L’EFFET JARED

Un ange est apparu sur scène et tout a flamboyé.

Une de ces clameurs comme une vague qui vous enrobe de douceur et d’humanité a surgi. Une vague qui nous réconcilie .

Une de ces clameurs qui te nourrit, toi si mince, si mince, si bleu,  électrique…

Une de ces belles clameurs retrouvées.

Et puis ce chant embrasant, ce chant qui me trotte depuis cette fameuse nuit. Sans discontinuer. Au réveil et jusqu’au lendemain à la vente du paiing!

-Un bavarois, walk on water! une part de flan? Walk on water!

-Deux rochers coco, yes you can !!!!!

Oooo ooo do you believe it? Do you believe you that you can win this fight tonight?

Yeah!!!

In the end the choice was clear! Trois pains chocos et un merci de délivrance! Pleasure killed apparences

Et face à moi, les rendements et les notes de services autour des brigades suisses explosent en confettis…

Jump!
Take a shot in the face of fear!

Times are changing.

-Take a shot in the face of stress and profitability!

Je diffuse sur la bonne fréquence

Et un sourire fleurit au-dessus d’un costard…

Une grenouille sur un nénuphar

Irradie

Times are changing!

Ooo ooo

Ondes vibratoires

L’effet se poursuit…

 

Do you believe?

 

Camille

Des ascenseurs…

Coucou!

 

Je reposte cette vidéo afin de reprendre courage après les blacklistages et autres péripéties.. Il ne suffit pas d’avoir envie de partager et d’y mettre tout son coeur, il faut passer les barrages, les contrôleurs, les censeurs qui bloquent (ah les sans-soeurs bloqueurs !)…

Bon, y’ a pas le feu au lac, on saute l’obstacle, faut juste le temps de digérer !

Cette vidéo est tout à fait dans l’esprit, avec le feu qui nous réchauffe le coeur en cet hiver qu’on n’attendait plus!

 

 

 

On ne lâche rien!

Portez-vous bien!

 

Camille

Lettre à B. (III)

Lettre à B. (III)

Merci d’avoir vaincu cette timidité, cette pudeur qui te fait te frotter les tempes, je ne pensais pas être aussi impressionnante.

Après avoir croqué dans un macaron et bu une gorgée de café froid, tu me demandes si je suis heureuse… je te fais des circonvolutions, je dérive, pars sur d’autres rives et me demande aujourd’hui si j’ai bien répondu à ta question.

Je suis heureuse, oui, car j’ai un soleil dans le coeur qui ne s’éteindra jamais. Peu importe le temps qu’il fait dehors les heurts du quotidien, les naufrages et les tempêtes en cours. Peu importe, l’essentiel réside en ce foyer où tu viens te réchauffer. A chaque inspir, chaque expir, tu l’entends résonner. C’est lui qui nous a fait nous rencontrer, c’est lui qui guide les êtres sur des chemins intracés. C’est l’adepte des sentiers secrets. Tu le retrouves, lorsque malade au fond du lit, tu désespères. Il brûle encore plus fort lorsqu’ alentour ça vitupère dans tous les sens jusqu’au non-sens, toutes ces pantomimes désespérées qu’on te jouera sur tous les tons tant que tu ne seras pas conforme aux yeux des « rangés »…

Tu sais, en rentrant de « toi », le coeur en joie, j’allais polé polé, regardant la montée des eaux menaçant d’engloutir nos os…

Avant un giratoire, une Dame en Sub Suv Sav Math Sup Math Spé HEC imitation orque blanc tout en dents pas négociant, m’a doublée. Elle a freiné, s’est mise à ma hauteur en gesticulant, je crois qu’elle devait m’insulter, ça y ressemblait au demeurant. J’ai eu peur qu‘ elle ne s’étrangle avec sa salive saturée d’ire, tellement elle exultait et sautait sur son siège avec de grands gestes de bras.

J’avais pas remarqué que le PSG avait marqué un but au pied du Musée meldois…. Non c’était pas ça. Ça devait lui couver depuis pas mal de temps, d’heures ou d’années cette rage insensée !

Je lui ai souri, ai tenté d’entrevoir le chemin secret de l’enfant cachée. Pas trouvé, dans son histoire, elle était. Devant la Grande Guerre j’étais l’ennemie à fusiller, le bénéfice non gagné sur la seconde du temps d’après.

