Le journal d’un fou

Journal d'un fou

 

Ce qui ressort d’emblée, c’est une présence. Intense. Le spectateur est pris, prisonnier d’un regard sur lui fixé, regard halluciné, force qui traverse et cloue sur place. De part en part. La force d’émotion d’Antoine Robinet qui rebondit. De lui à nous, de nous à lui. Sans pause ou si peu. Quelques secondes d’une musique bullée et ça repart.

 

Folie ? Laquelle ? La nôtre, en nous bien tapie ? La sienne ? Celle de son auteur ? Quelle importance ? L’âme humaine est si étrange…

 

Folie douce un chien parle, on sourit. Quoi de plus normal au fond ? Puis la terre, puis la lune. Puis tout se distord. Il est allé trop loin, s’est brûlé. Et on le sait. A partir de là, plus de rires, une immense tendresse nous étreint pour ce petit commis aux écritures.

 

Alors, on accepte, goutte de sueur après goutte de sueur sur torse de l’acteur déposée, parce que le théâtre c’est ça : c’est vivant, c’est de la chair et du sang partagés. Alors oui, on accepte l’Espagne, les rêves de château, le pitoyable manteau et la lente mise mort. Du rire, Gogol et Antoine nous mènent aux larmes.

Banderilles, taureau. Coups sur le dos pleuvent et il ne comprend pas, le naïf, il y voit un adoubement, comme aux temps glorieux des chevaliers. Parce que tailleur de plumes, il n’est point… il le sait. Mais la marche du destin s’avance, l’acteur nous prend à témoin, yeux brisés. On le voit prostré, si fragile sur sa couche… Reste de lucidité sur la cruauté qui l’entoure, jusqu’à l’appel éternel vers celle…

 

Voilà. Sonnés, embarqués, on est. Il est vraiment très fort, Antoine, il nous entraîne partout avec lui, ne nous lâche pas une seconde de l’œil et du cœur. Revisite un texte qui déborde nos frontières intérieures.

 

On notera la sobriété et la beauté de la mise en scène et du décor. Sans clins d’œil, sans chichis. Juste la nudité de la vie.

 

Alors, courez, courez 15 rue du Maine ! Ce spectacle déchirant en vaut immensément la peine !

 

 

 

Camille Arman

A de Arman

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Une réflexion sur “Le journal d’un fou

  1. camreve dit :

    A reblogué ceci sur Les Rêverires de Camille Arman – Bloget a ajouté:

    je reposte la chro parce qu’il le vaut (vraiment) bien !

    J’aime

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