Valjean, la Chro

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Une table, un encrier, un paravent.

Dans ce décor, un homme se confesse, un homme se raconte. Un homme se repent.

Reprend en main son histoire se l’accapare, se l’incorpore. Corps à corps ruisselant.

Cet homme c’est Jean Valjean, c’est Le Père Madeleine, c’est Fauchelevent. C’est le maire, le forçat, l’homme respecté, le paria.

C’est la foudre, la force et la haine. C’est la douleur, l’amour et la foi.

C’est ici magnifiquement retracé par Christophe Delessart, le parcours de vérité d’un homme entravé. Entravé par ses  liens de fers, par les liens du passé. La pauvreté en héritage, transmutée en élan vers la sainteté.

Ce beau monologue suit crescendo les différentes métamorphoses du personnage central du roman de Hugo. Des cris de haine, de colère, jusqu’à la lente prise de conscience vers le chemin du bien. Cette voie du cœur qui parvient à faire doucement son œuvre, à creuser patiemment son sillon au creux d’un égout, d’un tribunal ou d’une barricade… face à un ange, une fille des rues ou un vautour.

Tous les lieux, tous les êtres sont bons pour s’accorder avec son âme. En nous faisant partager avec tant de force et de sensibilité -l’une et l’autre, bien sûr, sont ici alliées- cette trajectoire humaine, valjean-2Christophe Delessart nous raccorde à la nôtre… si tant est que nous l’ayons oubliée au détour de quelques gargotes, ou bien froissée sur quelques pavés mouillés!

 

Vous aurez compris… courez-y!

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A La Folie Théâtre – 6, rue de la Folie Méricourt – 75011 Paris
Renseignements et / ou réservations    Tél.: 01 43 55 14 80

Du jeudi 15 septembre 2016 au jeudi 19 janvier 2017, les jeudis à 19h

 

En attendant, continuez à vous porter bene!

 

Camillea-de-arman (2)

HUGO, DE PÈRE EN FILLES

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C’est parce qu’on connaît le travail de Filip Forgeau qu’on y va,philip-forgeau

C’est parce qu’on a déjà vu Milena et Rosa,

C’est parce que cet homme a le don de mettre les mots justes dans la bouche des femmes,

C’est parce que cette sensibilité, ces interrogations-là qu’on y va.

Adèle, on la connaît un peu grâce à Isabelle

Grâce au cinéma.

Léopoldine est un nuage, un mystère.

Sitôt née, sitôt enfuie dans les eaux troubles de la Seine, auréolée des rimes de l’illustre papa.

Dire la rencontre, imaginer les non-dits, les douleurs secrètes mais les joies aussi.

Jalousie, partages, rires, jeux, peurs.

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S’immiscer sous la peau des personnages, au cœur du cœur

Extirper l’essence de leur être, la présumer, l’aquareller, voici le beau travail qu’accomplit cette compagnie.

Par nos temps de tempêtes, qu’elle en soit ici remerciée.

Oui, il faut du cœur, du courage pour chaque jour recréer un monde quand tout autour le ciel s’assombrit. Je crois qu’ils n’en ont que plus de fièvre, plus de belle folie.

Oui, il faut être « fous », passionnés, pour nous emmener ainsi sur les traces de ces deux vies en attente d’ailleurs…

Léopoldine et Adèle, sœurs complices, sœurs jeux, sœurs destins, quelle agréable chorégraphie que voilà ! A l’image de ce cérémonial de repas qui encadre la pièce : inattendu et stylé.

Léopoldine et Adèle, l’une douce et tendre, l’autre plus intérieure, torturée… mais les rôles peuvent parfois s’inverser : ah, le beau visage sculptural de Laurianne Baudoin (hommage aux lumières et aux décors, visuels et sonores), qui nous dessine des paysages de révolte, des océans de mystère infini. Quelle belle composition que de rendre aussi vibrante, aussi vivante, une jeune femme qui aura si peu pesé sur le monde….

Soizic Gourvil, excellente comme à son habitude, nous compose une Adèle délurée, à la folie qui parcourt l’éventail d’une minutieuse poésie jusqu’au plus caricatural portrait…

Mais qui se cache derrière les traits de la folie ?

Et si un élément de réponse appartenait au génial, trop génial, barbier ?

Ce spectacle a tout. Il est intelligent, nous surprend et nous entraîne aux portes du rêve, aux portes souvent trop verrouillées de notre propre intériorité. Ne soyez pas frileux, courez-y  vite! Car pour continuer à vivre leurs rêves et les faire partager, ils ont aussi besoin de vous !

Et… portez-vous bene !

Camille

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