeuvre d’anesthésie ailleurs…

Constat en demi teinte sur l’humanité mais beaucoup de rires dans la salle.Oui le théâtre est un reflet, reflet reflet….

Public varié hoquetant devant les facéties de Satan -Philippe Bérodot magistral!- et les sauts à pieds joints de ses souffre-douleur : Thierry Gibault impayable Mr de Champrinet avec ses tics ses cartes et son ego tiré à quatre épingles. Clotilde Mollet, Mme Follavoine touchante jusque dans ses grands décollages. Luc Tremblais très attachant Mr Toudoux. Océane Mozas remarquable Yvonne, image statufiée de la femme en voie de glaciation.Lisa Schuster une Annette qu’on aime voir réveillée encore et encore. Jean Claude Bolle-Reddat, un Lucien plus vrai que nature…

Oui, tous nous servent le souper d’une certaine bourgeoisie d’un temps enfui qui résonne encore si fort aujourd’hui : juste d’autres masques, d’autres facéties…

Alors….

…Si vous êtes non loin de Paris, c’est jusqu’au 1 er Octobre à L’Aquarium (01 43 74 99 61),   Merci à Didier Bezace d’avoir réuni ici ces talents!

 

 

 

 

La prairie parfumée où s’ébattent les plaisirs

prairie parfumée

Il y a l’huis et Lui. Il y a Lui et Elle. Banalité de la ritournelle. Modernité de l’interprétation.

Il y a un livre et des leçons. Celui qui en donne mais en reçoit aussi de son élève futée, de sa conjointe. De son alliée, s’il sait la rencontrer. La faire sienne et la respecter.

Il y a des usages et des digressions. Il y a des lumières, des évocations qui feront rire les plus empesés. Il y a un duo d’acteurs qui s’en donne à cœur joie et nous renvoie en écho leur tendresse, leur légèreté. Le sujet pourrait être scabreux il est irradié d’esprit et de gaieté. Dans la salle, nous jubilons.

Bénédicte Bosc endosse tous les masques de la comédie, tantôt jeune fille honnête, mutine, ou quasi furie, puis gymnaste involontaire tentant de mimer de drôles de gymnopédies. Semeuse de fleurs et de fruits secs. Toujours sous la férule du Maître mais si prompte à lui échapper : juste un pas de côté et hop, dupé !

Stephan Godin, comédien à la présence intense, ne boude pas son plaisir et distribue au public des recettes pour mieux jouir de la sainte conjonction. Ces pauses nous permettent de reprendre souffle entre deux approbations, deux échos en notre mémoire de rencontres d’une vie ou d’un soir que le spectacle, serti dans son écrin de pierre comme au cœur d’un sanctuaire, nous fait revivre si généreusement.

Merci aux acteurs et au metteur en scène (et en « vie »!) de nous faire partager de tels moments de joie et d’évasion. Merci de servir ce texte écrit voici bientôt cinq cents ans et qui n’a pas perdu une seule dent. Pas pris une ride, conservé la fraîcheur de l’hommage au divin instrument. Merci à la directrice du théâtre de l’Essaion d’accueillir si joliment cet hommage à l’amour.

Camille Arman

A de Arman

Pour changer de Murat…

Pour changer de Murat…

Quoique si on y réfléchit bien

Pas si loin de « vendre les prés »…

Il y a plus de cinquante ans déjà.

L’absurdité de tout un système dénoncée de manière si légère…

Ou l »élégance et la façon  de le dire sans le dire tout en le disant d’un gentleman du rire…