Revisitaycheun

Je n’en finis pas de clôre « Padre » qui  n’est pas encore clôt. Pas de plan, pas d’heures, de feuilles de route….ras le bol du prémâché…

Alors détour par quelques sentiers, alors des happements d’ambiance, des coïncidences…Et  je me prends à chanter sur des musiques qui sont toujours d’actualité. Pas d’histoire de temps là-dedans, juste le tempo… mises en scène  in abrupto. Suivre l’élan, et c’est tout…

Il est des thèmes qui reviennent:  la route, la Suisse, la solitude, la traque, la transformation…

Il est des êtres qui ont résonné, si étranges soient-ils…

Tels les livres, ils ont parlé à mon coeur prisonnier d’une tour… Echos, ils m’ont tenu la tête hors de l’eau.

Ils ont distillé assez de joie discrète pour qu’elle s’écoule, souterraine, en mon coeur, mon cerveau…

La passion n’est pas exempte de douceur….

Le routard, le gitan…

Le compagnon des solitudes de fin d’enfance, le berger des chrysalides…

Le piano est à l’image de cette pluie fine…

Nostalgique, irisé de douceur intérieure…

 

Portez-vous bene!

Camille

Alzheimer du côté rose…ou pas!

Je me suis tâtée  avant d’écrire mais depuis le temps que je me tais sur le sujet…

Alzheimer vu du côté « sympa » des choses… Oxymore béton ?

Prenez un peu de temps, tant que vous l’avez encore-mais si vous l’avez!- et écoutez, lisez, ça vous concerne aussi:

 

Oui, oui…

Okayy, okayy..

Sujet vaste et puissant sur lequel il y a tant à dire…

Moi je ne me souviens pas que l’on riait beaucoup, ni qu’Alice se fendait la poire à soulever ses 80 kilos pour soigner ses escarres ni à le chercher partout dans tous les squares quand ça lui prenait les rares minutes où elle s’absentait pour quelques courses…

« Selon que vous soyez grand ou misérable… »

Vous finirez par être un mourant heureux ou un enchainé sur un lit toute une fin de vie…

Okay soyons positif, yeah yeah yeah mais..

Juste une question: Où est passé  Daniel le fusionnel durant la tournée de Colette cette semaine là?

Qui s’occupe de lui, Là? De ses questions et  de sa détresse et sa solitude de petit garçon et et et…. Est-il toujours aussi rieur?

On peut encore me dire qu’il y a x Alzheimer, qu’Alice si dévouée n’était pas si futée que que…. que le cerveau d’un entrepreneur et le tien, vraiment…nan !

Il y a la solitude du soigneur et dans ce cas précis , elle N’EXISTE PAS. Je devine toutes les petites mains autour, qui veillent au grain près du grand homme, les invisibles qui colorent de rose ce qui ne l’est pas. Celles qu’Alice (et d’autres, tant d’autres ) n’avait pas. Pourquoi, oui pourquoi ?

La réponse est aisée.

Oui , il y a l’Alzheimer des riches et l’Alzheimer du « peuple » (comme dirait Onfray lors du débat où Moix était mauvais samedi dernier chez Ruquier) la fin enroséolée ou dans un mouroir pisseux… (mais payant quand même!! Et pas qu’un peu!), les affaires dans un sac poubelle, etc…

Ta maladie ce fut la fin d’Alice-Chantal Goya, ce fut la fin des « bonnes copines » à la maison, ce fut la solitude, les dettes, tes cris et le froid. Alors quand je vois ça, je dis halte aux piqûres d’illusion! Ne crayonnons pas de joie cette lente désertion, ce retour aux couches sans les chansons.

N’empêche que je ne souhaite à personne ta fin de vie, Papa. Et chaque fois qu’on me parle de rose bonbon sur cette « maladie » là  je repense à elle, je repense à toi.

LOVE.

a-de-arman (2)

Une impérieuse nécessité….

Article cinglant de Charles Consigny sur le Point.fr……

Outre le fait de tacler encore et encore les livres de la rentrée, voici l’extrait que je préfère.

Car oui il existe bien une impérieuse nécessité…..

 

Du travail et cette exigence intérieure, cette honnêteté sans quoi l’âme quitte les livres..

Repro reproductibles

Goût de carton à jeter…

Même pas recyclables…

Goût de déjà vu et revu…

 

Allez bretteur, entrez en piste!