J’ai chanté « polé polé, hakuna matata » en lui faisant signe que tout était OK, je crois qu’elle n’a pas capté ! Derrière elle, un autre Sup Suv Sav de Co a déboulé, freiné d’urgence, voyant l’animal stagnant et gesticulant dans son gros bocal blanc, au milieu de la chaussée. Carpe déssonorisée en train d’agoniser. C’était drôle, une carpe m’invectivait et l’autre, l’invectivait à son tour, tout ça au carrefour, tout près du Musée des tranchées…!

Je continuais polé polé, elle a dû voir que l’orque suivante, aussi stressée qu’elle, menaçait d’imploser dans son Sup Sub Sav de co classé qu’avait dû coûter un paquet d’heures de mois et de semaines à se faire suer dans un boulot à open space illimité, un paquet d’heures de papier…

La brise s’est calmée, un éclair de génie a dû lui dire de décamper avant que de se faire lyncher. Encore écumante, l’orque-carpe a démarré dans un vacarme, a failli se manger le giratoire. La suivante tout aussi bouillonnante, a failli caramboler la première au moment du choix des trajectoires disjonctoires…. Boum badaboum d’ires en fumées… Non, l’orque a vrombi loin des parasites qui gâchaient sa vie, loin loin bien loin d’ici…

Jusqu’au premier feu rouge… qui nous a réuni. Dans son rétro, j’ai souri.

J’ai encore dérivé, B. mais oui, je suis heureuse. Je suis heureuse de rencontrer des êtres comme toi. Fragiles, tendres, doux et déterminés à la fois. De cette génération qu’on croit perdue non, c’est étrange, j’en rencontre de plus en plus. Vous avez tout dans les mains : la fougue, les rêves, les années. Vous bouillonnez d’idées, vous créez . Vous dites non aux schémas dépassés. Et vous souriez. Bon sang que c’est beau votre sourire, cent pour cent  inaltéré !

Tu vois, la dame du SSS, elle l’a oublié, son sourire. Où l’a t’ elle laissé? Dans quel jardin, quel pré? Quand le retrouvera t-elle? Et si c’était après lui qu’elle courait? Et si c’était ça qui la rendait si, si… pas bien?

Tu vois, la dame du SSS, elle s’est mis des dalles de béton sur les épaules, des dalles pour oublier que le sourire existait encore au fond de son coeur. Même mazouté, il l’appelait. Elle porte des tonnes de dalles et elle crève de les porter. Et son bel orque blanc ne la rend pas plus gaie. Et elle s’invente des défis, des conflits pour pas s’arrêter, pas se poser et se regarder. Jusqu’à quand cette menterie?

Tu vois, ne suis pas cette voie. Écris ton nom: Liberté.

Alors oui B. je suis heureuse. Depuis la Chrysalide je suis heureuse. Je suis assise sur mon étoile et la rejoins sans arrêt. Je participe au Grand Jeu puisque je suis sur le damier, mais dans mes nuits, dans mes  absences, dans mes silences, je rejoins mes amis. Je te rejoins. Je rejoins tous ceux qui vibrent la même mélodie, celle qui fait s’ouvrir le coeur encore plus fort et brûler la tête de mille diamants.

Et tous les kilomètres-heure des Sub Suv Sav n’y peuvent rien changer.

Prends soin de toi.

Camillea-de-arman (2)

ÉCRIRE, VENDRE DU PAIN, ENSEIGNER

 

Ecrire, vendre du pain, enseigner, c’est tout pareil

C’est transmettre un feu, une flamme

C’est passer le relais

Enflammer la main qui se tend, les yeux qui lisent

Et tout le coeur en dedans

Plus que du pain au lin, plus que Verlaine, plus que Mama,

C’est quelque chose d’invisible qui passe

D’âme à âme

Et là

Les mots se lassent

Rompus devant l’absolue banalité

L’absolue beauté de la vie.

 

Ecrire, vendre du pain, enseigner, c’est tout pareil.

Il y a ceux qui passeront devant ton stand, ton tableau, ton pupître et avec qui cela « ne le fera pas »

Il y a ceux qui ne goûteront pas, qui snoberont, qui craindront une attaque sur leurs terres privées.

Même pour un poème, un morceau de cake, une lecture à partager…

Il y a ceux qui te feront un creux au coeur

Il y a ceux qui te rejetteront par peur, pudeur, maladresse, jugement…

Le jugement, ce morceau de salade entre les dents de l’amour.

La peur de se faire « avoir »…toujours.

 

J’irais bien, crête orange, chaines et blouson noir, vendre mon pain et voir

Voir ceux qui résisteraient

A l’artifice de la forme.

 

De mon poste de pilotage au radar, je transcende à chaque fois l’effet costard. Même si les capteurs -d’anciens modèles durs à cuire- me signalent, au bord de l’extinction, une marée noire à venir, je me jette dans la gadoue présupposée et en ressors parfois turquoirisée de blue lagon…

Émerveillement total. Tout le monde il est beau, même les « méchants » d’avant ! (qu’étaient pas des méchants vraiment, ils jouaient leur rôle pour te faire bouger en dedans oui oui mais mais et puis et puis humanum humanum est, non Forrest !)

Je repars cavaler quelques micros secondes sur Orion et c’est achement bon !

Et quelquefois non, et ça fait mal à la pompe à sang. Ça passe mal le tribunal. Des années d’Éducation Nationale impriment une mission. Et lorsque les poussins s’arrachent les plumes, défoncent le grillage, mitraillent la poule pondeuse, ça fait mal, fichue la mission…Et même si un seul…

Descente de la paroi à la verticale, puits sans fond .

Abîme d’ »à quoi bon ? »

Alors, au fil du temps et des torticolisations, et sans être un yogi patenté, on inverse les proportions : si un seul capte, tout est validé : il a capté pour la classe, il a capté pour le monde entier. Tout devient plus gai !

Ecrire, vendre du pain, enseigner, c’est tout pareil.

Geste continu, à perte de vue, éternellement recommencé.

Tendre la main, donner, recevoir. Partager.

Entre les deux, un peu de feu et de sourires.

Le pain au lin, au blé, à l’orge, au seigle, au froment, au maïs, à la châtaigne, à l’épeautre, au sarrasin, au levain naturel, au cent pour cent sans gluten pasteurisé, au Gibraltar recourbé, à l’Ermenonville exacerbé, au Tournicoti Panacota, à la roulette à cent bras, tout ce que vous voulez, mais le XIX ème est mon préféré… Tous des fêlés ? Et alors et alors, c’est par la félure ….vous connaissez ?

Non, ah oui, vous dormiez Hector, vendredi dernier, je vous voyais sommeiller. Je vous laissais tranquillement explorer les australopithèques aztèques tout près du radiateur japonais mais va bien falloir un jour que vous atterrissiez !

Donc la félure, la félure, Hector, décompressez, sortez de l’anti-matière quelques micro-secondes et réfléchissez, re-fléchissez, si vous voulez, revenez parmi les lois de la gravité, une félure, ça laisse passer quoi, une félure, ça laisse passer la… la..

-La Joie !

Oui Hector, on n’est pas loin, on est même tout près ! La lumière, Hector, la lumière…. Ah vous souriez… Votre sourire, Hector, n’a besoin d’aucun papier.

Allez, c’est bon, assez d’effort, vous pouvez repartir ! Cap Canaveral est fin prêt, mission intersidérale, cinq quatre trois deux un zéro partez ! Et ramenez-nous de belles images, Hector ! Ramenez-vous surtout, ramenez votre secrète poésie, ne nous laissez pas trop mariner dans la gadoue ! La gadoue…

Ah, Happy New Year, au fait, mais c’est déjà du passé !

Camilleplage fouras oct 15

 

PS Pas de gadoue, B., just singing in the rain !

REVISITATION DE LA SCENE PRECEDENTE

Aujourd’hui, les petites dames trépignantes, je les prends dans mes bras.

Leur impatience fut mienne : tant désiré que la scène se termine!

Pas arrivée à les englober dans une sphère assez douce pour calmer leur anxiété.

Contaminée.

La queue des affamés s’allongeait et rien ne bougeait. Elles restaient sur la place-forte, conquérantes d’un jour de cinquante centimètres carrés VIP sur un étal de marché hagard.

Leur exaspération a transpercé ma frêle quiétude du moment dans ce hangar glacé.

Toute une histoire de rejet des lieux néonés et blafards « déshumanisés », peuplés d’hommes et de femmes défilant en rangs serrés, a reflué en ma mémoire, en mes veines à nu.

Pas pu m’extirper de ces visions.

Pas pu infuser dans ce lieu, avec ces êtres-là, à cette heure-là, assez de calme intérieur.

Submergée par les injonctions, les impatiences qui me ramenaient vers d’autres Ailleurs, d’autres heurts du temps passé. Cris, hurlements en saturation dans mes tympans.

Les visages s’amollissaient en grimaçants caramels mous, laids à pleurer. Je n’entendais plus les sons, non, juste leurs visages grimaçants sous mon nez. Ils coulaient telle une glu et se déversaient sur moi en un torrent de reproches et de « Schnell !! » en fusion…

Ordres contradictoires, confusion.