 

« Le législateur français devrait créer une loi subordonnant la publication de tout livre à une condition de nécessité impérieuse (*). La jurisprudence viendrait préciser que cette nécessité pourrait être de deux natures alternatives : il pourrait s’agir soit d’une nécessité pour l’auteur lui-même, qui ne pourrait faire autrement que d’écrire et publier son texte, répondant ainsi à un impératif plus grand que lui (une commande de son âme, de Dieu, de ses souvenirs, des morts) ; soit une nécessité pour la population, pour le public, qui, si l’oeuvre devait ne pas paraître, y perdrait un apport substantiel à son élévation culturelle, morale, artistique ou spirituelle. Les ouvrages ne répondant manifestement pas à une nécessité impérieuse pourraient se voir attaquer devant les tribunaux, et leurs auteurs condamnés à verser des dommages-intérêts aux lecteurs et à l’État pour le préjudice subi par la collectivité.

« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » Ainsi parle Marguerite Duras dans Écrire. À tous ceux qui ne connaissent pas cette solitude, abstenez-vous. »

 

 

Question de respect envers le public aussi, ne pas le considérer comme un con-sommateur mais un acteur à part entière de l’acte magique de lire et d’écrire, verbes si intimement liés….

 

Bel été à tous !

Que Les Fées vous accompagnent !

 

A de Arman

 

Camille Arman

 

 

Mireille et les auteurs…

« L’Amant de Mireille Sorgue est de la lumière mise sur papier.

Long poème fragmenté, mêlant prose et poésie. Amour de l’homme, mais plus encore amour de la vie, amour d’être au monde et de s’y laisser dissoudre, transports en soi et hors de soi mêlés :

« Il lui semblait qu’elle rejoignait son coeur même, son coeur qui n’était pas en elle, mais autour d’elle, son coeur qui l’enveloppait par tous les gestes qu’elle faisait. »

via le Blog Mireille Sorgue autres regards de Brigitte Buis-Jadeau.

Lisez-la.

Lire les auteurs disparus, c’est leur faire signe d’où nous sommes….

Mais n’attendez pas que les auteurs meurent pour les aimer.

Ils ont besoin de sentir votre amour pour créer…

Ce ne sont pas des saints, ils ne s’autorégénèrent pas tout le temps.

A un moment ils se taisent, à bout de fatigue et de silence…

My week with Marilyn…

Moi et Marylin, ça faisait deux !
Ce film me l’a fait aimer.
Un film pas chiant, pas gnangnan.

Tendre, instinctive,
Sensuelle, en jouant intensément.

Si joliment blessée.
Inexorablement vouée à la solitude.
La suite du film de sa vie est suggérée.
Ce qui la tue la fait durer.
Les blessures d’enfance ont la vie dure..

Belle épure
Jeune héros à croquer.

Une vieille actrice digne, belle jusque dans ses rides.

Celle qu’elle aurait pu devenir
Celle qu’elle n’aura jamais été.

En t’attendant

On n’attend jamais

Qui il faut attendre

On attend peu

On attend rien

On attend tout

On perd le Nord

On vole trop haut

On perd le sens de tout

Et on brûle

On est nu.

Quand on se regarde de côté,

Un masque vous sourit

A l’infini

Alors, soudain,

La vie se crispe,

Se glace,

On court vite se réfugier

Dans sa bulle

Bien au chaud

Avec la solitude

Qui vous attend

Sourire aux lèvres

Et bras béants.

1903…

« Ecrire pour une femme c’est se décolleter ; seulement il est peut-être moins indécent de montrer ses épaules que son coeur. »

Louise Ackermann. 1903.

1903, cette date me laisse songeuse : les choses ont-elles tant changé ?
Je passe sur le titre du livre qui fait froid dans le dos (ou pas ?) : « Pensées d’une solitaire »… Ben voyons !…
La solitude comme tout horizon… Pourquoi toujours le même air, la même chanson ?

Ecrire (enfin « Ecrire »…vous me comprenez ! Pas du ronron pour minets, minettes.. ) terrifie parce que c’est s’approcher du Mystère de la vie. (« vie » mériterait une majuscule aussi..). Et qui s’en approche ? Et qui fuit ?

Ce soir, je vais écouter quelques pages de Rilke dans un cercle de poètes survivants…

Combien de présents ? Combien de chaises vides ? Combien de cheveux blancs ?
Indices précieux de l’air du temps …
A suivre…