Pas pu maîtriser l’étouffement, l’oppression de la gorge. Et les masques qui scandent en canon : « Schnell !! », schnell!! Tête qui tourne, caramels qui ruissellent, expansion des sourires en coin, ricanements de cours d’école, « t’as vu la nouvelle ?! »….et toutes les cascades de rire en pagaille, submergée… Rejet de « qui n’est pas comme », « assimilé à ».

Dans l’instant, je suis juive, gitane, tzigane, musicienne, homosexuelle….où est l’étoile jaune, dites-moi ? Où est le camps des différents? Où est le camps des hors-la-loi ? Images, images , oiseau en cage…Tout déboule dans ma tête, submerge mes bras, fait trembler mes mains, frêle cathédrale, jambes friables…

La tête tourne de plus en plus, le sens se perd, Quoi faire ? Arrêter les flots, le navire se casse sur les glaces du dérisoire. Ça hurle « non, non » dans ma tête, « pas ça, c’est si bête… » et en face, tout dit « oui oui oui, on veut ça, on veut ci et puis non encore ça, et c’est pas fini !!.. » ça piaille, ça se contredit, ça surenchérit… ça ne finira pas, non, cette insatisfaction infinie, ça ne finira donc jamais cette mise à mort, ce jeu où tout se joue sur les non-dits, les non-regards. Et la file s’allonge et elles ne décollent pas de leur potentat… La place est conquise, autant en profiter.

Tout bascule, je perds pied l’espace de quelques secondes. J’ai collapsé dans un monde où la morve et les crachats déroulent leur tapis, à-priori et patati. L’espace de quelques secondes,  l’immonde avait repris le pouvoir, j’étais encagée de désespoir, femme violée au Mali, cerf traqué dans un cinq mètres carrés, terrorisée….

Elles n’ont rien su de cela, les pauvrettes, elles ont juste vu une ombre se déplacer sur mes traits, mes mains vaciller un temps dans l’espace, entre deux gestes suspendues, et puis Jared est arrivé.

Il était là, attendait aussi. Depuis toujours, depuis le début. Disons qu’il est entré dans ma vie à l’instant où je basculais trop loin, mon regard a décrampé des grands-mères pour me poser sur le sien et là.…

Lac de Côme en plein midi, pâleur d’opale, j’atterris dans ces yeux, y reprends vie. Ils me portent, m’insufflent le souffle qui manquait, libèrent mes poumons et mes poignets… La légèreté regagne mon coeur, j’expire une tonne de poison violent..Il ne sait rien, il a faim comme tous les autres. Il a faim comme tous ces gens repus qui pourraient tenir un siège de cent ans mais il a faim élégamment. Il a faim, terriblement faim de rien, de l’air du temps. Il a faim d’une pause dans le morose des choses. Il a faim et s’achète un croissant pour poser un acte sur son creux au ventre…Je lui donnerais toutes les viennoiseries si je le pouvais.

En réalité, je les lui donne toutes et IL LE SAIT. Et, de concentrés, voire soucieux, ses traits se détendent aussi et c’est presque malgré lui qu’un sourire rapte ses lèvres…

C’est là tout l’étonnant de la chose. Il ne s’attendait pas à « ça ». Il avait  juste envie d’un croissant. Mais ses yeux avaient décidé d’envoyer plus de lumière que le contraste exigé par l’atmosphère, sans demander son avis. Son sourire avait besoin de naître, il était trop à l’étroit dans sa fenêtre, au risque d’y geler, ankylosé d’ennui… Il a étiré le coin de ses lèvres comme on déplie une soie froissée. Et tout a pris sa place et tout autour s’est agrandi.

L’espace a expiré un « Merci ».

Surpris autant que moi, Jared, il était. Nous n’avons rien « compris », juste vécu quelques secondes de vie densifiée, pris dans une bulle d’humanité immense, au coeur même du désastre annoncé. Et cette bulle a crevé les masques jaunâtres des dépitées.

Je remercie aujourd’hui les grands-mères impatientes: sans elles, pas d’éclaircie.

 

Carpe nuitem rallongem!

 

Camille

 

Céraste

Céraste n’est pas Eraste

N’est pas Rastignac

N’est pas Cyril Lignac

N’est pas…

 

Mais qui est-il donc?

Céraste, tel qu’en lui-même!

Céleste.

Tout beau tout clair

Sans histoire ni souci.

 

Et c’est ainsi que La Montagne accoucha d’un sourire…

 

Belle journée!

 

Camille